C’est ce qu’estime le docteur Tran Hai Linh, membre du Comité central du Front de la Patrie du Vietnam, président de l’Association des entrepreneurs et investisseurs Vietnam – R. de Corée (VKBIA) et président fondateur de l’Association des experts et intellectuels Vietnam – R. de Corée (VKEIA), dans un entretien accordé au journal Nhân Dân au sujet de la portée de la visite officielle en R. de Corée du président de l’AN Tran Thanh Man, à l’invitation de son homologue sud-coréen Cho Jeong Sik.
Dr Tran Hai Linh : À mon avis, la visite officielle en R. de Corée du président de l’AN Tran Thanh Man et de la délégation de haut niveau de l’AN vietnamienne, du 6 au 9 septembre, revêt une importance considérable. Elle ne concerne pas seulement les relations entre les deux organes législatifs : elle contribue également à créer un nouvel élan politique et institutionnel pour faire entrer le partenariat stratégique intégral Vietnam – R. de Corée dans une phase de développement plus approfondie, plus substantielle et plus durable.
Tout d’abord, cette visite confirme une nouvelle fois le niveau élevé de confiance politique et l’importance que les deux pays attachent l’un à l’autre.
Les relations Vietnam – R. de Corée disposent aujourd’hui d’une assise très large : la R. de Corée est le premier investisseur étranger au Vietnam, avec un montant cumulé d’environ 101 milliards de dollars à mai 2026 ; les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint quelque 89 milliards de dollars en 2025 ; et les échanges entre les peuples se développent de manière de plus en plus étroite, avec plus de 350 000 citoyens vietnamiens vivant en R. de Corée et plus de 200 000 citoyens sud-coréens au Vietnam.
Mais je considère que ce qui importe davantage que ces chiffres, c’est la profondeur de la confiance. Une relation stratégique qui veut s’inscrire dans la durée ne peut reposer uniquement sur le commerce et l’investissement. Elle doit être soutenue par la confiance politique, par une convergence institutionnelle et par les liens étroits entre les peuples des deux pays.
La visite du président de l’AN Tran Thanh Man contribue ainsi à consolider un pilier essentiel des relations bilatérales : la diplomatie parlementaire.
Ces dernières années, les relations entre l’AN vietnamienne et l’AN sud-coréenne sont notamment devenues un point fort de la coopération bilatérale.
Les deux parties ont non seulement maintenu les échanges de délégations de haut niveau, mais aussi renforcé la coopération entre leurs commissions spécialisées, leurs groupes parlementaires d’amitié, leurs jeunes députés et leurs parlementaires femmes. Elles ont intensifié le partage d’expériences en matière législative et leur coordination au sein des forums parlementaires multilatéraux.
Les deux AN ont également signé un nouveau mémorandum de coopération, qui souligne que le renforcement des échanges et de la coopération entre les deux organes législatifs constitue un facteur important pour approfondir le partenariat stratégique intégral.
J’attends tout particulièrement de cette visite qu’elle permette de faire évoluer la coopération parlementaire, en la faisant passer de « l’échange et l’amitié » à « l’accompagnement et la co-construction ». Les parlements des deux pays ont un rôle essentiel à jouer dans la mise en place d’un cadre juridique favorable, mais aussi dans le suivi et la promotion de la mise en œuvre des accords conclus à haut niveau entre les deux gouvernements.
Cette évolution revêt d’autant plus d’importance que la coopération Vietna – R. de Corée s’oriente désormais vers des secteurs à forte intensité technologique et à forte valeur ajoutée, tels que les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, la transformation numérique, les énergies propres, les biotechnologies, les infrastructures intelligentes et les chaînes d’approvisionnement stratégiques.
Ce sont également les domaines que les dirigeants des deux pays ont identifiés comme des axes prioritaires de coopération pour la nouvelle phase.
En d’autres termes, la politique ouvre la voie, les parlements construisent le cadre institutionnel, les gouvernements mettent en œuvre et les entreprises transforment les opportunités en projets, tandis que les peuples des deux pays sont, en dernier ressort, les bénéficiaires des fruits de cette coopération.
Je considère que c’est précisément cet esprit qu’il convient de promouvoir plus fortement dans la nouvelle phase des relations Vietnam – R. de Corée.
En tant que Vietnamien vivant et travaillant depuis de nombreuses années en R. de Corée, j’espère également que cette visite continuera de placer l’humain et les échanges entre les peuples au cœur des relations bilatérales.
