Immersion au cœur de la forêt primaire «unique en son genre» de Son La

Sans foules compactes ni bétonisation, la forêt de mousses de Ngoc Chien, dans la province de Son La (au Nord-Ouest du Vietnam), conserve son caractère sauvage, dominé par des arbres centenaires. À mesure que l’on s’enfonce, le silence s’épaissit, offrant une expérience rare au cœur de la grande forêt.

1.jpg

Situé à près de 3 000 mètres d’altitude, l’écosystème de la forêt primaire de la commune de Ngoc Chien demeure quasiment intact. Le climat humide et froid tout au long de l’année, associé à une couverture nuageuse persistante, crée des conditions idéales pour le développement dense de la mousse.

2.jpg

L’attrait de cette forêt ne réside pas seulement dans ses paysages, mais aussi dans le défi que représente son exploration. Depuis le hameau de Nam Nghep, les visiteurs peuvent emprunter des itinéraires traversant quatre sommets emblématiques du Nord-Ouest : Ta Rong, Ta Tao, Hau Na Ta et Ta De Do.

3.jpg

Selon les habitants de Nam Nghep, chaque parcours présente un niveau de difficulté distinct : Ta Rong est accessible aux débutants ; Ta Tao, modérément exigeant, est riche en dimensions culturelles et spirituelles ; Hau Na Ta et Ta De Do requièrent quant à eux une bonne condition physique et des compétences techniques.

4.jpg

Tout au long du trajet, la forêt de mousses accompagne les randonneurs, transformant chaque étape en une expérience visuelle exceptionnelle. Loin des itinéraires arides et austères, il s’agit d’une traversée digne d’un « conte de fées », où la nature conserve une rare authenticité.

5.jpg

Plus l’on progresse, plus les sentiers se rétrécissent et deviennent escarpés. La lumière se fait rare, filtrée par l’épaisse canopée d’arbres anciens. Le silence s’impose, seulement troublé par le vent dans les feuilles et le murmure des sources. L’impression est celle d’un retour dans une forêt primitive, intacte et préservée.

6.png

L’un des sites les plus remarquables se situe au pied du sommet Ta De Do, culminant à environ 2 920 mètres. Là, de rares rayons de soleil percent à travers le feuillage dense, se mêlant à la brume et aux tapis de mousse pour composer un décor à la frontière du réel et de l’imaginaire. La mousse recouvre non seulement les troncs, mais aussi les rochers et les racines, enveloppant l’espace d’une teinte verte profonde et mystérieuse, digne d’un univers féerique.

6.jpg

Selon M. Nguyen Cao Cuong, président de la coopérative de tourisme communautaire de Ngoc Chien, les Hmong de Nam Nghep considèrent cette forêt comme un trésor. Les arbres pluricentenaires y sont préservés dans leur état d’origine, sans traces d’exploitation forestière ni d’intervention humaine brutale. Ce respect de la nature a permis à la forêt de perdurer comme un véritable « musée vivant » des écosystèmes de haute montagne.

8.png

Outre la mousse, la biodiversité végétale y est remarquable : forêts anciennes de rhododendrons, érables aux feuilles rouges contrastant avec le vert environnant, ainsi que de nombreuses espèces endémiques rares. En saison de floraison, la forêt s’illumine de teintes rouges, roses et violettes, formant un tableau saisissant. S’y ajoutent des falaises abruptes et des cascades écumantes, qui complètent un paysage à la fois majestueux et poétique.

9.jpg

Ces dernières années, la fréquentation des amateurs de trekking à Ngoc Chien a fortement augmenté. Nombreux sont ceux qui viennent pour pénétrer une fois dans cette forêt de mousses, respirer son air frais et écouter le souffle de la nature. Certains y reviennent à plusieurs reprises, chaque saison révélant une facette différente de sa beauté.

10.png

Cependant, ce qui distingue Nam Nghep d’autres destinations réside dans l’approche adoptée par les habitants. Plutôt qu’une exploitation intensive, ils privilégient un développement durable, associant tourisme et préservation forestière. Les guides locaux, en plus d’accompagner les visiteurs, veillent à la protection de l’environnement, rappelant les règles essentielles : ne pas jeter de déchets, ne pas dégrader l’écosystème.

Dans un contexte où de nombreuses forêts primaires se réduisent, la préservation de celle de Nam Nghep constitue un exemple précieux. Plus qu’une destination touristique, elle incarne un rappel de la valeur de la nature et de la nécessité de protéger les derniers espaces sauvages.

11.jpg

Grâce à cette démarche, malgré l’augmentation du nombre de visiteurs, la forêt conserve son intégrité. Les mousses continuent de tapisser les paysages, tandis que les arbres anciens se dressent, immuables dans la brume, témoins silencieux de la pérennité de la nature.

Back to top