Bien qu'elles représentent près de 98 % des entreprises en activité, les petites et moyennes entreprises (PME) vietnamiennes ne bénéficient que de 20 % de l'encours total des crédits de l'économie et continuent de faire face à un manque persistant de capitaux.
Dans le cadre de la Résolution n°68-NQ/TW du Bureau politique sur le développement de l’économie privée, de nombreux experts plaident pour une nouvelle approche du soutien, allant de l'amélioration du cadre institutionnel à la mise en place de nouveaux outils financiers adaptés aux spécificités des PME.
L'accès au financement demeure le principal obstacle pour les PME qui souhaitent développer leurs marchés, investir dans les technologies ou s'intégrer davantage aux chaînes de valeur.
Selon le ministère des Finances, environ 70 % d'entre elles peinent à obtenir des prêts bancaires, principalement en raison d'un manque de garanties.
Par ailleurs, les mécanismes de soutien existants, tels que les fonds de garantie de crédit, sont accompagnés de règles trop strictes en matière de préservation du capital, ce qui a entraîné une forte baisse des garanties accordées ces dernières années.
Les PME restent également limitées par leur faible capacité à bénéficier des politiques de soutien, plus de 93 % d'entre elles étant des petites et microentreprises disposant de ressources financières et humaines limitées.
Dang Huynh Uc My, vice-présidente de l'Association des PME du Vietnam (VINASME), estime que le soutien ne doit pas se limiter à résoudre des difficultés ponctuelles, mais qu'il doit favoriser la mise en place d'un écosystème de développement cohérent.
La VINASME s'attache ainsi à moderniser ses dispositifs d'accompagnement, notamment en encourageant la transformation des ménages exerçant une activité économique en entreprises formelles et en mettant en place des dispositifs « sandbox » adaptés à chaque secteur, ainsi qu'en mettant en œuvre des programmes destinés aux startups, à l'économie verte et aux entreprises créées par des femmes ou des personnes handicapées.
De son côté, Do Thien Anh Tuan, enseignant à l'Université Fulbright Vietnam, estime que le système financier actuel est principalement conçu pour les grandes entreprises, laissant peu de possibilités de financement aux petites structures, que ce soit sur le marché boursier ou dans le système bancaire traditionnel.
Selon cet expert, il est indispensable de restructurer le système financier en diversifiant les sources de financement et en renforçant les mécanismes de soutien afin de faciliter l'accès des PME aux capitaux.
Pour répondre à ces défis, le ministère des Finances propose de réviser la Loi sur le soutien aux PME.
Selon Nguyen Thi Bich Thuy, représentante du ministère, l'objectif est de passer d'un modèle fondé sur les garanties matérielles à une approche reposant sur l'analyse des flux de trésorerie, des données d'exploitation et de la valeur des chaînes d'approvisionnement.
Les banques seront ainsi encouragées à développer de nouveaux produits de crédit adaptés aux besoins des PME et à élargir les types de garanties acceptées afin de faciliter leur accès au financement.
En privilégiant la performance et la capacité de génération de revenus plutôt que les seules garanties, cette approche devrait améliorer l'accès des PME au financement, tout en favorisant l'investissement, l'innovation et la compétitivité du secteur privé, indique Nguyen Thi Bich Thuy.