À l’occasion de la clôture du XIVe Congrès national du Parti communiste du Vietnam, la sénatrice honoraire Hélène Luc, présidente d’honneur de l’Association d’amitié France–Vietnam, s’est entretenue avec le correspondant de l’Agence vietnamienne d’information (VNA) à Paris sur la portée du Congrès, près de quarante ans de Renouveau du Vietnam, ainsi que sur le rôle et la position croissants du pays sur la scène internationale.
Selon Hélène Luc, dans un contexte mondial marqué par des défis majeurs sans précédent , conflits armés, instabilité géopolitique, incertitudes économiques, urgences climatiques et environnementales, le XIVe Congrès du Parti communiste du Vietnam a apporté à la communauté internationale un « nouveau souffle ». Il démontre qu’un autre modèle de développement est possible, fondé sur la coexistence pacifique, la promotion du multilatéralisme, le respect mutuel entre les nations, ainsi que sur la science, le savoir et la richesse sociale mis au service de l’être humain.
Revenant sur le parcours du Vietnam depuis 1975, année de la réunification nationale, Hélène Luc a rappelé que certains estimaient autrefois que le pays aurait besoin de cent ans pour affirmer sa place dans le monde. Les faits ont infirmé ces prévisions. En cinquante ans, le Vietnam s’est hissé parmi les quarante premières économies mondiales. Pour elle, cette réussite illustre la vision stratégique, la détermination politique et la capacité de gouvernance du Parti et de l’État vietnamiens.
La sénatrice honoraire a souligné que ce tournant trouve son origine dans la politique du Renouveau (Dôi moi) lancée en 1986, issue d’un esprit d’autocritique lucide et courageux face aux limites du modèle antérieur. Cette réorientation opportune a ouvert une nouvelle phase de développement. La science y est devenue un moteur essentiel de la production. La diplomatie est placée au service de l’intérêt général. Le Vietnam a, dans le même temps, élargi de manière proactive ses relations avec l’ensemble des pays du monde.
À ce jour, le Vietnam a établi des relations diplomatiques avec la quasi-totalité des États. Il est reconnu comme un partenaire respecté et responsable, dont la voix pèse de plus en plus dans les affaires régionales et mondiales, notamment en matière de maintien de la paix et de stabilité.
Évoquant les acquis socio-économiques des dernières décennies, Hélène Luc a estimé qu’ils constituent une preuve convaincante de la pertinence du choix stratégique opéré en 1986. Avec une croissance actuelle d’environ 6,3 %, et des perspectives favorables pour les années à venir, le Vietnam a progressivement porté le revenu annuel moyen par habitant à près de 5 000 dollars. Le taux de pauvreté a été ramené à 1,3 %. Le pays s’est également fixé des objectifs sociaux à forte dimension humaniste, tels que la gratuité de l’éducation et des soins de santé à l’horizon 2030.
Selon elle, le fil conducteur de la politique de développement du Vietnam réside dans l’esprit « au service du peuple », visant à garantir le bien-être, la sécurité sociale et un développement durable pour l’ensemble de la société. Les grandes orientations définies par le XIVe Congrès – développement rapide et durable, modernisation institutionnelle, promotion de l’innovation scientifique et technologique, transformation numérique et croissance verte – continueront de renforcer l’attractivité et la compétitivité de l’économie vietnamienne aux niveaux régional et international.
Hélène Luc a particulièrement salué la coordination étroite entre les objectifs du gouvernement, le système universitaire et le milieu des entreprises, qu’elle considère comme un facteur déterminant de la réussite de la stratégie de développement. Grâce à une structure démographique favorable, à une main-d’œuvre jeune et qualifiée, ainsi qu’à de solides bases en mathématiques et en technologies, le Vietnam dispose, selon elle, d’atouts importants pour s’affirmer à l’ère de l’innovation et de l’intelligence artificielle.
Se projetant à l’horizon des dix à vingt prochaines années, en direction du centenaire de l’indépendance nationale, la sénatrice honoraire a exprimé sa conviction que le Vietnam continuera de « marcher aux côtés des grandes puissances des cinq continents ». Elle a souligné que cet esprit revêt une portée universelle, en contribuant aux efforts communs de l’humanité en faveur de la paix, du développement durable et du progrès social.