Le Président Hô Chi Minh présente devant l’Assemblée nationale le projet de Constitution révisée lors de la 11e session de la Ire législature de l’Assemblée nationale, tenue du 18 au 31 décembre 1959. (Source : VNA)
Le Président Hô Chi Minh présente devant l’Assemblée nationale le projet de Constitution révisée lors de la 11e session de la Ire législature de l’Assemblée nationale, tenue du 18 au 31 décembre 1959. (Source : VNA)

L’importance de l’Assemblée nationale dans la pensée de Hô Chi Minh

Le Président Hô Chi Minh a défini des normes éthiques et des responsabilités pour les députés de l’Assemblée nationale, soulignant leur rôle en tant que représentants fidèles du peuple.

Depuis les premières élections générales en 1946 jusqu’au processus d’édification de l’État de droit socialiste, la pensée de Hô Chi Minh sur l’Assemblée nationale et la souveraineté populaire conserve toute sa portée et sa valeur d’orientation.

L’Assemblée nationale n’est pas seulement la plus haute institution du pouvoir de l’État, mais aussi un symbole de démocratie, où se cristallisent la volonté et les aspirations du peuple.

Le Président Hô Chi Minh a également établi des exigences particulières en matière d’éthique, de responsabilité et de courage pour les députés de l’Assemblée nationale - ces « serviteurs fidèles du peuple ».

L’Assemblée nationale reflète la voix du peuple

Dès les premiers jours de la République démocratique du Vietnam, le Président Hô Chi Minh avait perçu le rôle particulier de l’Assemblée nationale dans l’édification d’un État démocratique, constitutionnel et légitime. Dans sa pensée politique, le pouvoir de l’État devait émaner du peuple, appartenir au peuple et servir le peuple.

Ainsi, un jour seulement après la lecture de la Déclaration d’indépendance, lors de la première réunion du gouvernement provisoire le 3 septembre 1945, le Président Hô Chi Minh proposa comme tâche urgente l’organisation d’élections générales au suffrage universel. Il ne s’agissait pas simplement d’une procédure politique, mais d’une démarche stratégique visant à établir la légitimité d’un nouvel État, un État du peuple.

Selon le docteur Le Dinh Nam (Académie de journalisme et de communication), le Président Hô Chi Minh comprenait parfaitement que les élections générales constituaient un droit politique acquis par le peuple à travers la lutte révolutionnaire, tout en étant une forme de démocratie directe exprimant la capacité du peuple à exercer sa souveraineté. Cette vision montre que le dirigeant ne s’est pas seulement attaché à libérer la nation du joug colonial, mais aussi à libérer l’homme de sa condition de sujet dominé.

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Vue de la séance d’ouverture de la première session de la Ire législature de l’Assemblée nationale au Grand Théâtre de Hanoï, le 2 mars 1946. (Source : VNA)

Dans son œuvre Mobilisation des masses, le Président Hô Chi Minh écrivait : « Tous les intérêts sont pour le peuple. Tous les pouvoirs appartiennent au peuple ; l’autorité et la force résident dans le peuple. » Cette pensée est devenue le fondement du modèle d’État « du peuple, par le peuple et pour le peuple » qu’il a patiemment construit. L’Assemblée nationale constitue précisément l’institution concentrant au plus haut niveau le pouvoir populaire. La Constitution de 1946, première Constitution du Vietnam, a établi l’Assemblée nationale comme organe doté du pouvoir constituant, législatif et décisionnel sur les questions majeures du pays.

Tous les intérêts sont pour le peuple. Tous les pouvoirs appartiennent au peuple ; l’autorité et la force résident dans le peuple.

Président Hô Chi Minh

Le colonel Nguyen Huu Lap (chef du Département des études sur Hô Chi Minh à l’Académie politique du ministère de la Défense) souligne que le Président Ho Chi Minh a toujours considéré l’Assemblée nationale comme l’organe suprême représentant le peuple, où s’expriment de manière concentrée la volonté et les aspirations de toute la nation.

Cette pensée possède non seulement une profonde valeur théorique, mais aussi une portée pratique durable pour l’organisation et le fonctionnement actuels de l’Assemblée nationale vietnamienne. Loin de voir l’Assemblée nationale comme une simple institution de pouvoir, Hô Chi Minh estimait que sa véritable force résidait dans son lien étroit avec le peuple. Une Assemblée nationale forte doit refléter la voix du peuple, défendre ses intérêts et agir pour son bonheur.

Le peuple est le détenteur du pouvoir

Selon Hoang Thi Lan Nhung, directrice du Département de l’information et de la bibliothèque du Bureau de l’Assemblée nationale, dès sa quête à l’étranger pour trouver une voie de salut national, Nguyen Ai Quoc avait très tôt compris que l’indépendance nationale ne pouvait être pleinement réalisée que si le peuple devenait maître de son propre destin. Ainsi, l’objectif de la révolution ne consistait pas seulement à renverser le régime colonial et féodal, mais aussi à instaurer un État démocratique où tout le pouvoir appartient au peuple. Cette pensée progressiste est devenue le fondement des premières élections générales de l’Assemblée nationale vietnamienne.

