La visite d’État du secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) et président vietnamien, To Lam, à Singapour a ouvert de nouvelles perspectives de coopération entre les deux pays. Parmi les domaines appelés à se développer davantage, la formation de ressources humaines hautement qualifiées occupe une place stratégique.
À l’heure où la compétition technologique, la transformation numérique et l’innovation façonnent la compétitivité des nations, la formation de dirigeants, d’experts et d’une main-d’œuvre qualifiée constitue un enjeu majeur pour l’avenir du Vietnam.
Pour le professeur Vu Minh Khuong, de l’École de politique publique Lee Kuan Yew, la formation des cadres dirigeants figure parmi les domaines dans lesquels Singapour peut servir de référence au Vietnam. Selon lui, l’étude du modèle singapourien ne doit pas se limiter à ses résultats ou à ses politiques actuelles, mais porter également sur la conception de ses institutions et de ses mécanismes de gouvernance.
D’après lui, cette rigueur institutionnelle permet à Singapour de mettre en œuvre ses politiques de manière cohérente et efficace, tout en consolidant durablement la confiance des citoyens et des milieux économiques. Elle explique également la capacité du pays à s’adapter aux évolutions rapides du contexte international.
Le professeur Vu Minh Khuong cite notamment l’exemple de l’innovation et de la recherche-développement (R&D). Singapour applique des mécanismes de gouvernance simples mais performants, notamment le cofinancement. Dans ce système, l’État n’intervient que lorsque le secteur privé s’engage à investir une part déterminée du capital. Selon lui, cette approche garantit une utilisation efficace des ressources publiques tout en renforçant l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers et les activités à forte valeur ajoutée.
Le professeur estime que la principale leçon offerte par Singapour réside dans sa capacité à transformer les contraintes et les défis en moteurs de développement. La bonne compréhension de cette expérience et de cette vision stratégique pourrait, selon lui, aider le Vietnam à accélérer sa croissance et à réussir ses grandes transitions dans les années à venir.
De son côté, le professeur associé et docteur Luu Anh Tuan, du Collège d’informatique et de science des données (CCDS) de l’Université technologique de Nanyang (NTU), estime que la coopération bilatérale dans le développement des ressources humaines dispose encore d’un important potentiel. Selon lui, elle pourrait être renforcée grâce à des mécanismes plus flexibles et mieux adaptés aux besoins concrets, tels que la codirection de doctorants, les échanges universitaires, les projets de recherche conjoints ou encore la création de laboratoires communs.
Il considère que ces mécanismes offriraient une base durable pour rapprocher les communautés scientifiques des deux pays. La mise en commun des connaissances, des technologies et des expériences contribuerait ainsi au renforcement des capacités technologiques nationales.
Il souligne toutefois l’importance de disposer de réglementations claires, transparentes et accompagnées de mesures d’incitation adaptées afin de créer un environnement plus favorable à la coopération scientifique. Une telle approche pourrait également encourager davantage de chercheurs vietnamiens établis à l’étranger à collaborer avec les universités, instituts de recherche et entreprises du Vietnam.
Plusieurs experts s’accordent à dire que les besoins du Vietnam en ressources humaines qualifiées continueront de croître rapidement à mesure que le pays accélère sa transformation numérique et développe l’économie verte, l’économie de la connaissance ainsi que les secteurs scientifiques et technologiques.
Dans cette perspective, la visite de To Lam à Singapour a ouvert de nouvelles perspectives de coopération dans l’éducation, la recherche et le développement des ressources humaines, contribuant ainsi au renforcement durable des relations entre les deux pays.