Face aux tensions énergétiques, la raffinerie de Nghi Son tourne à plein régime
Dans un contexte de tensions sur l’approvisionnement énergétique mondial, la raffinerie de Nghi Son maintient ses opérations à pleine capacité. Elle garantit un approvisionnement stable du marché vietnamien en produits pétroliers jusqu’à fin mai 2026.
À la découverte de la raffinerie de Nghi Son.
Implantée dans la province de Thanh Hoa (au Centre), la raffinerie pétrochimique de Nghi Son est un projet de coentreprise investi par quatre grandes sociétés nationales et internationales que sont le Groupe national de gazo-pétrolier du Vietnam (Petrovietnam), Kuwait Petroleum International (KPI), Idemitsu Kosan et Mitsui Chemicals.
Elle figure actuellement parmi les plus grandes raffineries de pétrole du Vietnam, avec une capacité nominale d'environ 200 000 barils de pétrole brut par jour (soit 10 millions de tonnes par an).L’installation utilise principalement du brut koweïtien dans le cadre de contrats à long terme, transporté par des pétroliers de grande capacité via les routes maritimes reliant le Moyen-Orient à l’Asie. Ses produits commercialisés comprennent notamment l’essence RON95 et RON92, le gazole, le kérosène Jet A1, le GPL ainsi que divers produits pétrochimiques.À la fin du mois de mars, l’activité au sein du complexe de Nghi Son demeure intense.Selon NSRP, la raffinerie a reçu à la mi-mars sa cargaison de brut en provenance du Koweït. Toutefois, les évolutions géopolitiques dans la région du détroit d’Hormuz ont ensuite perturbé le calendrier de plusieurs expéditions ultérieures.À ce jour, NSRP maintient une exploitation stable à pleine capacité tout au long du mois de mars et dispose de volumes suffisants de brut pour assurer la continuité de son fonctionnement jusqu'à fin mai.
Malgré sa forte dépendance aux approvisionnements en brut, l’entreprise affirme garantir actuellement un approvisionnement optimal pour le fonctionnement de l'usine.Conformément au plan de production pour 2026, la raffinerie devrait fournir environ 2 millions de tonnes de produits pétroliers au premier trimestre. Sur l’ensemble de l’année, NSRP prévoit d’importer près de 12,5 millions de tonnes de brut et de mettre sur le marché environ 9 millions de tonnes de produits finis.Selon NSRP, l'usine emploie actuellement environ 1 350 travailleurs vietnamiens, dont près de 50 % affectés aux opérations.Le complexe dispose notamment d’un système de production d’azote.La zone portuaire de réception du pétrole brut se situe à environ 5 km de la raffinerie. Le port est en mesure d’accueillir des navires d’une capacité allant jusqu’à 50 000 tonnes.Selon NSRP, le brut est déchargé des pétroliers et acheminé vers le site via un réseau de pipelines d’environ 35 km de long reliant la mer à la raffinerie. Chaque navire transporte en moyenne 2 millions de barils, soit environ 330 000 m³.
Les infrastructures portuaires, vastes et modernes, facilitent à la fois la réception du brut et l’exportation des produits pétroliers de l'usine.Un réseau de pipelines assure le transfert du brut depuis les navires jusqu’à l’installation.La raffinerie compte également environ 20 réservoirs de stockage de gaz, situés à proximité de la zone portuaire.Les équipes restent pleinement mobilisées afin d’assurer la continuité et la stabilité de la production.L’ensemble du site est doté de dispositifs de lutte contre l’incendie de grande capacité, garantissant une intervention rapide en cas d’incident.Conformément aux spécifications techniques, la raffinerie est arrêtée tous les quatre ans pour une durée d’environ un mois et demi, afin de procéder aux opérations de maintenance et de garantir une exploitation sûre et conforme à la réglementation.Dans la matinée du 29 mars, le Premier ministre vietnamien Pham Minh Chinh a tenu une séance de travail avec les dirigeants de la raffinerie de Nghi Son. Photo : VGP.
Dans la matinée du 29 mars, lors de sa visite dans la province de Thanh Hoa, le Premier ministre vietnamien Pham Minh Chinh a tenu une séance de travail avec les dirigeants de la raffinerie de Nghi Son afin d’évaluer la situation de production et sa contribution à la sécurité énergétique dans le contexte actuel.
Il a également appelé la raffinerie, ainsi que ses investisseurs et partenaires bancaires, à restructurer ses approvisionnements, ses finances et son portefeuille de produits afin d’améliorer son efficacité, tout en contribuant à la sécurité énergétique nationale, dans un esprit de « des bénéfices harmonisés, des difficultés et des risques partagés ».