La communauté vietnamienne en R. de Corée ne cesse de se développer fortement. Elle comprend des travailleurs, des étudiants, des entrepreneurs, des experts, des intellectuels, des familles multiculturelles ainsi qu’une jeune génération vietnamienne et sud-coréenne.
Lors de sa rencontre avec le président sud-coréen Lee Jae Myung en avril 2026, le président de l’AN vietnamienne Tran Thanh Man avait demandé à la partie sud-coréenne de continuer à accorder une attention particulière à la protection des droits et des intérêts légitimes de la communauté vietnamienne. La partie sud-coréenne avait, de son côté, salué les contributions de cette communauté.
Pour nous, les Vietnamiens vivant à l’étranger ne doivent pas seulement être les bénéficiaires des fruits des relations Vietnam – R. de Corée. Ils doivent aussi devenir de plus en plus des acteurs à part entière de ces relations : des passerelles dans les domaines de l’économie, du savoir, des sciences et technologies, de la culture et de la diplomatie entre les peuples.
Je considère également que cette visite revêt une signification particulière, dans la mesure où le président de l’AN Tran Thanh Man est un dirigeant qui a consacré de nombreuses années au travail du Front de la Patrie.
Ainsi, au-delà de la profondeur de la diplomatie d’État et de la diplomatie parlementaire, nous espérons que cette visite permettra de diffuser davantage l’esprit de la « grande union nationale », de renforcer la diplomatie entre les peuples et de faire des intérêts concrets des populations l’un des critères permettant de mesurer l’efficacité de la coopération.
Je suis convaincu que cette visite constituera un nouveau jalon dans les relations entre les deux AN et contribuera à l’ensemble des relations Vietnam – R. de Corée.
L’objectif ne doit pas seulement être de multiplier les rencontres ou de conclure de nouveaux accords. Il s’agit surtout de transformer la confiance politique en actions concrètes ; de convertir les engagements en programmes et en projets ; de transformer les potentialités en valeur pour le développement ; et de faire de l’amitié entre les deux peuples une source d’avantages toujours plus tangibles pour les populations des deux pays.
C’est également sur cette base que le Vietnam et la R. de Corée pourront non seulement être aujourd’hui des partenaires importants l’un pour l’autre, mais devenir véritablement, à l’avenir, des amis de confiance, des partenaires qui construisent et se développent ensemble.
Dr Tran Hai Linh : À mon sens, si l’on revient sur le parcours de plus de trois décennies depuis l’établissement des relations diplomatiques en 1992, force est de constater que les relations Vietnam – R. de Corée figurent parmi les relations bilatérales qui connaissent le développement le plus rapide, avec un champ de coopération très large et un degré d’interconnexion particulièrement profond.
Depuis surtout que les deux pays ont élevé leurs relations au rang de partenariat stratégique intégral en 2022, la coopération Vietnam – R. de Corée connaît une évolution particulièrement remarquable. D’une expansion essentiellement quantitative, elle s’oriente désormais vers une amélioration qualitative. D’une relation principalement fondée sur le commerce et l’investissement, elle évolue vers une coopération de plus en plus globale dans les domaines politique et diplomatique, de la défense et de la sécurité, des sciences et technologies, de l’éducation, de la culture ainsi que des échanges entre les peuples.
Je pense que les relations Vietnam – R. de Corée peuvent aujourd’hui être appréhendées à travers plusieurs piliers majeurs.
En premier lieu, la confiance politique ne cesse de se consolider. Les échanges de délégations et les contacts de haut niveau entre les deux pays sont réguliers, notamment avec la visite d’État en R. de Corée du secrétaire général du Parti communiste vietnamien, To Lam, en août 2025, puis la visite d’État au Vietnam du président sud-coréen Lee Jae Myung en avril 2026.
Les deux parties continuent de réaffirmer leur détermination à approfondir le partenariat stratégique global, tout en maintenant les mécanismes de dialogue et de coopération entre les gouvernements, les parlements, les ministères, les administrations sectorielles et les collectivités locales.
À mes yeux, il s’agit du fondement le plus important. Le commerce peut être affecté par les cycles économiques et les investissements peuvent fluctuer en fonction des marchés, mais la confiance politique et la compréhension mutuelle constituent précisément cet « actif stratégique » qui permet aux relations entre les deux pays de s’inscrire dans la durée et de résister aux fluctuations de l’environnement international.
