Le développement de l'industrie des énergies renouvelables constitue l'un des piliers sur lesquels Gia Lai entend s'appuyer pour franchir un nouveau cap au cours de la période 2025-2030. Photo : congnghiepmoitruong.
Le développement de l'industrie des énergies renouvelables constitue l'un des piliers sur lesquels Gia Lai entend s'appuyer pour franchir un nouveau cap au cours de la période 2025-2030. Photo : congnghiepmoitruong.

Gia Lai accélère sa transition vers une économie verte

Afin d’anticiper l’arrivée d’investisseurs de grande envergure, les autorités provincialesde Gia Lai s’engagent à bâtir un écosystème complet reposant sur une stratégie articulée autour des piliers : les énergies vertes, les données propres, les technologies vertes et la protection sociale.

À l’heure actuelle, l’adoption de pratiques entrepreneuriales durables fondées sur les critères ESG (environnement, social et gouvernance) est devenue une condition de survie pour les entreprises à l’échelle mondiale.

Dans ce contexte, la communauté entrepreneuriale de la province de Gia Lai (dans les hauts Plateaux du Centre du Vietnam) intensifie sa transition écologique afin d’anticiper l’arrivée de flux d’investissements de qualité.

Une opportunité de franchir un nouveau cap

Dans l’économie contemporaine, les critères ESG ont dépassé le simple cadre de la responsabilité sociétale volontaire des entreprises pour s’imposer comme une exigence incontournable.

Cette évolution est d’autant plus marquée que les principaux marchés d’exportation, notamment l’Union européenne (UE), mettent en place des barrières techniques environnementales de plus en plus strictes, telles que le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF/CBAM) ou encore des exigences renforcées en matière de transparence de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

Face à ces enjeux, le gouvernement vietnamien a adopté une décision approuvant le Programme de soutien au développement d’entreprises durables pour la période 2026-2030. Celui-ci vise à accompagner près de 25 000 entreprises, ménages exerçant une activité économique et coopératives dans leur transition vers des modèles d’exploitation durables.

Les entreprises implantées dans la zone industrielle de Nhon Hoa, commune de Nhon Hoa (province de Gia Lai), accélèrent leur transition écologique afin de préserver leur place au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales. Photo : NDEL.
Les entreprises implantées dans la zone industrielle de Nhon Hoa, commune de Nhon Hoa (province de Gia Lai), accélèrent leur transition écologique afin de préserver leur place au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales. Photo : NDEL.

Pour les entreprises vietnamiennes, en général, et celles de Gia Lai, en particulier, l’absence d’une démarche proactive de verdissement des processus de production fait désormais peser un risque réel d’exclusion des chaînes d’approvisionnement mondiales pilotées par les groupes multinationaux.

À l’inverse, les entreprises qui intègrent rapidement les critères ESG bénéficieront d’un avantage concurrentiel significatif, accéderont plus aisément aux marchés les plus exigeants et consolideront la valeur de leur marque.

Selon Nguyen Huu Que, vice-président du Comité populaire de la province de Gia Lai, les atouts considérables de la province dans les secteurs de l’agriculture, de la sylviculture et des énergies renouvelables lui offrent une occasion unique de devenir une “destination verte” de premier plan sur la carte des investissements.

Les flux internationaux de capitaux privilégient désormais les territoires dotés d’un écosystème de production durable, faiblement émetteur de carbone et reposant sur une gouvernance transparente.

Promouvoir dès aujourd’hui les pratiques ESG permettra ainsi aux entreprises de Gia Lai de se positionner pour attirer des investissements de qualité, tout en favorisant une croissance économique vigoureuse qui ne se fera pas au détriment de l’environnement.

Une longue transition qui appelle un engagement collectif

Selon Nguyen Mai Hanh, responsable senior des affaires publiques au Vietnam et représentante de Syre Impact AB, les entreprises du secteur textile, confrontées aux contraintes financières liées à la mise en œuvre des critères ESG, devraient d’abord satisfaire aux exigences en matière d’efficacité énergétique, de gestion rigoureuse des matières premières et de réduction des déchets.

Les infrastructures logistiques vertes du port de Quy Nhon, dans le quartier de Quy Nhon (province de Gia Lai), constituent un atout majeur permettant aux entreprises de renforcer leur compétitivité sur les marchés internationaux. Photo : NDEL.
Les infrastructures logistiques vertes du port de Quy Nhon, dans le quartier de Quy Nhon (province de Gia Lai), constituent un atout majeur permettant aux entreprises de renforcer leur compétitivité sur les marchés internationaux. Photo : NDEL.

Ces mesures permettent non seulement d’améliorer leur performance environnementale afin de conserver la confiance des grandes marques internationales, mais aussi de réduire immédiatement les coûts de production, générant ainsi des bénéfices économiques directs.

Du point de vue de la recherche et du conseil en politiques publiques, le professeur associé et docteur Nguyen Hong Quan, directeur de l’Institut de recherche sur le développement de l’économie circulaire (ICED) de l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville, estime que les initiatives innovantes mises en œuvre à Gia Lai se heurtent encore à de nombreux obstacles institutionnels qui ralentissent les investissements des entreprises.

Selon lui, l’absence d’un cadre juridique complet place les autorités locales dans une situation d’incertitude, faute de textes d’application précis. Ainsi, bien que la banque d’État du Vietnam ait déjà établi une taxonomie verte, les entreprises peinent toujours à accéder aux financements verts ainsi qu’aux fonds destinés à l’innovation.

Le président du Comité populaire de la province de Gia Lai, Pham Anh Tuan, souligne que les grands marchés tels que l’UE et les États-Unis imposent désormais des exigences très strictes en matière de traçabilité ainsi que des taxes carbone élevées sur les produits agricoles et forestiers.

Si les entreprises locales ne font pas évoluer leur vision et n’adoptent pas les principes de l’économie circulaire, leurs coûts de production augmenteront sensiblement, avec un risque réel de faillite.

Dans cette perspective, la province proposera que le système bancaire cesse d’accorder des crédits aux entreprises ne disposant pas d’une feuille de route de transition écologique.

Parallèlement, elle préparera un plan de cessation des activités pour les unités dont les modes de production entraînent un gaspillage important des ressources naturelles et de fortes émissions polluantes.

En parallèle, Gia Lai entend promouvoir les technologies circulaires fondées sur le principe du « zéro déchet », consistant à transformer l’ensemble des sous-produits en ressources à forte valeur économique.

« Afin d’anticiper l’arrivée d’investisseurs de grande envergure, les autorités provinciales s’engagent à bâtir un écosystème complet reposant sur une stratégie articulée autour des piliers : les énergies vertes, les données propres, les technologies vertes et la protection sociale. Nous mettrons les technologies les plus avancées au service d’une résolution durable des défis environnementaux auxquels fait face l’industrie du recyclage », a affirmé Pham Anh Tuan.

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