Truong Sa, là où la foi touche la chair de la Patrie vietnamienne

Onze ans, trois voyages, un amour indéfectible. De retour de Truong Sa (Spatly, au Centre du Vietnam), mon cœur conserve intact le battement de la mer et une gratitude infinie…

L’auteur, lors de sa participation à la mission de travail no 10 pour visiter l’archipel de Truong Sa et les plateformes DK-I du 17 au 23 avril 2026. Photo : Ta Thuy Lien.
L’auteur, lors de sa participation à la mission de travail no 10 pour visiter l’archipel de Truong Sa et les plateformes DK-I du 17 au 23 avril 2026. Photo : Ta Thuy Lien.

Il y a onze ans, je quittais Truong Sa avec un jeune plant de badamier pris dans la paume de ma main et une promesse silencieuse enfouie au plus profond de moi.

Onze ans plus tard, ce germe de vie est devenu un arbre robuste, dont les racines se sont profondément ancrées dans la terre de Singapour, s’élevant fièrement et verdissant dans l’enceinte de l’ambassade du Vietnam à Singapour, comme une part vivante de la souveraineté sacrée en terre étrangère.

Ce retour, au milieu de l’immensité maritime, en respirant le sel caractéristique de la Mer Orientale, m’a fait comprendre une chose essentielle : ce n’est pas moi qui ai emporté un jeune plant au loin, mais Truong Sa qui a semé en nous, Vietnamiens de l’étranger, une « graine de foi » indestructible. Une vitalité puissante et pérenne de la nation, que ni le temps ni l’espace ne peuvent altérer.

Un pèlerinage vers le lieu le plus sacré de l’âme

Ce voyage n’était pas un simple trajet maritime, mais un pèlerinage vers le lieu le plus sacré de l’âme. Il existe des instants où les mots deviennent dérisoires face à la grandeur du réel.

Ce fut ce moment où mon cœur se serra, où ma poitrine vibra en voyant le drapeau national flotter au milieu de l’immensité bleue du ciel et de la mer.

Ce rouge éclatant, tels le sang et la chair, résonnait comme les battements de millions de cœurs vietnamiens unis au cœur de l’océan infini.

Chanter l’hymne national, porté par une fierté immense au milieu de Truong Sa, symbole de volonté et d’esprit indomptable, m’a donné la sensation de ne faire qu’un avec l’âme des montagnes et des fleuves de la Patrie.

Loin d’ici, la paix est parfois considérée comme allant de soi. Mais ce n’est qu’en se tenant ici, sous un soleil brûlant, dans la morsure du sel incrusté sur la peau, en touchant ces bornes de souveraineté dressées fièrement, que l’on comprend : chaque instant de paix a été payé par la jeunesse, par une discipline d’acier et par les sacrifices silencieux et anonymes des soldats en poste sur les îles.

Ces hommes ont choisi de se tenir aux avant-postes des tempêtes, assumant les épreuves les plus rudes pour offrir à ceux qui vivent loin de leur terre natale un point d’ancrage spirituel solide, permettant à chaque Vietnamien, où qu’il soit dans le monde, de garder la tête haute.

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L’auteur prend une photo à la plateforme DK-I/19 Que Duong. Photo : Ta Thuy Lien.

Quand la mer est calme, les cœurs se soulèvent

Tout au long du voyage, le moment le plus bouleversant pour moi et pour l’ensemble des participants fut sans doute la cérémonie commémorative des héros et martyrs tombés pour la défense de la souveraineté maritime et insulaire.

La mer, d’une étonnante tranquillité en cette saison, semblait retenir son souffle pour apaiser les âmes des soldats restés en mer.

Mais dans ce silence immense, le son du clairon funèbre n’en devenait que plus poignant, pénétrant chaque recoin de l’âme.

C’est la troisième fois que j’ai la chance de participer à cette traversée, et à chaque fois, l’émotion demeure la même, une boule au cœur indescriptible.

En observant les couronnes de fleurs, les chrysanthèmes et les petites grues en papier dérivant lentement sur l’eau limpide, j’ai compris que sous cette tranquillité reposaient les meilleurs fils de la Patrie, ayant offert leur jeunesse la plus précieuse à l’océan. Ils ne disparaissent pas : ils se transforment en mer et en ciel, en récifs coralliens protégeant les contours de la Patrie.

Trois fois debout sur le pont, trois fois mes larmes se sont mêlées à l’eau salée de la mer. Ce sacrifice nous rappelle que chaque parcelle de mer porte non seulement le sel de l’océan, mais aussi celui de la sueur et du sang des générations passées. Il nous pousse à vivre de manière à être dignes de ceux qui reposent au fond des océans, afin que le drapeau rouge à l’étoile jaune continue de flotter sur les vagues.

« Racines profondes, base solide » – L’intelligence tournée vers ses origines

En observant les badamiers et les arbres de scaevola toujours verdoyants malgré les roches et le sable corallien aride, résistant aux tempêtes, j’y ai vu le reflet de notre diaspora.

Où que nous soyons établis, quelle que soit la distance maritime, les « racines » intellectuelles et spirituelles des Vietnamiens restent profondément ancrées dans leur origine. Nous sommes comme des oiseaux migrant à travers les cinq continents, mais nos regards restent toujours tournés vers la mer Orientale.

Ce voyage est particulier, car nous portons une ambition de connaissance.

À mes côtés se trouvent des experts et des intellectuels de premier plan dans les technologies durables et les matériaux avancés.

Nous ne venons pas en simples visiteurs, mais pour affirmer une conviction : la distance géographique se mesure en milles nautiques, mais la responsabilité envers la Patrie, elle, n’a pas de distance.

Si les soldats défendent la souveraineté par leur courage et leur volonté, nous, les Vietnamiens de l’étranger, voulons utiliser le savoir comme « force arrière », apporter la technologie pour verdir Truong Sa et alléger les difficultés de la vie aux avant-postes de la mer.

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La mission de travail no 10 comprend 48 Vietnamiens de l’étranger venant de 22 pays, ainsi que des représentants d’institutions, d’organisations et d’entreprises, des artistes et des journalistes. Photo : Ta Thuy Lien.

Le phare dans la conscience et la promesse d’agir

Au moment des adieux, en voyant les mains saluer depuis le quai s’estomper dans la lumière et les embruns, une émotion indescriptible m’a submergé.

En quittant Trường Sa et les plateformes DK1 dressées dans la mer, je n’emporte pas seulement un souvenir ou une nouvelle pousse, mais un « phare » dans ma conscience.

Je me suis promis de continuer à être un pont durable, diffusant l’image solide de Truong Sa auprès de la communauté vietnamienne de Singapour et des amis internationaux.

L’amour de la Patrie et de la mer ne peut rester au niveau des émotions ou des paroles : il doit se transformer en actions concrètes et puissantes.

Je crois que chaque contribution intellectuelle, chaque projet technologique orienté vers ces lieux est une brique construisant la forteresse la plus solide pour défendre la souveraineté.

Merci à Truong Sa de m’avoir appris la résilience et la générosité de la mer. Merci aux soldats de m’avoir montré à quel point la Patrie est sacrée et grandiose.

Truong Sa restera debout grâce à ceux qui la protègent.

La Patrie continuera de s’élancer vers l’horizon grâce à l’union de millions de

cœurs battant à l’unisson du Vietnam.

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