Le deuxième pilier est l’économie, le commerce et l’investissement, qui peuvent être considérés comme l’un des principaux moteurs des relations Vietnam – R. de Corée.
En 2025, les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint environ 89,5 milliards de dollars.
Fait notable, au cours des sept premiers mois de 2026, le commerce bilatéral s’est élevé à près de 70 milliards de dollars, soit une progression d’environ 41 % sur un an.
À la fin du mois de juin 2026, le stock total des investissements directs sud-coréens au Vietnam atteignait environ 102,4 milliards de dollars.
Les deux pays se sont fixé pour objectif de porter leurs échanges commerciaux bilatéraux à 150 milliards de dollars d’ici à 2030, dans une perspective plus équilibrée et durable.
Cependant, à mon avis, ce dont le Vietnam a besoin dans sa nouvelle phase de développement, ce n’est pas seulement d’attirer davantage d’investissements directs étrangers, mais surtout de disposer d’investissements de meilleure qualité ; de favoriser davantage les transferts de technologies ; de permettre aux entreprises vietnamiennes de participer plus profondément aux chaînes d’approvisionnement ; d’augmenter le taux de localisation de la production ; et de faire émerger davantage de coentreprises vietnamo-coréennes capables de mener ensemble des activités de recherche, de production et de conquête des marchés mondiaux.
Le troisième pilier auquel j’attache une importance particulière est celui des sciences et technologies, de l’innovation et du développement des ressources humaines.
Si, au cours de la période précédente, les principaux symboles de la coopération Vietnam – R. de Corée étaient l’électronique, les industries manufacturières, le textile-habillement, la construction ou encore le commerce, les mots-clés des dix à vingt prochaines années devront être les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle (IA), les technologies numériques, les énergies propres, les biotechnologies, les villes intelligentes et les chaînes d’approvisionnement stratégiques.
La Déclaration conjointe Vietnam – R. de Corée identifie clairement l’encouragement des investissements bilatéraux dans les parcs industriels de haute technologie, l’IA, les semi-conducteurs, les infrastructures, les énergies renouvelables, les villes intelligentes et les chaînes de valeur mondiales. Il s’agit des domaines dans lesquels les deux pays disposent d’une forte complémentarité.
La R. de Corée possède des atouts majeurs dans les technologies, l’industrie, la gestion et l’écosystème de l’innovation. Le Vietnam dispose, quant à lui, d’une économie dynamique, d’une main-d’œuvre jeune, d’un vaste marché, d’une position stratégique au sein de l’ASEAN et place désormais les sciences et technologies, l’innovation et la transformation numérique au cœur de son nouveau modèle de croissance.
Si ces deux ensembles d’atouts peuvent être efficacement mis en synergie, les relations Vietnam – R. de Corée pourraient parfaitement passer d’un « partenariat commercial et d’investissement » à un « partenariat technologique et de co-construction de l’avenir ».
Le quatrième pilier concerne la coopération au développement, les infrastructures et l’énergie.
La R. de Corée demeure un partenaire important du développement du Vietnam. Les deux parties sont convenues de poursuivre la mise en œuvre des mécanismes EDCF (Fonds sud-coréen de coopération pour le développement économique) et EDPF (Fonds sud-coréen de promotion économique), dotés chacun d’une enveloppe de 2 milliards de dollars à l’horizon 2030.
Elles se sont également engagées à s’orienter vers des projets de grande envergure dans les domaines de la transition énergétique, de l’environnement, de la santé, des infrastructures vertes et des transports.
Le Vietnam connaît des besoins considérables en infrastructures stratégiques, en énergie et en développement des villes intelligentes, tandis que la R. de Corée dispose de grands groupes possédant une solide expérience et de fortes capacités technologiques. Si les deux pays parviennent à mettre en place des modèles de coopération à long terme, ces domaines offriront un potentiel considérable de création de valeur commune.
Un autre pilier particulièrement important est celui de la culture, de l’éducation et des échanges entre les peuples.
À mon avis, les relations Vietnam – R. de Corée bénéficient d’un avantage que toutes les relations bilatérales ne possèdent pas : une véritable « profondeur sociale ».
Les relations entre les deux pays ne se limitent plus aux gouvernements ou aux grands groupes. Elles sont désormais profondément ancrées dans la vie de centaines de milliers de familles, de travailleurs, d’étudiants, d’entrepreneurs, d’intellectuels et de jeunes des deux pays.
