Dotée de nombreux gisements et sites industriels, la province de Thai Nguyen (au nord du Vietnam) n’affiche toutefois, à l’exception du tungstène, qu’un niveau de transformation en profondeur des autres minerais encore moyen par rapport aux standards internationaux.
La province s’emploie désormais à approfondir la transformation de ses minerais afin d’en accroître la valeur ajoutée et d’éviter le gaspillage des ressources.
Selon le Service provincial de l’Industrie et du Commerce de Thai Nguyen, la province dispose d’importantes réserves de ressources minérales, avec notamment plus de 104 millions de tonnes de charbon brut, plus de 13 millions de tonnes de minerai brut de titane, plus de 23 millions de tonnes de minerai brut de plomb-zinc, plus de 44 millions de tonnes de minerai brut de fer et plus de 196 millions de tonnes de minerai brut de tungstène.
En matière de transformation en profondeur des minerais, à l’exception de l’usine de raffinage de tungstène Masan-MTC, relevant de Masan High-Tech Materials, deuxième producteur mondial de produits à base de tungstène issus de la transformation en aval, les autres filières minières restent encore en deçà de leur potentiel.
Selon les résultats de l’évaluation menée par le Service provincial de l’Industrie et du Commerce, la transformation en profondeur des minerais de plomb et de zinc à Thai Nguyen a déjà permis de produire du plomb métallique et du zinc métallique sous forme de lingots.
Son niveau demeure toutefois inférieur à celui atteint dans certains pays tels que la Chine, la République de Corée et le Japon.
Le développement de l’industrie de transformation en profondeur des minerais à Thai Nguyen se heurte à des défis considérables.
Selon les dirigeants de la société par actions des métaux non ferreux de Thai Nguyen-Vimico, la principale difficulté ne réside pas aujourd’hui dans l’absence de technologies, mais dans la combinaison simultanée des ressources, des technologies et des mécanismes d'investissement.
Ceci s'explique par le fait que la teneur des minerais tend à diminuer alors même que les exigences en matière de taux de récupération sont de plus en plus élevées.
Le coût d'investissement des lignes modernes de concentration et de métallurgie est très élevé et le délai de retour sur investissement est long.
Parallèlement, les entreprises doivent investir dans la protection de l’environnement, la transformation numérique et l’automatisation.
De nombreuses entreprises s’efforcent d’ores et déjà d’investir dans la modernisation de leurs technologies afin d’élever leur niveau de transformation en profondeur.
La société par actions des minerais de Bac Kan achève actuellement l’aménagement du complexe industriel de Thanh Thinh en vue d’y construire une usine de production de zinc métallique par électrolyse en milieu alcalin, d’une capacité de 30 000 tonnes par an.
Il s’agira de la première installation au Vietnam à mettre en œuvre cette technologie.
Son directeur général, Dinh Van Hien, a déclaré : « l’usine devrait être mise en chantier en octobre 2026 et commencer sa production à la fin du deuxième trimestre 2027. Toutefois, notre principale préoccupation demeure le risque de pénurie de matières premières nécessaires à la transformation. C’est pourquoi nous demandons à la province d’inciter les entreprises minières à donner la priorité à l’approvisionnement des usines de transformation en profondeur implantées sur son territoire. »
Selon un représentant de la SARL Vonfram Masan, l’entreprise mène activement des études et prépare la mise en œuvre de trois axes d’investissement prioritaires : l’augmentation de la capacité de transformation de l’oxyde de tungstène ; la construction, en partenariat avec une entreprise européenne, d’une usine de production de poudre métallique de tungstène ; et la construction d’une usine de recyclage du tungstène.
En cas de succès, ces projets permettront de constituer un écosystème intégré couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur du tungstène, un modèle encore rare à l’échelle mondiale.
Thai Nguyen prévoit de continuer à privilégier une transformation plus poussée qu’aujourd’hui des minerais de plomb-zinc, de titane et de tungstène.
Pour la période 2026-2030, la feuille de route proposée prévoit d’achever ou de moderniser les technologies de transformation afin que les produits de plomb et de zinc atteignent le stade métallique avec une teneur d’au moins 99,95 % ; de produire des scories de titane de qualité stable ; de mener des essais à l’échelle du laboratoire sur des technologies de transformation permettant de produire du pigment de dioxyde de titane (TiO₂) ; ainsi que d’accroître la capacité de transformation de l’oxyde de tungstène et d’investir dans une usine de production de poudre de tungstène et une usine de recyclage du tungstène.
Pour la période 2031-2050, il est proposé d’accélérer la transition vers des complexes hydrométallurgiques de traitement du plomb-zinc fonctionnant sous pression et en flux continu, à l’instar des technologies mises en œuvre à l’échelle internationale ; d’approfondir la valorisation des résidus de traitement ; et de développer des produits dérivés.
Il est également prévu d’investir dans l’amélioration et la modernisation des technologies afin de produire du pigment de dioxyde de titane (TiO₂) et du titane métallique, notamment sous forme de titane spongieux. Des unités de transformation plus poussée devront ensuite être développées afin de fabriquer, à partir de ces produits, des produits industriels de haute qualité et à forte valeur ajoutée destinés notamment aux secteurs aéronautique, spatial, médical et chimique.
La province entend en outre accroître la capacité et l’efficacité de l’usine de production de poudre de tungstène afin de répondre aux besoins des industries des semi-conducteurs, de l’électronique, de l’aéronautique et du spatial, de la défense ainsi que d’autres secteurs industriels de haute technologie.
Selon Vuong Quoc Tuan, président du Comité populaire de la province de Thai Nguyen, l’enjeu consiste désormais à passer d’une logique d’exploitation des ressources minières à une logique de développement de produits.
La transformation en profondeur ne doit plus être considérée comme une simple opération de raffinage des matières premières, mais viser la création de produits technologiques à forte valeur ajoutée et une intégration plus poussée dans les chaînes d’approvisionnement des industries modernes.
Pour les projets d’investissement axés sur la transformation en profondeur et la fabrication de produits de haute technologie, la province étudiera des mécanismes de soutien appropriés.
Elle entend également faire évoluer ses modes de gestion afin de privilégier l’utilisation efficiente des ressources plutôt que la seule expansion des activités extractives.
Thai Nguyen prévoit ainsi d’adopter prochainement un plan de développement de l’industrie de transformation en profondeur des minerais afin de concrétiser ces objectifs.