S’imprégner des valeurs morales et civilisées du Parti pour prévenir la dégénérescence

L’œuvre de construction et de rectification du Parti, menée depuis de nombreuses années, a permis de freiner et de repousser en partie les dérives au sein de certaines organisations du Parti ainsi que chez certains cadres et membres, portant atteinte à son prestige. 

Photo d'illustration/VOV.
Photo d'illustration/VOV.

Dans le nouveau contexte, afin d’assumer pleinement sa responsabilité devant la Nation et le peuple et d’être digne d’un parti au pouvoir « moral et civilisé », le Parti doit continuer à se dépasser pour consolider et parfaire ce modèle culturel, orientant le développement de l’ensemble de la nation.

1. La formule « Notre Parti est moral, notre Parti est civilisé » a été prononcée par le Président Hô Chi Minh lors du IIIᵉ Congrès du Parti en 1960, alors qu’il exerçait les fonctions de Président du Parti. Rappeler le contexte de naissance de cette affirmation permet de mieux saisir la profondeur de la pensée de Hô Chi Minh sur un parti au pouvoir assumant de lourdes responsabilités devant la nation.

À cette époque, les risques de corruption du pouvoir et les manifestations négatives parmi les cadres et les membres du Parti n’étaient pas encore majeurs (dégénérescence morale, abus de pouvoir, dérives idéologiques, modes de vie déviants…). Pourtant, dans de nombreux écrits antérieurs et postérieurs à cette période, le Président Hô Chi Minh a constamment souligné le rôle exemplaire des membres du Parti, l’éthique révolutionnaire, ainsi que l’objectif suprême du Parti.

Dans ses dernières paroles avant de quitter ce monde, le Président Hô Chi Minh a d’abord exprimé ses préoccupations « au sujet du Parti » - un parti au pouvoir - évoquant l’éthique révolutionnaire, les valeurs de diligence, d’économie, d’intégrité, de droiture, d’impartialité et de désintéressement, ainsi que l’esprit de solidarité indispensable pour être digne d’être à la fois le dirigeant et le serviteur du peuple.

Ce que le Président Hô Chi Minh attendait avant tout du Parti ne se limitait pas au fait qu’il détenait le pouvoir, mais résidait surtout dans le pouvoir moral, le pouvoir de prestige, le pouvoir fondé sur la confiance et l’attachement du peuple - les fondements les plus durables d’un parti au pouvoir. Sans savoir précisément quand la lutte pour l’indépendance et l’unification du pays aboutirait, il a rappelé avec clairvoyance que, sur le long terme, le Parti devait élaborer des plans « visant à améliorer sans cesse les conditions de vie du peuple » (Testament).

Rappeler ces propos permet d’affirmer que, lorsque le Président Hô Chi Minh parlait de la moralité et de la civilisation du Parti, il ne s’agissait pas seulement d’une exigence éthique propre à un parti au pouvoir, mais aussi d’une conception civilisée de l’exercice du pouvoir : un pouvoir fondé sur un lien organique et indissociable avec la Nation et le peuple, poursuivant un objectif unique - servir le peuple et la nation. C’est là l’essence même du problème, la racine de la durabilité du pouvoir du Parti, un pouvoir qui n’existe pas pour lui-même mais pour servir le pays.

2. À partir de la pratique de l’action révolutionnaire, le Président Ho Chi Minh a clairement distingué le Parti communiste au pouvoir des autres partis politiques sur plusieurs aspects essentiels : bien qu’il détienne le pouvoir dirigeant, le Parti communiste n’est pas un « parti dominateur » comme les autres formations politiques, ni une organisation de pouvoir simplement protégée par la loi, encore moins un groupe d’intérêts. Il est une force dirigeante assumant la responsabilité de toutes les affaires du pays devant la Patrie et le peuple.

Certains partis politiques proclament également servir le peuple et la nation dans leurs déclarations, mais la différence fondamentale réside dans la question suivante : pour qui ce parti existe-t-il, dans quel but agit-il et qui représente-t-il ? La responsabilité et l’éthique du Parti résident dans son rôle d’état-major, d’organisateur et de dirigeant de toutes les victoires de la révolution ; dans l’unité entre les intérêts du Parti et ceux du peuple et de la Nation ; dans l’harmonie entre la volonté du Parti et celle du peuple, exprimée par l’amour et le soutien populaires, tant dans l’orientation politique que dans l’action concrète des organisations et des individus dans leurs relations avec le peuple.

Un parti ou une organisation politique peut accéder au pouvoir par des moyens juridiques, mais l’adhésion durable du peuple à son exercice du pouvoir est une autre question. L’expression « notre Parti » n’est pas seulement utilisée par les membres du Parti, mais aussi par la population en général, y compris par ceux qui n’en sont pas membres, non par habitude, mais pour exprimer un lien affectif et une confiance profonde, témoignant du prestige du Parti dans la société.

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Photo d'illustration/VOV.

