Coopération pour garantir la sûreté de la navigation en Mer Orientale
Lors des discussions, de nombreux experts ont estimé que l’augmentation du nombre et de l'intensité des opérations militaires et paramilitaires en Mer Orientale avaient aggravé les tensions ces derniers temps. Ils ont averti que l’élargissement artificiel des récifs par la Chine dans l’archipel de Truong Sa (Spratly) «changerait la donne», augmenterait les revendications, la concurrence entre les grandes puissances et les risques latents de conflits dans cette zone maritime.
Selon les experts, l’escalade des tensions en Mer Orientale ces derniers temps pourrait non seulement exercer des impacts négatifs sur la protection et le développement des ressources maritimes mais encore menacer la sécurité des routes maritimes internationales.
Cependant, outre les éléments complexifiant la situation dans cette région, il y en a deux autres à valoriser permettant de promouvoir la coopération, que sont la gestion et l'exploitation des ressources naturelles aux fins du développement économique et la protection de la sécurité, de la sûreté et de la liberté de la navigation maritime sur les routes maritimes internationales.
Dotée de riches ressources marines avec une réserve abondante de poissons, la Mer Orientale que traversent les routes maritimes internationales les plus fréquentées du monde, joue un rôle stratégique pour le développement et la prospérité des pays dans la région, est aussi un facteur important pour la croissance économique globale. Il s’agit des conditions préalables pour renforcer la coopération entre les pays, instaurer la confiance et maintenir la paix, la stabilité, et la prospérité en Mer Orientale. Les domaines que les experts jugent potentiels pour la coopération constituent la pêche, la protection de l'environnement marin, la sécurité et la sûreté de la navigation maritime, la recherche et le sauvetage en mer.
Ils ont hautement apprécié les efforts déployés pour ouvrir un «téléphone rouge», une ligne directe entre les parties en Mer Orientale en soulignant la nécessité d’établir un mécanisme concret afin de la rendre effective. Certains participants ont proposé d’établir une règlementation d’utilisation de la ligne téléphonique rouge qui définit le processus de communication, de traitement de l’information entre l’appelant et l’appelé, d’élaborer les dispositions sur la prise en charge de la ligne direct et les canaux connexes entre les forces différentes sur le terrain…
La nécessité des mesures pacifiques aux différends en Mer Orientale
Jeudi 18 novembre, le colloque se poursuit par quatre sessions de débat sur la Mer Orientale dans les relations internationales, les revendications en Mer Orientale et les différends maritimes, la règlementation du territoire, l’espace maritime et aérienne en vertu du droit internationale.
Selon certains experts, la Chine entend affirmer son statut de superpuissance mondiale en renforçant la capacité et la force de sa marine. L’ambition de Pékin en Mer de Chine Orientale et en Mer Orientale est de plus en plus évidente avec des revendications grandissantes ces dernières années. La question de la Mer Orientale est donc de plus en plus complexe et difficile à résoudre.
D’autres spécialistes ont indiqué que cette situation ouvre également des opportunités pour les pays aséaniens et leurs partenaires de jouer un rôle plus actif dans la recherche des solutions à ce problème. L’Union européenne, partenaire de l’ASEAN, par exemple, pourrait partager ses expériences pour aider les pays côtiers de la Mer Orientale à régler les différends dans cette zone.
Plusieurs participants ont proposé d’élaborer des mécanismes pour gérer les risques de crise et encourager toutes les parties concernées à coopérer afin de trouver des solutions appropriées.
En ce qui concerne le désaccord dans l'interprétation et l'application du droit international en Mer Orientale, les experts ont mis l’accent sur l’analyse du régime juridique des zones maritimes, de l’application du mécanisme de règlement des différends maritimes sur la base du droit international dont la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982.
Les participants ont particulièrement insisté sur la nécessité que les parties intéressées fassent preuve de retenue et s'abstiennent de toute politique unilatérale susceptible de modifier le statu quo en Mer Orientale. La construction et l’exhaussement artificiel dans l’espoir de faire de récif et rochers des bases militaires dans les zones litigieuses en Mer Orientale ou la création de zones d'identification aérienne au service des revendications vont à l’encontre du droit international, rendent plus complexe la situation, voire accroissent les risques de conflits.
La mesure la plus adéquate, selon les experts, est que les parties concernées œuvrent ensemble à l’élaboration des codes de conduite pour conformer leurs actions au droit international sans aggraver les tensions en Mer Orientale.
Avec pour thème «Mer Orientale: Coopération pour la sécurité et le développement dans la région», ce colloque est une bonne occasion pour les participants de partager leurs expériences et leurs recherches en Mer Orientale.