Le temple dédié à Dao Tan, figure éminente de la culture vietnamienne, se trouve dans le hameau de Vinh Thanh, commune de Tuy Phuoc, province de Gia Lai (anciennement district de Tuy Phuoc, province de Binh Dinh, au Centre-Sud du Vietnam).
Les travaux de construction du temple ont débuté en 2015, sur la terre natale de Dao Tan. D’une superficie de près de 5 000 m² et représentant un investissement de plus de 9 milliards de dôngs, l’ouvrage a été achevé en 2016. Son architecture s’inspire des maisons communales traditionnelles du Centre du Vietnam, tout en intégrant harmonieusement des motifs artistiques associés au théâtre tuồng classique.
Dao Tan (1845-1907), dont le prénom d’usage était Chi Thuc et les noms de plume Mong Mai et Mai Tang, fut un mandarin intègre de la dynastie des Nguyen à la fin du XIXe siècle, ainsi qu’un dramaturge exceptionnel du théâtre tuồng vietnamien.
Tout au long de sa vie, Dao Tan consacra beaucoup d’énergie au hát bội, également appelé tuồng classique. Il écrivit de nombreuses pièces célèbres et contribua grandement à faire évoluer cet art, qui passa de la scène de cour à une forme artistique porteuse de profondes valeurs culturelles nationales.
Photo: vnexpress.net
Parmi ses œuvres les plus représentatives figurent « Mộng Mai Ngâm Thảo », « Hộ Sanh Đàn », « Lê Công Kỳ Án », « An Tư Công Chúa » et « Son Hau Dien Ca », qui restent aujourd’hui encore des classiques du théâtre tuồng vietnamien.
En raison de ses contributions exceptionnelles, les générations suivantes l’ont honoré du titre de « fondateur postérieur du théâtre tuồng vietnamien ».
Quelques masques représentant des personnages des pièces de tuồng de Dao Tan, notamment Trụ Vương dans « Trầm hương các », ainsi que Quan Công, Trương Liêu et Hạ Hầu Đôn dans « Quan Công quá quan ».
Copie du décret royal par lequel l’empereur Thanh Thai conféra à Dao Tan le titre de « Vinh Quang Tử (Le Maitre Glorieux)», en la 14e année du règne de Thanh Thai (1902).
Chaque année, le 15e jour du 7e mois lunaire, date anniversaire de la mort de Dao Tan, les autorités locales organisent une cérémonie commémorative, accompagnée de représentations de hát bội, afin de rendre hommage à ses grandes contributions à l’art national. C’est également l’occasion pour les artistes, les amateurs de tuồng et les visiteurs venus de différentes régions de se retrouver dans la terre natale de Dao Tan.
La porte du village de Vinh Thanh mène à l’ancien domaine lié à la vie de Dao Tan. Elle aurait été érigée vers 1785, sous le règne de Thai Duc, de la dynastie des Tay Son, avant d’être reconstruite en 1918, sous le règne de l’empereur Khai Dinh.
Malgré les nombreux changements survenus au fil du temps, la porte conserve encore des traces particulières. Sur sa face extérieure figurent l’inscription en français « Porte Du Village Du Vinh Thạnh » et l’inscription en caractères chinois « Vinh Thạnh Lý Môn », qui signifient toutes deux « Porte du village de Vinh Thanh ». Sur la face intérieure, l’inscription en français a été remplacée par l’expression vietnamienne « Cửa làng Vinh Thạnh ».
La coexistence de trois systèmes d’écriture — français, chinois et vietnamien — sur un même ouvrage témoigne du croisement entre l’architecture traditionnelle et les influences occidentales.
Autrefois, deux petits passages destinés aux piétons se trouvaient de part et d’autre de la porte principale. Ces passages secondaires ont disparu après la construction d’une clôture autour du hameau stratégique, vers les années 1960.
M. Dao Duy Phong, descendant de Dao Tan à la cinquième génération, se tient près du cycas à trois troncs planté par son ancêtre et des petits temples du jardin familial, l’un dédié au génie du sol et l’autre à la déesse du feu. Ces éléments constituent les rares vestiges encore conservés dans l’ancien domaine familial.
L’autel et une canne en bambou originale, que Dao Tan utilisait durant les dernières années de sa vie, sont conservés par M. Phong.
À la fin de sa vie, Dao Tan retourna dans sa terre natale, où il poursuivit son travail de création et ses contributions au théâtre tuồng. Il choisit le mont Huynh Mai, situé à environ 5 km du village de Vinh Thanh, comme lieu de repos éternel.