Afin que l’Assemblée nationale soit véritablement l’organe représentant la volonté du peuple, le Président Hô Chi Minh accordait une attention particulière au facteur humain, c’est-à-dire aux députés. Il soulignait à plusieurs reprises que les députés devaient avant tout être des personnes compétentes et vertueuses, absolument fidèles aux intérêts de la Patrie et du peuple. « Celui en qui le peuple a confiance sera élu, et le devoir des élus est de servir le peuple, non de devenir des mandarins en quête d’enrichissement. »

À une époque où de nombreux modèles de pouvoir dans le monde restaient fortement marqués par une logique de domination, le Président Hô Chi Minh plaçait les cadres et les députés dans une position de service du peuple. Le pouvoir n’était pas un privilège, mais une responsabilité.

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Les habitants de Ho Chi Minh-Ville participent à un rassemblement et à un défilé pour célébrer les élections de l’Assemblée nationale réunifiée (25 avril 1976). (Source : VNA)

Le professeur Mach Quang Thang (ancien maître de conférences principal à l’Académie nationale de politique Hô Chi Minh) estime que, dans la pensée de Hô Chi Minh, le député est le représentant des électeurs, chargé de porter au Parlement les aspirations légitimes du peuple, tout en retransmettant dans la vie quotidienne les décisions de l’Assemblée nationale. Ainsi, la qualité des députés détermine celle de l’Assemblée nationale et, plus largement, celle de la démocratie du pays.

Le Président Hô Chi Minh imposait également des normes morales très élevées aux députés. Il exigeait qu’ils soient « travailleurs, économes, intègres, honnêtes, entièrement dévoués à l’intérêt général », exemplaires dans leur travail, leurs études et leur mode de vie ; qu’ils restent modestes, simples et proches des masses. Le rôle des députés consiste aussi à lutter contre les dérives, la corruption, le gaspillage et la bureaucratie.

Il ne s’agit pas seulement d’exigences relatives aux qualités personnelles, mais aussi d’un principe garantissant l’intégrité du pouvoir de l’État. Car si les représentants s’éloignent du peuple, deviennent bureaucratiques ou placent leurs intérêts personnels au-dessus de l’intérêt collectif, l’Assemblée nationale ne pourra plus pleinement remplir son rôle d’organe représentatif du peuple.

Partageant ce point de vue, le docteur Ngo Xuan Duong (Académie nationale de politique Hô Chi Minh) estime que, dans le contexte d’un Vietnam récemment libéré du joug colonial et féodal, l’affirmation par le Président Hô Chi Minh du peuple comme sujet du pouvoir revêtait une signification révolutionnaire profonde. Il ne s’agissait pas seulement d’un changement dans la forme d’organisation du pouvoir, mais d’une transformation fondamentale de la nature même de l’État : passer d’un État dominé par une minorité à un État de l’immense majorité du peuple. Cette conception montre toute la modernité de la pensée de Hô Chi Minh sur l’Assemblée nationale. Une Assemblée véritablement au service du peuple ne peut exister sans des députés capables d’écouter le peuple, de le comprendre et d’accepter son contrôle.

Le Président Hô Chi Minh demandait aux députés de maintenir des liens réguliers avec les électeurs, de refléter fidèlement leurs aspirations, leurs difficultés et leurs préoccupations devant l’Assemblée nationale et le Gouvernement.

Selon lui, sans compréhension du peuple ni apprentissage auprès de celui-ci, il est impossible de prendre des décisions justes et adaptées à la réalité. La pensée du « peuple comme fondement » constitue ainsi non seulement un principe politique, mais aussi une norme éthique dans l’activité parlementaire.

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Lors de la première session de la XVIe législature de l’Assemblée nationale. Photo: VGP

Dans le contexte actuel, alors que le Vietnam poursuit la construction d’un État de droit socialiste et modernise les activités de l’Assemblée nationale dans un sens plus professionnel et plus moderne, l’application de la pensée de Hô Chi Minh revêt une signification toujours plus concrète et actuelle. Les exigences en matière de contrôle du pouvoir, de transparence et de responsabilité deviennent de plus en plus élevées pour l’Assemblée nationale et ses députés. Cela exige des représentants non seulement une solide stature politique, mais aussi des compétences professionnelles, des aptitudes parlementaires et un véritable esprit de service au peuple.

Le Président Hô Chi Minh affirmait : « Tout ce qui est bénéfique au peuple doit être accompli avec détermination ; tout ce qui lui est nuisible doit être évité à tout prix. » Tel est le critère suprême pour évaluer l’efficacité d’un État, mais aussi la mesure de la qualité morale d’un représentant du peuple.

L’empreinte laissée par le Président Hô Chi Minh sur l’Assemblée nationale vietnamienne ne réside pas seulement dans la création de la première institution démocratique du nouveau Vietnam, mais aussi dans l’établissement des fondements idéologiques d’une démocratie plaçant le peuple au centre.

Dans le processus de construction d’un État de droit moderne, démocratique et durable, poursuivre l’étude et l’application créative de la pensée de Hô Chi Minh sur l’Assemblée nationale et la souveraineté populaire constitue non seulement un héritage historique, mais aussi une exigence du développement actuel du pays.

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