La proximité culturelle, le développement des familles multiculturelles vietnamo-sud-coréennes, la présence croissante de la communauté vietnamienne en R. de Corée ainsi que celle de la communauté sud-coréenne au Vietnam ont ainsi constitué un socle social particulièrement solide pour les relations bilatérales.
Du point de vue d’un membre de la diaspora vietnamienne et d’une personne engagée dans le travail du Front de la Patrie, je considère qu’il s’agit précisément d’une forme de « soft power » particulièrement précieuse que les deux pays doivent continuer à cultiver.
Dans l’ensemble, j’estime que les relations Vietnam – R. de Corée se trouvent aujourd’hui à un moment particulièrement favorable pour opérer une transformation majeure : passer d’un développement rapide à un développement en profondeur ; d’une expansion quantitative à une amélioration qualitative ; d’une relation économique fondée sur la complémentarité à une relation reposant sur la recherche conjointe, la production conjointe, l’innovation conjointe et une participation commune aux chaînes de valeur mondiales.
Je souscris pleinement à l’approche actuellement mise en avant par les dirigeants des deux pays : il faut faire évoluer la coopération Vietnam – R. de Corée d’une relation de partenariat économique et d’investissement vers un « partenariat pour co-construire l’avenir ».
Dr Tran Hai Linh : À mon sens, il s’agit de l’une des questions les plus stratégiques pour les relations entre le Vietnam et la R. de Corée dans les années à venir.
Si, par le passé, le commerce et l’investissement ont constitué des moteurs essentiels du rapprochement entre les deux pays, à l’ère nouvelle, les sciences et technologies, l’innovation, la transformation numérique et les ressources humaines hautement qualifiées doivent devenir les moteurs permettant aux deux pays de franchir ensemble un nouveau palier de développement.
Cette orientation est d’ailleurs pleinement conforme aux grandes priorités actuelles du Vietnam.
La résolution n° 57-NQ/TW définit le développement des sciences et technologies, de l’innovation et de la transformation numérique nationale comme l’une des principales avancées stratégiques à réaliser. Elle appelle également à renforcer la coopération en matière de recherche avec les pays disposant d’un haut niveau de développement scientifique et technologique, notamment dans l’intelligence artificielle (IA), les semi-conducteurs, les biotechnologies, les technologies quantiques, l’énergie nucléaire et d’autres technologies stratégiques.
En août 2026, le gouvernement vietnamien a adopté la Stratégie de coopération internationale dans le domaine des technologies stratégiques, visant à renforcer la capacité du Vietnam à accéder aux technologies, à les développer et, progressivement, à les maîtriser.
Dans ce contexte, j’estime que la R. de Corée du Sud doit être considérée comme l’un des partenaires stratégiques de premier plan du Vietnam dans le domaine scientifique et technologique. Car la R. de Corée n’est pas seulement une économie développée : elle a également réussi à passer de la réception de technologies à leur maîtrise, puis d’une économie largement fondée sur la production à une grande puissance industrielle dans les secteurs des semi-conducteurs, de l’électronique, de l’IA, des technologies numériques et de l’innovation.
Plus important encore, les deux pays disposent déjà d’une solide confiance politique, de relations économiques étroitement imbriquées et d’un vaste écosystème d’entreprises sud-coréennes implantées au Vietnam. L’enjeu, aujourd’hui, est de transformer ces atouts en véritables capacités scientifiques et technologiques propres au Vietnam.
Pour atteindre cet enjeu, nous devons d’abord faire évoluer notre approche de la coopération, en passant de « l’attraction des investissements porteurs de technologies » à « la coopération visant à rechercher, développer et maîtriser conjointement les technologies ».
Au cours des trois dernières décennies, les groupes sud-coréens ont investi massivement au Vietnam, notamment dans l’électronique et l’industrie manufacturière.
Deuxièmement, il faut sélectionner un certain nombre de domaines prioritaires et éviter une coopération dispersée. Je pense que le Vietnam et la R. de Corée devraient se concentrer dans un premier temps sur cinq à sept grands groupes technologiques dans lesquels la R. de Corée dispose d’atouts majeurs et où le Vietnam connaît d’importants besoins de développement : les semi-conducteurs et les circuits intégrés ; l’intelligence artificielle et le big data ; les biotechnologies ; la robotique et la production intelligente ; les nouveaux matériaux ; les énergies propres ; ainsi que les technologies numériques et les infrastructures intelligentes.
