Le tourisme vert et circulaire ne se limite plus à la réduction des impacts négatifs sur l’environnement.
Cette nouvelle tendance invite à évoluer vers un tourisme durable, dans lequel chaque voyage produit des effets positifs en contribuant à la restauration des ressources naturelles, à la préservation du patrimoine culturel, au renforcement de la résilience des communautés et à la réalisation de l’objectif mondial de neutralité carbone (Net Zero).
La communauté locale joue un rôle déterminant
Le développement du tourisme circulaire peut être structuré autour d’un modèle reposant sur l’articulation étroite de trois piliers.
Le premier est celui des infrastructures et de la conception circulaires, qui constituent le socle du modèle en réduisant la pression exercée sur les ressources naturelles et l’environnement.
Le deuxième pilier repose sur les modèles économiques, véritables leviers de transformation, capables de créer des incitations économiques et une rentabilité suffisante pour encourager les entreprises à engager volontairement leur transition écologique.
Le troisième pilier, essentiel, est celui de la participation des communautés locales et des chaînes de valeur territoriales. Leur implication est fondamentale pour garantir un développement inclusif, renforcer la résilience des territoires et assurer des moyens de subsistance durables aux populations locales.
Ainsi, dans le processus de développement d’un tourisme vert fondé sur l’économie circulaire, les investissements dans les infrastructures écologiques ne seront véritablement efficaces que s'ils sont associés à des modèles économiques financièrement viables et axés sur la communauté locale.
Selon Nguyen Thi Hoa Mai, directrice adjointe de l’Administration nationale du tourisme du Vietnam, le tourisme ne constitue pas uniquement un moyen d’attirer les visiteurs ; il représente également un levier de développement pour les communautés locales, un instrument de préservation du patrimoine culturel, d’amélioration des moyens de subsistance et de renforcement de la compréhension mutuelle entre les cultures.
« Aujourd’hui, la question essentielle pour l’avenir du tourisme mondial est de savoir comment le tourisme peut contribuer à créer des destinations où la culture locale, la vie communautaire et l’expérience des visiteurs se renforcent mutuellement », a noté Nguyen Thi Hoa Mai.
Considérant les communautés locales comme l’un des piliers du développement durable du tourisme et comme un élément clé de la transition vers un tourisme vert et circulaire, elle a indiqué que celles-ci ne devaient pas être de simples bénéficiaires passifs des retombées du tourisme, mais de véritables acteurs et maîtres d’œuvre de ce processus.
Cette orientation est clairement inscrite dans la Loi sur le tourisme, la Stratégie de développement du tourisme du Vietnam à l’horizon 2030, ainsi que dans le Programme cible national sur l’édification de la nouvelle ruralité et le développement socio-économique dans les régions peuplées de minorités ethniques et les zones montagneuses.
Dans cet esprit, le Vietnam a mis en œuvre de manière coordonnée de nombreuses politiques destinées à soutenir les populations locales, allant du développement des infrastructures de base à la formation professionnelle, à l’entrepreneuriat et à leur participation active à la gestion des destinations touristiques.
Des solutions synergiques
Selon l’Administration nationale du tourisme du Vietnam, afin de concrétiser l’engagement d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, le développement du tourisme circulaire devra s’appuyer sur quatre axes d’action prioritaires.
Le premier consiste à expérimenter des modèles de tourisme circulaire dans des territoires disposant d’atouts particuliers, tels que les destinations d’écotourisme, les zones balnéaires et insulaires ou encore les espaces dédiés au tourisme agricole. Ces destinations devront satisfaire à des critères stricts : absence de déchets plastiques, faibles émissions de carbone ou gestion circulaire des ressources en eau.
Le deuxième axe vise à privilégier l’utilisation de produits agricoles locaux, d’aliments issus de l’agriculture biologique et de produits labellisés OCOP (« One Commune, One Product »). Les accords directs entre les établissements d’hébergement, les agriculteurs et les villages de métiers sont également encouragés afin de maximiser les retombées économiques pour la communauté locale.
Le troisième axe prévoit la mise en place, dans les destinations touristiques, de systèmes intégrés de tri des déchets à la source, de production de compost à partir des déchets organiques, de réutilisation des eaux usées traitées ainsi que de systèmes intelligents de gestion énergétique utilisant notamment l’énergie solaire et la biomasse.
Enfin, le quatrième axe consiste à créer une base de données nationale recensant les initiatives en matière d’économie circulaire, à intégrer les modèles les plus performants dans les documents de planification et dans le système national de critères du tourisme vert, tout en mettant en place des mécanismes de financement préférentiel et de crédit vert en faveur des entreprises.
Dans les faits, le tourisme circulaire ne se limite pas à réduire les impacts environnementaux négatifs. Cette nouvelle approche implique une évolution vers un tourisme régénératif, où chaque voyage contribue positivement à la restauration des ressources naturelles, à la préservation du patrimoine culturel et au renforcement de la résilience des communautés.
En complément de ces quatre axes prioritaires, le secteur touristique devra investir dans des infrastructures intégrant des solutions écologiques dès la phase de planification. Par ailleurs, les informations devront être rendues plus transparentes grâce à des indicateurs visuels présentant notamment l’empreinte carbone ou les économies de ressources réalisées.
L’expérience des visiteurs gagnera également en richesse si ceux-ci sont directement associés à des activités de recyclage, de reboisement ou de restauration des récifs coralliens. Dans ce contexte, chaque geste du voyageur contribuera concrètement à la protection de l’environnement et au développement des communautés locales, tout en devenant une composante d’une expérience touristique mémorable.
Par ailleurs, afin d’améliorer la qualité des expériences proposées, l’ensemble du secteur est appelé à évoluer d’un tourisme de consommation vers un tourisme créateur de valeur.
Les destinations pourront intégrer les pratiques de l’économie circulaire à leur identité culturelle, faisant de cette approche un véritable modèle de responsabilité sociale et de développement durable. Le voyage à la découverte du Vietnam n’en deviendra que plus attractif pour les visiteurs nationaux comme internationaux.
Selon le Centre d’information touristique de l’Administration nationale du tourisme du Vietnam, le pays a accueilli environ 12,3 millions de visiteurs internationaux au cours du premier semestre de 2026, soit une hausse de 14,9% par rapport à la même période de 2025. En juin seulement, le Vietnam a enregistré 1,7 million d’arrivées, en progression de 14,7%.
Ce résultat représente près de 50 % de l’objectif annuel fixé à 25 millions de visiteurs internationaux. Cette croissance est soutenue par une politique de visas plus ouverte, le développement des liaisons aériennes internationales, les campagnes de promotion touristique et l’image du Vietnam comme destination sûre, culturelle et compétitive.