Le luxe est un privilège que Paul Marshall, reporter de voyage pour le Sydney Morning Herald, a rarement l'occasion de s'offrir. Ce qui s'est rapproché le plus d'un « grand luxe » pour lui fut un siège côté couloir sans voisin à bord d'un avion. Bien que le confort d'un chauffeur privé, d'un siège-lit ou d'un hôtel spacieux soit toujours séduisant, Paul trouve son bonheur en étant un « voyageur économe ».
Il ne lésine ni sur son temps ni sur sa générosité envers ses destinations, mais se contente de supprimer les superflus : circuits tout compris, petits-déjeuners buffets, hôtels de haut standing ou restaurants onéreux. Selon ce voyageur, ces commodités finissent parfois par isoler le visiteur de l'expérience locale authentique.
Lorsqu'il choisit ses destinations, Paul ne se contente pas de fuir les lieux onéreux ; il recherche les pays où son pouvoir d'achat est le plus optimisé. À cet égard, le Vietnam est décrit par lui comme un endroit où « l'on dépense sans compter sans pour autant dépenser beaucoup ».
« C’est l’un de ces pays où, malgré tous mes efforts pour consommer, je ne parviens pas à dépenser des sommes folles », confie-t-il.
Les repas les plus mémorables qu'il ait dégustés au Vietnam étaient également les moins chers. En savourant une bia hoi (bière pression locale) à environ 20 centimes le verre, le voyageur peut en recommander sans la moindre hésitation.
Récemment, le magazine de voyage Condé Nast Traveler a publié sa liste des 16 pays « les moins chers au monde pour voyager », où le Vietnam figure à nouveau comme une option « d'un excellent rapport qualité-prix » dans un contexte d'affaiblissement du dollar. Avec un budget quotidien d'environ 100 à 150 dollars, un touriste peut bénéficier au Vietnam de services équivalents à ceux coûtant trois fois plus cher dans les métropoles européennes.
Par ailleurs, selon le classement annuel de la plateforme InterNations, un site spécialisé dans les sondages auprès de la communauté des expatriés mondiaux, le Vietnam occupe pour la cinquième année consécutive la première place de la liste des pays offrant le meilleur coût de la vie pour les étrangers.
Les données d'InterNations — le plus grand réseau international pour les personnes vivant et travaillant à l'étranger — révèlent que 89 % des expatriés au Vietnam sont satisfaits du coût de la vie, tandis que 87 % affirment que leurs revenus leur permettent de vivre « très confortablement ». La valeur du dong vietnamien, modeste par rapport aux devises fortes, permet aux touristes européens, et notamment aux Français, d'accroître considérablement leur pouvoir d'achat lors de leur séjour.
Dans les grandes agglomérations comme Hanoï, la cuisine de rue offre une expérience alliant qualité, nutrition et prix imbattables. Le coût de l'hébergement reste très accessible et les tarifs des activités touristiques sont jugés particulièrement « doux ».
Paul estime que voyager à l'économie ne signifie pas être avare, mais plutôt savoir ce que l'on peut sacrifier pour obtenir plus d'expériences en retour. Selon lui, au lieu d'investir dans un luxe superficiel, se concentrer sur le vécu réel et les moments mémorables constitue la valeur intrinsèque de chaque voyage.