3. Dans le contexte actuel, l’énoncé « Notre Parti est moral et civilisé » est réaffirmé en lien avec l’exigence d’un renouvellement profond et global, afin que le Vietnam entre dans une nouvelle phase de développement. Il ne s’agit pas simplement de répéter une ancienne formule, mais de la replacer dans un contexte social profondément transformé, après plus de 80 années d’expérience de gouvernance, marquées à la fois par de grands succès et par certaines limites.

La société présente aujourd’hui des opportunités nouvelles mais aussi des défis inédits. Il est nécessaire de réévaluer avec justesse les forces et les faiblesses existantes afin d’insuffler une nouvelle dynamique de développement. L’objectif fixé pour le centenaire en 2045 est de faire du Vietnam l’une des principales économies, un pays moderne où le peuple est heureux.

Cet objectif impose au Parti une responsabilité immense. En tant que force organisatrice et dirigeante des victoires nationales depuis près d’un siècle, il est impossible de nier les succès éclatants, mais il est tout aussi impossible d’ignorer certaines faiblesses du système dont le Parti porte la responsabilité première. La dégénérescence idéologique, morale et des modes de vie d’une partie du Parti — organisations, individus, représentants — ainsi que la corruption, l’éloignement du peuple, l’hédonisme et la perte de l’esprit combatif agissent comme des virus qui détruisent le corps du Parti.

Le Parti a clairement identifié les causes profondes de l’abus de pouvoir, du manque de contrôle du pouvoir, de la dégénérescence idéologique et morale, de l’éloignement du peuple, du décalage entre paroles et actes, et du manque d’exemplarité dans l’exercice des fonctions publiques et dans la vie privée marquée par le luxe.

En reconnaissant ces maux, le Parti est en mesure de proposer des solutions de rupture. C’est la seule voie pour restaurer sa position et la confiance du peuple. Il ne s’agit pas de revenir simplement aux valeurs du passé, mais de faire mieux, de faire plus nouveau et plus efficace, car la nouvelle époque exige des normes et des critères plus élevés.

Les domaines les plus sensibles pour un parti au pouvoir relèvent de l’éthique politique, de la culture politique et des relations avec le peuple. Les violations constatées ces dernières années traduisent surtout un contrôle du pouvoir insuffisant, ayant permis des abus d’autorité et des dérives au service d’intérêts particuliers. Faute de mécanismes de contrôle réellement institutionnalisés, certains se sont placés au-dessus de la loi, modifiant des politiques de manière opaque et au détriment de l’intérêt général, comme l’illustrent plusieurs affaires disciplinaires récentes dans diverses provinces et grandes villes.

La lutte contre la corruption, le gaspillage et les dérives négatives est aujourd’hui l’une des solutions fondamentales pour restaurer la légitimité et le caractère moral et civilisé du Parti.

4. L’un des contenus essentiels de la moralité et de la civilisation du Parti réside dans la culture politique. Le Président Ho Chi Minh a maintes fois affirmé que l’intérêt de la classe et de la nation est l’intérêt du Parti. Dans les moments où le destin national était suspendu à un fil, il a érigé le principe « La Patrie avant tout » en fondement de la culture politique.

En plaçant l’intérêt national et populaire au-dessus de tout, le Parti a décuplé sa force et est devenu une organisation politique digne de la confiance et de l’affection du peuple. Le Parti, même au pouvoir, ne se place pas au-dessus de la loi ; il dirige par la loi et non par l’arbitraire, sans privilèges ni intérêts particuliers. Le respect de l’État de droit et l’exemplarité de ses membres confèrent au Parti son prestige.

Dans l’histoire de la direction révolutionnaire, le Parti a connu des succès, des échecs, des justesses et des erreurs. Il a su reconnaître publiquement ses fautes et les corriger. Comme le disait le Président Ho Chi Minh : « Un Parti qui dissimule ses défauts est un Parti condamné ». C’est une leçon profonde de civilisation politique.

Les dirigeants du Parti, à tous les niveaux, reflètent l’image du Parti. En assumant pleinement leurs responsabilités, ils renforcent sa moralité et sa crédibilité. Dans leurs relations avec le peuple, ils en sont l’expression vivante. Le Président Hô Chi Minh et les dirigeants historiques du Parti ont toujours donné l’exemple, gagnant la confiance, le respect et l’affection du peuple grâce à leur profond attachement à la nation.

Écouter le peuple, comprendre ses besoins et y répondre, agir selon le principe : ce qui est bénéfique pour le peuple doit être fait avec détermination, ce qui lui est nuisible doit être évité - voilà l’expression la plus concrète de la moralité et de la civilisation du Parti. Dans la nouvelle étape de développement du pays, la responsabilité du Parti de renforcer ces valeurs est d’autant plus grande face aux attentes élevées du peuple.

Apprendre du peuple pour mieux le servir est aussi une manifestation essentielle de la culture politique. Le peuple espère voir le pays entrer dans une nouvelle ère de développement grâce à un Parti capable de se dépasser lui-même pour se consacrer pleinement à la nation et au peuple.

Professeur associé, docteur Pham Quang Long

(Ancien vice-directeur de l’Université nationale du Vietnam à Hanoi)

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