À Moscou, le pho vietnamien s’invite dans le quotidien

À Moscou, aller manger un pho est devenu une habitude pour de nombreux habitants. Des petites adresses de quartier aux grandes enseignes, la cuisine vietnamienne s’est progressivement fait une place dans le paysage gastronomique de la capitale russe.

Photo : VOV.
Photo : VOV.

À l’approche de la saison froide, les restaurants vietnamiens attirent une clientèle variée : employés de bureau à l’heure du déjeuner, jeunes couples et familles russes. Tous viennent savourer un bol de pho au bœuf fumant, des nems croustillants ou encore un smoothie à la mangue. Certains manient déjà les baguettes avec aisance, tandis que d’autres s’y essaient encore, séduits par les saveurs de cette cuisine venue des tropiques.

Selon les estimations de la communauté des entreprises vietnamiennes à Moscou, la ville compte aujourd’hui entre 500 et 600 restaurants vietnamiens, soit en moyenne un à deux établissements à proximité de chaque station de métro. Plusieurs enseignes ont développé leur réseau, parmi lesquelles Pho Bo, Ngon, Pho Viet, Pho City, Bo et Cyclo. Elles sont présentes jusque dans des quartiers très fréquentés, comme la vieille rue Arbat ou les abords du pont Pouchkine. Leur clientèle est majoritairement russe, et certains clients n’ont encore jamais visité le Vietnam.

Le succès du pho tient notamment à ses qualités : un plat simple, léger, nourrissant, servi en portions généreuses et à un prix abordable. En hiver, un bol de soupe bien chaud trouve naturellement sa place dans les habitudes des Moscovites.

Les échanges touristiques contribuent également à faire connaître cette cuisine. Au premier semestre 2026, le Vietnam a accueilli plus de 742 000 visiteurs russes, faisant de la Russie l’un de ses principaux marchés touristiques. De retour de vacances à Nha Trang, Phu Quoc ou Da Nang, certains retrouvent à Moscou les saveurs découvertes pendant leur séjour.

Des festivals pour faire rayonner la cuisine vietnamienne

La cuisine vietnamienne ne se limite plus aux repas du quotidien. Elle est aussi au cœur de manifestations culturelles de grande ampleur. À l’été 2025, le Festival de la culture vietnamienne organisé sur la place Manezhnaya, près de la place Rouge, a attiré 968 000 visiteurs en dix jours. Les stands de restauration n’ont pas désempli, témoignant de l’intérêt du public russe pour les spécialités vietnamiennes.

D’autres initiatives avaient déjà contribué à cet engouement. Le Festival de la cuisine de rue vietnamienne, organisé sur plus de 2 000 m² au sein du complexe multifonctionnel Hanoi-Moscow, avait rassemblé des dizaines de milliers de visiteurs. Au programme : découverte des spécialités des trois régions du Vietnam, dégustation de thé et de café, et initiation à l’usage des baguettes.

C’est également dans ce contexte qu’a été créé le Club de la cuisine vietnamienne de Moscou, destiné à favoriser les échanges entre restaurants et chefs vietnamiens, à améliorer la qualité des établissements et à contribuer à la préservation du patrimoine culinaire national.

Le complexe Hanoi-Moscow, un lieu de rendez-vous gourmand

Au sein de ce complexe, l’espace commercial rassemble plus de 20 restaurants et cafés proposant un large éventail de spécialités vietnamiennes, du Nord au Sud.

Parmi les restaurateurs, Le Phuong Hanh, propriétaire de deux établissements sur place, veille à préserver la recette familiale du pho et celle des nems grillés. Elle constate que des clients russes ayant voyagé au Vietnam reviennent régulièrement dans ses restaurants. En hiver, explique-t-elle, un bol de pho au bœuf bien chaud leur rappelle les saveurs appréciées pendant leurs vacances.

Le restaurant Net Hue, dirigé par Nguyen Phu Quoc, fait quant à lui découvrir la cuisine de l’ancienne cité impériale de Hue, avec des spécialités telles que les banh beo, les banh bot loc et le bun bo Hue. Son ambition est de faire connaître la culture de Hue au public russe, tout en offrant aux Vietnamiens expatriés un goût de leur pays natal.

Après leur repas, les visiteurs peuvent également se rendre au supermarché VietHouse, situé dans le même complexe, pour acheter des épices et des produits agricoles vietnamiens.

Des restaurants de quartier aux espaces gastronomiques structurés, la cuisine vietnamienne a ainsi gagné en visibilité à Moscou. Au-delà d’une activité commerciale portée par la communauté vietnamienne, elle constitue désormais un vecteur d’échanges culturels et un trait d’union entre les habitants des deux pays.

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