Conscients de l’importance de bâtir une « défense fondée sur le peuple », les gardes-frontières de la province de Lang Son considèrent la lutte contre la pauvreté et la garantie du bien-être social des populations frontalières comme une mission née du cœur du soldat, un devoir sacré contribuant à renforcer la solidarité entre l’armée et la population, et à préserver la souveraineté territoriale et la sécurité aux frontières.
Chargés de protéger plus de 231 km de frontière nationale, couvrant 11 communes et 285 villages — dont 72 frontaliers —, ces soldats interviennent dans une région où vivent plus de 118 000 habitants, majoritairement issus des ethnies Tay, Nung, Kinh et Dao. Malgré les progrès, cette zone reste marquée par de nombreuses difficultés.
Au plus près des habitants
Afin de renforcer l’ancrage local et le rôle de direction du Parti, 173 militaires ont été affectés à l’accompagnement de 709 familles à travers le modèle de participation aux activités des cellules villageoises. Fidèles au principe « être présents sur le terrain, partager la vie des habitants », ils vivent, travaillent et dialoguent avec la population, contribuant à améliorer les conditions de vie et à répondre aux attentes locales.
Dans la commune montagneuse de Mau Son, autrefois particulièrement défavorisée, le taux de pauvreté recule chaque année grâce à cet accompagnement. Des familles, comme celle de Trieu Phuc Vang, ont pu sortir de la précarité en se reconvertissant dans l’élevage et la culture de plantes médicinales, avec le soutien des gardes-frontières.
« Ils ne nous apportent pas seulement des ressources, mais aussi des connaissances et un accompagnement constant », témoigne-t-il, soulignant en retour l’engagement des habitants à participer à la protection des frontières.
Aider à s’installer pour mieux vivre
Depuis plus de deux décennies au service des zones frontalières, le lieutenant-colonel Do Van Phuc est convaincu qu’aider les habitants à se stabiliser est une condition préalable à leur développement. Avec ses hommes, il mobilise ressources et main-d’œuvre pour construire ou rénover des habitations, parfois dans des conditions extrêmement difficiles, transportant matériaux et équipements jusqu’aux zones reculées.
En 2025, près de 1,7 milliard de dôngs ont été mobilisés et plus de 1 000 journées de travail consacrées à la construction et à la rénovation de logements pour les populations locales.
L’histoire de la famille de Dinh Van Sinh, ancien combattant ayant vécu dans une grande précarité, illustre ces efforts. Grâce au soutien des soldats, il a pu emménager dans une maison solide. « Je n’aurais jamais imaginé vivre dans une maison comme celle-ci », confie-t-il avec émotion.
Construire une « frontière du cœur » solide
Au-delà du logement, les gardes-frontières contribuent activement à l’amélioration des infrastructures locales : écoles, terrains de jeux, systèmes d’eau potable, routes et éclairage public. Plus de 460 lampadaires solaires ont été installés, éclairant des dizaines de kilomètres de routes rurales.
Parallèlement, des centaines d’élèves en difficulté bénéficient d’un soutien éducatif, tandis que des milliers de familles reçoivent une aide régulière. En dix ans, les programmes mis en œuvre représentent un investissement total de plus de 83 milliards de dôngs.
Ces efforts ont permis de réduire significativement le taux de pauvreté, passé de 11,5 % en 2015 à moins de 2 % en 2025, transformant profondément le visage des zones frontalières.
Pour les habitants, la confiance est totale : « Les soldats sont toujours à nos côtés. Ensemble, nous protégeons la frontière et contribuons à la sécurité de notre région », témoigne Be Xuan Dai, secrétaire du comité du Parti et chef du village de Doan Ket.
Pour les autorités militaires, ces actions concrètes sont autant de « ponts » reliant l’armée et la population, renforçant une solidarité profonde et durable, au service de la paix et du développement des régions frontalières.