Troisièmement, le développement des ressources humaines doit être considéré comme une condition préalable. Nous pouvons acheter des machines, des lignes de production, voire certaines technologies, mais sans des ressources humaines capables de les assimiler, de les améliorer et d’innover, il sera difficile d’en assurer une véritable maîtrise. C’est précisément un domaine dans lequel la R. de Corée peut apporter un soutien particulièrement efficace au Vietnam.
Quatrièmement, il faut faire de l’Institut des sciences et technologies Vietnam – R. de Corée (VKIST) un véritable centre de l’écosystème scientifique et technologique vietnamo-coréen.
Les deux pays sont convenus de renforcer les capacités et le rôle du VKIST, afin d’en faire un pôle de coopération scientifique et technologique entre les deux pays. La partie sud-coréenne continuera également d’aider le Vietnam à mettre en œuvre la prochaine phase du VKIST.
Cinquièmement, les entreprises doivent être placées au cœur de l’écosystème d’innovation. L’une des limites fréquemment observées dans la coopération scientifique et technologique est que les universités peuvent mener leurs recherches dans une direction, les instituts dans une autre, tandis que les entreprises ont encore d’autres besoins.
Nous devons donc connecter les trois acteurs : « l’État – les scientifiques – les entreprises ». La coopération scientifique et technologique ne peut véritablement réussir que lorsque les connaissances passent du laboratoire à l’usine, puis de l’usine au marché.
Sixièmement, il faut mobiliser davantage les ressources intellectuelles vietnamiennes en R. de Corée ainsi que les experts et intellectuels sud-coréens qui portent un intérêt particulier au Vietnam.
À travers mon expérience auprès de la communauté des experts et intellectuels vietnamo-coréens, je constate qu’il s’agit d’une ressource considérable, encore insuffisamment exploitée.
La R. de Corée compte aujourd’hui de nombreux professeurs, docteurs, chercheurs, ingénieurs et experts vietnamiens, ainsi que des Sud-Coréens attachés au Vietnam, qui travaillent dans les universités, les instituts de recherche et les groupes technologiques. Ils connaissent les technologies coréennes, comprennent la culture et les méthodes de travail sud-coréennes, tout en connaissant les besoins de développement du Vietnam. Ils constituent précisément des « passerelles technologiques » naturelles entre les deux pays.
Enfin, le plus important est que le Vietnam renforce ses capacités endogènes. La coopération internationale est essentielle, mais aucun pays ne peut devenir une puissance scientifique et technologique en se contentant de recevoir des transferts de technologies.
Un transfert de technologie ne produit des effets durables que lorsque le bénéficiaire dispose de capacités suffisantes pour recevoir, assimiler, améliorer, innover et, en définitive, maîtriser cette technologie. C’est pourquoi la coopération scientifique et technologique entre le Vietnam et la R. de Corée doit s’inscrire dans une vision plus large.
La R. de Corée ne doit pas seulement transférer ce qu’elle possède aujourd’hui, mais les deux pays doivent rechercher ensemble les technologies dont le monde aura besoin demain.
J’espère que, dans les dix à vingt prochaines années, lorsque nous parlerons des relations entre le Vietnam et la R. de Corée, nous pourrons, au-delà des chiffres du commerce et de l’investissement, parler de puces électroniques conçues conjointement, de technologies d’IA développées ensemble, de brevets déposés par des scientifiques des deux pays, de start-up vietnamo-coréennes conquérant les marchés mondiaux, ainsi que d’une génération d’ingénieurs et de scientifiques vietnamiens capable de participer aux niveaux les plus élevés de la chaîne mondiale de valeur technologique.
Dans la nouvelle conjoncture, la coopération entre le Vietnam et la R. de Corée doit passer de la réception des technologies à leur développement conjoint ; de l’attraction des capitaux à l’attraction des connaissances ; de la sous-traitance et de la production à la recherche, à la conception et à l’innovation ; d’une coopération fondée sur des projets individuels à la construction d’un écosystème commun d’innovation.
Lorsque nous y parviendrons, les sciences et technologies ne seront plus seulement un domaine de coopération entre le Vietnam et la R. de Corée. Elles deviendront véritablement un pilier stratégique, un nouveau moteur de croissance et un pont permettant aux deux pays de construire ensemble leur avenir.