Une jeune femme Êđê modernise le brocart traditionnel

H’Loang Mlô, une jeune femme Êđê, modernise le brocart en associant motifs traditionnels et design contemporain. Non seulement elle crée des moyens de subsistance stables pour la communauté, mais elle contribue aussi à préserver et à diffuser les valeurs culturelles des Hauts Plateaux du Centre à l’international.

H’Loang Mlô avec ses produits de brocart. Photo : VOV.
H’Loang Mlô avec ses produits de brocart. Photo : VOV.

En visitant la boutique de brocart Mara un week-end, nous ressentons une atmosphère de travail animée, rythmée par le bourdonnement des machines à coudre et le claquement régulier des métiers à tisser, comme une mélodie familière des villages.

Sans formation professionnelle formelle, H’Loang Mlô, née en 1996, a commencé son parcours avec détermination et volonté. Tout en préservant le métier traditionnel, elle y insuffle une touche de modernité, transformant les tissus en robes de soirée, robes de mariée, manteaux ou encore accessoires adaptés aux tendances actuelles. Malgré l’évolution des styles, elle reste fidèle aux motifs et aux couleurs d’origine, afin que chaque création soit à la fois moderne et profondément ancrée dans l’identité culturelle de son peuple.

H’Lagi Mlô apprend le tissage auprès d’artisanes expérimentées.

H’Loang Mlô confie : « Au début de mon activité, j’ai dû faire face à de nombreuses difficultés, notamment des pressions financières. Il y a eu des moments où j’ai cru ne pas pouvoir continuer, mais, grâce à l’expérience acquise dans la vente en ligne et au soutien des aînées, j’ai trouvé la motivation pour persévérer. Pas à pas, j’ai construit et développé mon entreprise. Aujourd’hui, elle compte 7 employés principaux, 60 collaborateurs, ainsi que 8 ateliers de couture, 8 ateliers de tissage et 3 ateliers de production textile. Chaque personne perçoit un revenu stable allant de 3,5 à 10 millions de dôngs par mois. »

Parallèlement au développement de ses activités, H’Loang Mlô a également créé des opportunités d’emploi et soutient de nombreuses personnes en difficulté au sein de la communauté. H’Lagi Mlô, étudiante en deuxième année à l’Université des Hauts Plateaux du Centre, a pu surmonter son statut d’orpheline grâce à son aide et poursuivre ses études.

« Je remercie H’Loang de m’avoir toujours accompagnée et soutenue. En travaillant avec elle, j’ai mieux compris la valeur des costumes traditionnels de notre peuple Êđê. J’ai également découvert la finesse et la complexité des motifs tissés par les aînées. En outre, ce travail m’apporte un revenu qui me permet de financer mes études, de résoudre mes problèmes de transport et de logement, et ainsi de me concentrer sereinement sur mes études. J’espère qu’à l’avenir, davantage de personnes connaîtront et apprécieront les produits de brocart de notre peuple Êđê », confie H’Lagi Mlô.

Donovan Fink apprécie de porter le brocart Êđê.
Donovan Fink apprécie de porter le brocart Êđê.

Grâce à ses motifs raffinés, ses couleurs uniques et sa forte identité culturelle, le brocart des Hauts Plateaux du Centre attire de plus en plus l’attention des visiteurs internationaux. Donovan Fink, un touriste américain, partage son impression : « Je suis vraiment impressionné. Ces vêtements sont très confortables, et les motifs sont extrêmement délicats et magnifiques. Je suis très heureux de pouvoir les découvrir. C’est une tenue très belle et singulière. J’aimerais aussi en acheter une pour l’offrir à ma famille afin qu’elle puisse mieux comprendre cette culture. »

Au cœur d’un monde moderne en constante évolution, des jeunes comme H’Loang Mlô œuvrent discrètement pour préserver l’art du tissage traditionnel. Grâce à leur créativité, leur persévérance et leur volonté de promouvoir leur culture, le brocart Êđê continuera sans doute à affirmer sa place, devenant un pont entre les valeurs traditionnelles durables et le monde contemporain.

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