Recourir aux technologies pour faire progresser le sport de haut niveau

À l’issue des 20es Jeux asiatiques (ASIAD 20), dont les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes, le sport vietnamien doit procéder à une évaluation globale afin d’identifier ses limites et ses « lacunes » dans l’objectif d’améliorer ses performances aux ASIAD et de se rapprocher du niveau des médaillés olympiques.

Les joueuses vietnamiennes de sepak takraw reçoivent leurs médailles d’or dans l’épreuve par équipes de quatre femmes. Photo : QDND.
Les joueuses vietnamiennes de sepak takraw reçoivent leurs médailles d’or dans l’épreuve par équipes de quatre femmes. Photo : QDND.

Malgré le fait de ne pas avoir atteint son objectif et que ses trois médailles d’or aient toutes été remportées dans des disciplines ne figurant pas au programme des Jeux olympiques de 2028, le sport vietnamien a néanmoins offert des moments de fierté et des performances dépassant les limites individuelles lors des ASIAD 20. Il s’agit notamment de précieuses médailles d’argent en boxe, en wushu et en taekwondo virtuel, ainsi que de médailles de bronze en athlétisme, en aviron, en tir sportif...

Cependant, alors que la concurrence devient de plus en plus féroce aux ASIAD et que les grandes nations sportives ne cessent d’évoluer, les efforts individuels des entraîneurs et des athlètes vietnamiens pour surmonter les difficultés ne suffisent plus à franchir un nouveau cap.

Les résultats en deçà des attentes aux ASIAD 20 sont la conséquence d’une longue période durant laquelle le sport vietnamien a pris les SEA Games comme principal critère d’évaluation, avec des investissements dispersés et sans réelle concentration sur les priorités.

Bien entendu, même après avoir investi dans ces domaines fondamentaux, les performances en compétition dépendent encore de nombreux autres facteurs. Les cas des tireurs Trinh Thu Vinh et Pham Quang Huy, qui ont un temps figuré parmi les meilleurs mondiaux dans les épreuves de pistolet mais n’ont pas réussi à décrocher de médaille individuelle aux ASIAD, en sont des exemples. Lors de ces mêmes Jeux asiatiques, des champions olympiques ou du monde en titre ont eux aussi été éliminés dès la phase de groupes, dans des circonstances particulièrement cruelles.

Évaluant les résultats du sport vietnamien aux ASIAD 20, le professeur associé et docteur Nguyen Danh Hoang Viet, directeur du Département de l’éducation physique et des sports du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, a indiqué que le sport vietnamien avait effectivement enregistré des progrès lors de ces Jeux, mais que ceux-ci restaient insuffisants et que leur transformation en médailles ne répondait pas encore aux attentes.

Des progrès sont visibles à travers les indicateurs de performance dans certaines disciplines et épreuves, mais la capacité à transformer les progrès réalisés à l’entraînement en médailles d’or reste insuffisante. « Lorsque nous progressons, les autres pays progressent eux aussi, et certains avancent même plus rapidement », a-t-il souligné.

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La médaille de bronze remportée par l’équipe vietnamienne d’athlétisme dans l’épreuve mixte du 4 x 400 m aux ASIAD 20 constitue un résultat à saluer. Photo : QDND.

Le sport vietnamien a déjà vu émerger des « prodiges » et de jeunes champions olympiques très prometteurs. Mais entre le talent et le statut d’athlète de haut niveau, il existe tout un processus nécessitant des investissements importants et méthodiques. Dans ce processus, le sport vietnamien n’est toujours pas parvenu à résoudre pleinement les questions liées au développement de la médecine du sport, à l’application des sciences et des technologies, à la nutrition sportive et à la psychologie du sport...

Après les ASIAD 20, le sport vietnamien doit engager sans tarder des investissements structurés, assortis d’une feuille de route et concentrés sur les priorités, afin d’améliorer ses performances aux ASIAD et aux Jeux olympiques. Selon le professeur associé et docteur Nguyen Danh Hoang Viet, le sport de haut niveau doit bénéficier d’un investissement accru dans les sciences et techniques de l’entraînement, la nutrition sportive, la psychologie du sport... Sur ces questions, le secteur sportif rencontre encore de nombreuses difficultés.

À l’heure actuelle, le Vietnam ne dispose pratiquement pas de formation nationale de médecins du sport. Les experts formés à l’étranger par le passé ont désormais atteint l’âge de la retraite ou ont changé de fonction. Les jeunes spécialistes sont encore trop peu nombreux et ne permettent pas de répondre aux exigences tant quantitatives que qualitatives ; le pays ne dispose pas non plus encore de spécialistes dédiés à la nutrition sportive.

« La solution immédiate pour le sport vietnamien après les ASIAD 20 consiste à procéder à une évaluation globale. Il faut renforcer l’application des technologies et la transformation numérique dans la sélection et la formation des athlètes, afin de parvenir à rivaliser au plus haut niveau aux ASIAD et, progressivement, de se rapprocher du niveau des médaillés olympiques », a insisté le professeur associé et docteur Nguyen Danh Hoang Viet.

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