Au-delà des idées innovantes ou des technologies avancées, les entreprises doivent démontrer la transparence de l’ensemble de la chaîne de valeur de leurs produits afin d’accéder aux marchés mondiaux et aux financements verts.
Dans la pratique, de nombreuses chaînes d’approvisionnement présentent encore des lacunes en matière de confiance, principalement en raison de données fragmentées, difficiles à vérifier et susceptibles d’être altérées. Lorsque les informations relatives à l’origine, aux processus de production ou au transport ne sont pas pleinement consignées, les entreprises éprouvent des difficultés à prouver la qualité, en particulier sur les marchés exigeants en matière de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).
Dans ce contexte, la technologie blockchain s’impose comme une « infrastructure de confiance » de l’économie numérique. Grâce à ses caractéristiques de stockage de données immuables, transparentes et vérifiables, elle permet de retracer l’ensemble du cycle de vie des produits, de la production à la distribution. Les entreprises peuvent ainsi mettre en place des systèmes fiables de traçabilité, renforçant leur crédibilité et leur compétitivité.
Au Vietnam, les exigences de transparence des chaînes d’approvisionnement deviennent de plus en plus marquées, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’alimentation et des produits locaux. Toutefois, de nombreux systèmes de traçabilité restent formels, se limitant à fournir des informations basiques via des codes QR, sans véritable capacité de vérification ni conformité aux normes internationales.
Certains modèles d’application de la blockchain ont déjà produit des résultats positifs, contribuant à accroître la valeur commerciale et à élargir les marchés des produits. Néanmoins, le principal défi réside dans le fait que la majorité des petites et moyennes entreprises – représentant plus de 97 % du total – rencontrent encore des difficultés à mettre en place des systèmes de données transparents, faute de normes communes et en raison de la dispersion des données.
Parallèlement à la blockchain, des technologies telles que l’intelligence artificielle (IA), le Big Data et l’Internet des objets (IoT) contribuent à la transformation numérique et à une gestion plus efficace des entreprises. Lorsque les données sont collectées et analysées en temps réel, les entreprises peuvent optimiser leurs ressources, réduire les coûts et améliorer la transparence de l’ensemble de leurs activités.
Outre les facteurs technologiques, le cadre institutionnel et les politiques publiques jouent également un rôle déterminant dans la promotion de l’entrepreneuriat vert. Des textes tels que la Loi sur la protection de l’environnement de 2020, les décrets d’application et, en particulier, la taxonomie verte nationale ont progressivement établi un cadre juridique pour le développement durable, tout en orientant les flux financiers vers des secteurs respectueux de l’environnement.
Toutefois, de nombreuses entreprises continuent de rencontrer des difficultés pour accéder aux financements verts, en raison du manque de données attestant de leurs impacts environnementaux et sociaux. Cela montre que la transparence des données ne constitue pas seulement une exigence technique, mais aussi un facteur déterminant pour la mobilisation des capitaux et l’intégration internationale.
À l’ère numérique, la confiance du marché repose sur des données vérifiables. Lorsque la transparence devient la norme, les entreprises de start-up vertes peuvent non seulement élargir leurs opportunités d’intégration dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, mais aussi se doter d’un avantage compétitif pour s’imposer dans l’économie verte.