Depuis le lancement de la Campagne des « 500 jours et nuits », de nombreux restes de martyrs non identifiés ont été exhumés afin de prélever des échantillons biologiques pour des analyses ADN. Cette initiative ouvre la voie à de futures retrouvailles entre les martyrs et leurs familles, tout en préservant la mémoire de l'histoire.
À Hai Phong (au nord du Vietnam), les opérations d'exhumation des tombes de martyrs non identifiés sont menées activement par les autorités locales, en coordination avec le Comité de pilotage 515 de la ville. Des cérémonies rituelles jusqu'à la remise en état des sépultures, en passant par l'exhumation et le prélèvement des échantillons biologiques, chaque étape est réalisée avec rigueur, prudence et minutie.
Au cimetière des martyrs de Van To (commune de Chi Minh), où vingt tombes étaient en cours d'exhumation par le Commandement militaire communal, l'atmosphère était à la fois solennelle et empreinte de recueillement.
Nguyen Van Tuan, milicien d'autodéfense, raconte qu'il s'est porté volontaire dès le lancement de la campagne dans sa commune. Pour lui, cette mission dépasse le simple devoir militaire, elle est avant tout un acte de reconnaissance envers les Héros morts pour la Patrie. Dès sa désignation par le Commandement militaire communal, lui et ses camarades se sont immédiatement mis au travail.
« Participer à l'exhumation des tombes des héros martyrs est une mission sacrée et un immense honneur. Retrouver leur identité et leur terre natale est un travail difficile qui demande du temps, mais je suis convaincu que cette campagne permettra à de nombreuses familles de retrouver enfin leurs proches », confie-t-il.
Selon le lieutenant-colonel Do Tien Thanh, commandant du Commandement militaire de la commune de Chi Minh, les martyrs non identifiés appartiennent à la génération des pères et des grands-pères. Confier cette mission aux miliciens d'autodéfense et aux chefs des unités de milice des villages, représentants de la génération actuelle de soldats, est une manière d'exprimer leur gratitude tout en perpétuant les nobles traditions de l'Armée populaire vietnamienne.
« Nous avons pleinement conscience de l'honneur, mais aussi de la responsabilité que représente cette mission. Derrière chaque tombe sans nom se trouvent des familles qui attendent depuis des décennies de connaître enfin l'identité et la terre natale de leurs proches », souligne-t-il.
La commune de Chi Minh compte vingt-huit tombes non identifiées réparties dans les cimetières de Van To et d'An Thanh. Après les cérémonies d'hommage, les miliciens procèdent à l'exhumation afin que le Comité de pilotage 515 de Hai Phong puisse effectuer les prélèvements biologiques destinés aux analyses ADN.
Tout au long des opérations, le Commandement militaire communal exige que les équipes travaillent avec le plus grand soin afin de préserver les tombes et les restes des martyrs.
Au même moment, au cimetière des martyrs de Hung Dao (commune de Dai Son), les autorités locales et le Comité de pilotage 515 de Hai Phong poursuivent les prélèvements ADN sur les tombes non identifiées, dans le strict respect des procédures.
Selon les autorités de Dai Son, dès réception du plan de la Campagne des « 500 jours et nuits », la commune a mobilisé les forces concernées et réparti les tâches. En complément des crédits prévus, elle a également apporté un soutien financier afin d'assurer le bon déroulement des opérations.
La commune de Dai Son compte quatre cimetières des martyrs, regroupant près de 700 tombes, dont vingt-trois restent non identifiées dans les cimetières de Ky Son et de Hung Dao. Les prélèvements biologiques s'y déroulent du 2 au 5 août.
Pour cette mission, le Commandement militaire communal a mobilisé l'ensemble des miliciens d'autodéfense et des chefs des unités de milice des villages, avec le soutien des services socioculturels, des organisations sociopolitiques et de la population locale.
Selon Trinh Ngoc Anh, secrétaire du Comité du Parti de la commune de Dai Son, cette campagne répond aux attentes de la population, en particulier des familles de martyrs toujours sans nouvelles de leurs proches. Au-delà de sa portée scientifique, elle représente un geste profondément humain qui apaise, au moins en partie, des décennies d'attente et de douleur.
« Grâce à la mobilisation de tout le système politique et au soutien de la population, je suis convaincue que de nombreux martyrs retrouveront leur identité et leur terre natale, avant de rejoindre enfin leurs familles », conclut-elle.