Monsieur l’Ambassadeur, quelle importance accordez-vous au déplacement du Premier ministre Le Minh Hung, qui participera au Sommet des BRICS 2026 et mènera des activités bilatérales en Inde ?
Nous accordons une très grande importance à ce déplacement, car il s’agira de la première visite de Lê Minh Hung en Inde depuis sa prise de fonctions comme Premier ministre. Celle-ci intervient dans un contexte particulier, en marge du 18ᵉ Sommet des BRICS.
L’Inde et le Vietnam sont des partenaires profondément liés sur les plans culturel et civilisationnel. Nos deux pays partagent une confiance réciproque, un respect mutuel et un fort esprit de solidarité. Cela se traduit notamment par leur attachement commun à la primauté du droit et à la liberté de navigation.
Dans le contexte mondial actuel, la voix de la raison et le respect mutuel revêtent une importance capitale. Nous espérons que cet esprit prévaudra lors du Sommet des BRICS, qui réunira près de trente chefs d’État et de gouvernement ainsi que des dirigeants d’organisations internationales.
C’est pourquoi nous considérons la visite du Premier ministre Le Minh Hung comme un événement particulièrement important.
Les deux pays ont récemment élevé leurs relations au rang de Partenariat stratégique global renforcé, lors de la visite du secrétaire général du PCV et président vietnamien To Lam en Inde en mai 2026. Quel nouvel élan le déplacement du Premier ministre Le Minh Hung peut-il donner à ce cadre récemment rehaussé ?
Cette année est particulièrement importante, puisqu’elle marque le dixième anniversaire de l’établissement du Partenariat stratégique global entre nos deux pays. Comme vous l’avez souligné, celui-ci a été approfondi à la suite de la récente visite de To Lam.
À l’approche du 55ᵉ anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques, qui sera célébré l’année prochaine, la visite du Premier ministre Le Minh Hung, quatre mois seulement après celle de Tô Lam, offrira aux dirigeants des deux pays une excellente occasion d’évaluer les résultats obtenus.
Ils pourront également définir les orientations stratégiques permettant aux ministères, aux administrations et aux différents échelons de faire progresser davantage les relations bilatérales.
Comme l’a affirmé notre Premier ministre, la visite de To Lam a ouvert un « âge d’or » dans les relations entre le Vietnam et l’Inde.
Les deux pays se sont fixé pour objectif de porter leurs échanges commerciaux à 25 milliards de dollars d’ici à 2030. Comment pourraient-ils atteindre plus rapidement ce montant et quels sont les secteurs prioritaires ?
En 2016, le commerce bilatéral ne représentait que 8 milliards de dollars. L’année dernière, il a approché les 18 milliards. Cette progression est remarquable. Si cette dynamique se poursuit, je pense que nous pourrons atteindre l’objectif de 25 milliards de dollars avant l’échéance prévue.
L’économie et le commerce constituent l’un des principaux piliers de notre relation. Il existe encore un vaste potentiel de complémentarité entre les deux pays.
Depuis mai 2026, nous avons organisé de nombreuses discussions avec les autorités et les entreprises vietnamiennes. Les deux parties développent activement leur coopération dans les domaines de l’énergie, des produits pharmaceutiques et de la santé.
Des progrès ont notamment été accomplis dans l’ouverture des marchés agricoles. Le mois dernier, les deux pays ont autorisé l’exportation de raisins indiens vers le Vietnam et de durians vietnamiens vers l’Inde. Les grenades, les pamplemousses et d’autres produits devraient suivre prochainement.
Pour accélérer ce processus, une double approche est nécessaire. Le premier volet concerne les gouvernements : le vice-ministre indien du Commerce se rendra prochainement au Vietnam pour participer à une réunion du Comité mixte sur le commerce. Le second doit favoriser les relations directes entre entreprises.
L’innovation, les sciences, les technologies et la transformation numérique sont également considérées comme de nouveaux moteurs de croissance. Il est temps de dépasser le stade des discussions pour obtenir des résultats concrets.
En octobre, dans le cadre du Forum économique d’automne à Hô Chi Minh-Ville, nous prévoyons d’organiser un « Forum Inde–Vietnam des technologies du futur ». Le vice-ministre indien de l’Électronique et des Technologies de l’information conduira à cette occasion une délégation réunissant de grandes entreprises technologiques.
Le Vietnam et l’Inde peuvent tous deux être fiers de leur population jeune, dynamique, entreprenante et désireuse de contribuer au développement. Dans les secteurs d’avenir, comme l’intelligence artificielle, l’informatique quantique et les sciences et technologies en général, l’Inde dispose de nombreux atouts, tandis que le Vietnam possède ses propres expertises.
La convergence de ces compétences ouvre assurément des perspectives très prometteuses.
Le Vietnam est devenu pays partenaire des BRICS en juin 2025. Quelle contribution l’Inde attend-elle de Hanoï aux priorités et aux travaux du sommet de cette année ?
C’est la quatrième fois que l’Inde accueille le Sommet des BRICS. Cette année, il a pour thème : « Renforcer la résilience, l’innovation, la coopération et le développement durable ».
Le Premier ministre Narendra Modi a particulièrement insisté sur la nécessité de placer l’être humain au cœur de l’action des BRICS. Cette orientation correspond pleinement à la philosophie de développement du Vietnam.
La Vision 2045 du Vietnam et l’objectif indien Viksit Bharat 2047, qui vise à faire de l’Inde un pays développé, présentent de fortes similitudes. Je suis convaincu que le Vietnam a beaucoup à apporter et à partager dans chacun des quatre domaines définis par le sommet.
Les BRICS incarnent, par nature, un ordre mondial multipolaire et diversifié. Ils représentent près de 49 % de la population mondiale et 46 % du produit intérieur brut de la planète.
Certaines différences existeront toujours, ce qui est parfaitement normal, y compris au sein d’une famille. L’essentiel est d’avancer ensemble et de porter collectivement la voix du Sud global.
La participation du Vietnam au sommet profitera sans aucun doute aussi bien au pays qu’à l’ensemble des BRICS.
Le Vietnam accueillera l’Année de l’APEC en 2027. Du point de vue de l’Inde, grande économie partenaire de la région, quelles possibilités cet événement offre-t-il au Vietnam pour renforcer sa position et marquer la scène régionale ?
Permettez-moi tout d’abord de féliciter le Vietnam, qui aura l’honneur d’accueillir pour la troisième fois les réunions de haut niveau de l’APEC.
À mon sens, le Vietnam occupe déjà une position solide sur la scène internationale et n’a pas besoin d’attendre un sommet pour l’affirmer. Il est depuis longtemps un membre actif et responsable des Nations unies, respecté par la communauté internationale. Votre pays incarne une voix de stabilité et de raison.
Le Vietnam participe à quelque 16 ou 17 accords de libre-échange, soutient résolument l’intégration économique et compte parmi les économies connaissant la croissance la plus rapide au monde.
L’APEC 2027 constituera une formidable plateforme pour renforcer encore son rayonnement international.
Imaginez tous ces dirigeants réunis dans votre pays : ce sera une occasion exceptionnelle pour le Vietnam de conduire les discussions et de proposer des initiatives destinées à répondre aux grands défis économiques de notre époque.
L’Inde est tout à fait disposée à apporter au Vietnam tout le soutien possible pour assurer la réussite de cet événement majeur l’année prochaine.
Merci, Monsieur l’Ambassadeur.