Réunissant plus de 200 joueurs issus de l’ensemble du pays, la compétition s’est disputée dans plusieurs formats : classique, rapide, blitz et bullet. Épreuve individuelle de référence, elle constitue également un critère déterminant dans la sélection de l’équipe nationale appelée à disputer les olympiades d’échecs 2026.
Six ans après son sacre à Hanoï, Luong Phuong Hanh retrouve le sommet de la hiérarchie nationale. Lors de la dernière ronde, disputée dans la matinée du 15 mars, la joueuse, née en 1983 et déjà assurée du titre, a choisi d’abréger sa partie face à la jeune Nguyen My Hanh An. Sans incidence sur le classement final, cette décision intervenait alors qu’elle avait d’ores et déjà sécurisé la première place une ronde avant le terme du tournoi.
Ce nouveau titre revêt une portée particulière. En novembre 2025, Luong Phuong Hanh devenait la septième Vietnamienne à se voir décerner par la Fédération internationale des échecs (FIDE) le titre de grand maître international féminin (WGM), jalon majeur dans une carrière de plus de deux décennies.
Avant elle, des figures telles que Nguyen Thi Thanh An, Hoang Thi Bao Tram, Le Thanh Tu, Pham Le Thao Nguyen, Nguyen Thi Mai Hung et Vo Thi Kim Phung avaient inscrit leur nom à ce palmarès.
Fait notable, Luong Phuong Hanh est la plus âgée des joueuses vietnamiennes titulaires de ce titre. Si ses performances dans les formats rapides sont restées en retrait cette année : 27e en rapide, 17e en blitz, sans participation au bullet, elle a en revanche pleinement exprimé sa maîtrise dans la cadence classique, où profondeur de calcul et vision stratégique font la différence. Elle y a dominé plusieurs adversaires plus jeunes, dont la tenante du titre Bach Ngoc Thuy Duong. Certes, l’absence de deux figures majeures, Pham Le Thao Nguyen et Vo Thi Kim Phung, a pu redistribuer les cartes, mais son succès n’en demeure pas moins incontestable.
Dans le tournoi masculin, les forfaits de deux piliers de la sélection, Nguyen Ngoc Truong Son et Le Tuan Minh, récent lauréat dans les formats rapides, ont contribué à rendre l’issue incertaine. En début de compétition, la tête du classement a changé de mains à plusieurs reprises, portée par une nouvelle génération de joueurs tels que Dang Anh Minh, Dang Hoang Son ou encore Pham Tran Gia Phuc. À partir de la sixième ronde, Banh Gia Huy s’est installé en tête, position qu’il n’a plus quittée jusqu’au dénouement.
À seulement 17 ans, le joueur originaire de Hanoï s’impose déjà comme l’un des espoirs les plus prometteurs des échecs vietnamiens. Deux ans plus tôt, il avait brièvement occupé la première place du classement national, une performance rare à un âge aussi précoce. L’émergence de profils comme le sien confirme le dynamisme de la relève.
L’année 2026 s’annonce particulièrement dense pour l’équipe nationale sur la scène internationale, avec en point d’orgue l’Olympiade d’échecs, la plus prestigieuse compétition par équipes, prévue en septembre en Ouzbékistan.
La composition de la sélection devrait être arrêtée au regard des performances enregistrées tout au long de la saison, notamment lors de ce championnat national. Entre impératif de compétitivité immédiate et volonté de préparer l’avenir, les échecs vietnamiens semblent désormais engagés dans une stratégie de développement à long terme. Les résultats obtenus sur la scène nationale, conjugués aux opportunités de confrontation internationale en 2026, pourraient permettre aux joueurs vietnamiens de consolider leur position et de progresser dans la hiérarchie mondiale.