Pour la première fois, des scientifiques de l’Académie vietnamienne des sciences et des technologies sont parvenus à séquencer avec succès le génome mitochondrial à partir d’échantillons d’ossements humains anciens datant d’environ 2.000 ans.
Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour l’étude de l’histoire évolutive des populations humaines et fournissent des données génétiques précieuses, contribuant à éclairer les liens entre les populations anciennes et les populations modernes de la région.
Jusqu’à présent, les vestiges humains anciens découverts au Vietnam relevaient essentiellement de recherches archéologiques, avec un manque notable de données génétiques, laissant subsister de nombreuses zones d’ombre et débats quant à la reconstitution de l’histoire du peuplement et de l’évolution humaine.
Face à cette réalité, le docteur Hoang Ha, chef adjoint du Département de l’application et du déploiement technologiques de l’Académie vietnamienne des sciences et des technologies, et une équipe de l’Institut de biologie ont mené le projet intitulé « Séquençage génétique d’échantillons osseux archéologiques au Vietnam afin de fournir des informations génétiques pour les études sur la diversité biologique humaine et l’archéologie ».
L’un des acquis majeurs de cette recherche est le séquençage complet du génome mitochondrial de deux échantillons d’ossements humains anciens datant de plus de 2.000 ans, mis au jour sur le site archéologique de Dong Xa, situé dans la commune de Luong Bang, province de Hung Yen.
Les chercheurs ont obtenu un génome mitochondrial complet, avec un taux de couverture et un degré de précision élevés, répondant aux exigences des analyses ultérieures.
L’équipe poursuit l’application de cette méthode sur des ossements datant de la période de Da But, vieux de près de 6.000 ans. Les analyses montrent que ces individus appartiennent à un haplogroupe particulier, génétiquement proche des populations anciennes d’Asie du Sud-Est, mais aujourd’hui rare chez les Vietnamiens contemporains.