VIETNAM : UN ROBOT IA POUR L’ARTHROPLASTIE ENTIÈREMENT ACTIVE

Le premier robot IA de nouvelle génération introduit au Vietnam permettra aux chirurgiens de réaliser des coupes osseuses d’une précision millimétrique, propulsant la qualité de la chirurgie de remplacement articulaire au plus haut niveau mondial.

Des médecins ont réalisé la première opération de remplacement du genou robotisée de nouvelle génération CUVIS-Joint au Vietnam. Photo: NDEL
Des médecins ont réalisé la première opération de remplacement du genou robotisée de nouvelle génération CUVIS-Joint au Vietnam. Photo: NDEL

Le robot CUVIS-Joint, déjà approuvé par la FDA (États-Unis) pour une utilisation sur le sol américain, fait du Vietnam le 9e pays au monde à posséder ce système chirurgical de pointe.

L’Hôpital général Tam Anh de Ho Chi Minh-Ville est le premier établissement médical au Vietnam autorisé à pratiquer l’arthroplastie à l’aide du robot à intelligence artificielle (IA) CUVIS-Joint. Ce système exécute de manière autonome de nombreuses étapes et manœuvres avec une précision exceptionnelle, augmentant ainsi l’efficacité et la sécurité des patients tout en optimisant la performance des chirurgiens.

Immédiatement après avoir reçu l'autorisation du Service de la Santé de Ho Chi Minh-Ville, l’hôpital a réalisé avec succès 20 interventions consécutives de remplacement articulaire assistées par ce robot. Les résultats montrent une précision opératoire supérieure, une réduction maximale de la douleur et une récupération rapide pour les patients.

T.T.H (74 ans) a été la première patiente opérée par le robot CUVIS-Joint. Souffrant de douleurs chroniques aux deux genoux depuis plus de 20 ans, elle marchait avec une immense difficulté malgré divers traitements (injections, kinésithérapie, herboristerie). Les radiographies ont révélé une arthrose de stade 4, avec une disparition quasi totale du cartilage et une déformation de l'axe du membre de plus de 10 degrés. Une arthroplastie du genou par robot CUVIS-Joint a été préconisée.

Dès le lendemain de l’opération, Mme H. pouvait déjà tendre la jambe, ressentait une nette diminution de la douleur et parvenait à accomplir ses gestes quotidiens seule. À peine trois jours plus tard, elle prévoyait déjà de faire opérer son second genou prochainement.

Selon le docteur Le Van Tuan, directeur du Centre d'Orthopédie et de Traumatologie, le CUVIS-Joint est le système robotique le plus récent spécialisé dans la chirurgie du genou et de la hanche. Il fonctionne de manière entièrement active selon un plan pré-approuvé par le chirurgien. Son efficacité et sa sécurité sont prouvées, notamment par la standardisation des paramètres opératoires, aidant le médecin dans les étapes les plus délicates et les plus éprouvantes physiquement.

Le robot assiste ou exécute directement la planification opératoire et les gestes nécessitant une « ultra-précision », particulièrement dans les zones d'accès difficile où l'œil et la main humaine, aussi experts soient-ils, atteignent leurs limites.

Grâce à sa capacité « anti-vibration » lors des manipulations fines, il minimise les risques de complications. De plus, il permet d'ajuster le plan en temps réel durant l’intervention (choix de la prothèse, taille, positionnement, équilibre des tissus mous), garantissant une sécurité optimale.

Jae-Jun LEE, PDG du fabricant CUREXO, indique que le robot CUVIS-Joint fait l’objet de suivis rigoureux depuis des années sur des dizaines de milliers d’interventions. À ce jour, sur plus de 35 000 opérations recensées dans le monde, aucune complication chirurgicale grave n’a été enregistrée.

Le docteur Dang Khoa Hoc, chef du service d'orthopédie générale, souligne qu'avec cette technique, les patients souffrent moins, sortent plus tôt de l'hôpital et retrouvent un axe de membre optimal. La mobilité (extension-flexion) est naturelle, au point que les patients oublient presque la présence d'une articulation artificielle.

Un autre point fort du CUVIS-Joint est sa plateforme ouverte (Open Platform), compatible avec des dizaines de types de prothèses haut de gamme provenant de divers pays (États-Unis, Corée du Sud, France, Allemagne, Japon…). Le chirurgien n'est pas lié à un fabricant spécifique, ce qui lui permet de choisir le matériau et la structure les mieux adaptés à l'anatomie et au budget de chaque patient.

Le logiciel d'IA dédié permet une planification opératoire « ultra-rapide » grâce à une imagerie 3D détaillée de l'anatomie du patient, assurant une précision chirurgicale absolue.

Le Professeur associé Tran Quang Binh, directeur médical du système hospitalier, affirme que cet investissement permet non seulement d'améliorer les résultats cliniques mais aussi de standardiser les techniques entre les chirurgiens, réduisant les erreurs subjectives pour s'aligner sur les standards internationaux les plus avancés.

Ngo Chi Dung, président du Conseil d’administration du Système d’Hôpitaux Généraux Tâm Anh, l’établissement s’efforce d’introduire au Vietnam des technologies et des équipements médicaux de pointe, parmi les plus modernes au monde. Cette démarche vise non seulement à servir la population locale, mais aussi à répondre aux besoins d’un nombre croissant de touristes internationaux venant se faire soigner au Vietnam.

Il s’agit d’une action concrète pour matérialiser les orientations du Parti, conformément aux Résolutions 57, 68 et 72, portant sur le renforcement de l’investissement dans la science, la technologie, l’innovation ainsi que sur le développement du secteur économique privé dans les domaines de la santé et des soins prodigués à la population.

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