Alors que le Vietnam vise une croissance économique à deux chiffres pour la période 2026-2030, le secteur de l’énergie est confronté à un double défi : garantir la sécurité énergétique tout en respectant l’engagement du pays à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
La résolution n° 70-NQ/TW du Politburo, en date du 20 août 2025, relative à la garantie de la sécurité énergétique nationale jusqu’en 2030, avec une vision à l’horizon 2045, identifie la sécurité énergétique comme un fondement essentiel du développement national et une composante intégrante de la sécurité nationale.
Cette résolution souligne que le développement énergétique doit être une priorité afin de soutenir une croissance économique soutenue de plus de 10% dans les années à venir.
Le président du Groupe national de l’industrie et de l’énergie du Vietnam (Petrovietnam), Le Ngoc Son, a déclaré que la demande énergétique du Vietnam continuera d’augmenter fortement, exerçant une pression considérable sur les investissements dans la production d’électricité.
Pour maintenir une croissance du PIB d’environ 10%, la demande d’électricité devrait croître de 12 à 15 % par an, nécessitant une capacité supplémentaire de 7 000 à 8 000 MW chaque année.
Le Dr Nguyen Dinh Hoa, de l’Institut de l’économie vietnamienne et mondiale (IVAWE), a indiqué que la consommation énergétique totale devrait augmenter d’au moins 8% pour maintenir une croissance économique à deux chiffres.
Toutefois, une consommation d’énergie accrue augmenterait également le risque d’émissions de gaz à effet de serre.
Afin de garantir que le développement énergétique reste supérieur à la demande économique tout en réduisant les émissions, Petrovietnam concentre ses investissements sur les centrales électriques au GNL.
Les projets Nhon Trach 3 et 4, les premières centrales électriques vietnamiennes alimentées au GNL importé, sont déjà en service, marquant une étape importante dans la transition énergétique du pays.
Selon Le Ngoc Son, les centrales électriques au GNL devraient être développées à une échelle de 3 000 à 5 000 MW plutôt que par le biais de projets isolés d’environ 1 500 MW.
Un tel modèle permettrait de réduire les coûts des infrastructures portuaires et de stockage de GNL de 20 à 30% et les coûts de construction des centrales d’environ 10% grâce à des conceptions standardisées.
Les installations de GNL pourraient également utiliser l’énergie frigorifique produite lors de la regazéification pour alimenter les centres de données et améliorer la rentabilité des investissements.
Petrovietnam promeut également des pôles éco-industriels et énergétiques de grande envergure en s’appuyant sur sa chaîne de valeur énergétique intégrée.
Le groupe a proposé un centre éco-industriel énergétique à Vung Ang, dans la province de Ha Tinh (Centre), articulé autour de trois axes : l’énergie à base de GNL, l’industrie et les services logistiques.
À Can Tho, Petrovietnam a proposé un autre pôle éco-industriel énergétique dans le quartier d’O Mon.
Nguyen Van Tu, directeur adjoint de l’Institut du pétrole du Vietnam (VPI) relevant de PetroVietnam, a décrit ce modèle comme une solution stratégique soutenant la sécurité énergétique, la sécurité alimentaire et l’objectif de zéro émission nette, tout en contribuant au développement de Can Tho et du delta du Mékong.
Parallèlement à ces initiatives, Petrovietnam accélère la recherche sur l’énergie éolienne en mer, un secteur où le potentiel du Vietnam est estimé entre 600 et 1 000 GW, dépassant largement la capacité de production installée actuelle du pays, d’environ 85 GW.
Des experts ont également plaidé pour un soutien politique renforcé aux études éoliennes en mer et pour une réglementation obligatoire en matière d’efficacité énergétique.
Le Dr Hoang Xuan Quoc, chef adjoint du comité de consultation et de critique de l’Association vietnamienne du pétrole (VINPA), a proposé de considérer l’éolien en mer comme une ressource nationale, autorisant ainsi les agences d’État à réaliser des études préliminaires avant de mettre aux enchères les sites de projets auprès des investisseurs.
De son côté, le Dr Nguyen Dinh Hoa a souligné que des réglementations ey des mesures obligatoires d’économie d’énergie seraient essentielles pour que le Vietnam puisse réaliser l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre tout en augmentant la consommation d’énergie pour une croissance à deux chiffres.