Dispensée par la docteure Mai Thu Quynh, enseignante de vietnamien et chercheuse expérimentée à l’Institut d’études Hán-Nôm du Vietnam, cette formation se déroulera sur huit semaines.
Organisé après sept années d’interruption, ce cours vise à faire découvrir aux étudiants cette écriture traditionnelle du Vietnam, à renforcer leur capacité à lire les textes anciens et à approfondir leurs connaissances de la langue, de la littérature et de la culture vietnamiennes.
Le Nôm est une écriture nationale qui s’est formée et développée au fil de l’histoire du Vietnam. Elle repose principalement sur l’emprunt et l'adaptation des formes, des prononciations et des sens des caractères chinois pour transcrire la langue vietnamienne. Elle a joué un rôle majeur dans la création littéraire et la transmission du patrimoine culturel national. Plusieurs œuvres classiques, dont le Truyen Kieu, ont été composées en Nôm. Cette écriture témoigne non seulement de l’évolution de la langue et de l’écriture vietnamiennes, mais conserve également les traces profondes des échanges culturels entre le Vietnam et la Chine.
Ces dernières années, l'intensification des échanges culturels entre les deux pays a suscité un intérêt croissant pour le patrimoine traditionnel vietnamien et l'étude des documents anciens. Toutefois, la complexité du Nôm et le temps nécessaire à son apprentissage constituent encore des obstacles à sa diffusion.
Selon Shao Chu Shuai, directrice du Centre d'études vietnamiennes de l'Université des langues étrangères de Pékin, ce cours vise à approfondir l'enseignement du vietnamien et les études vietnamiennes, en donnant aux étudiants accès aux textes traditionnels du pays. La maîtrise du Nôm leur permet de consulter directement les sources originales dans les domaines de la littérature, de l'histoire et de la pensée vietnamiennes, d'approfondir leur compréhension de l'évolution culturelle du Vietnam et d'élargir leurs perspectives de recherche.
L'université espère faire de cette formation de huit semaines un point de départ pour développer l'intérêt des jeunes pour le Nôm et le patrimoine écrit vietnamien. La participation d'enseignants et d'étudiants des deux pays devrait également favoriser les échanges interculturels et ouvrir de nouvelles perspectives de coopération universitaire et linguistique.
Pour Cao Tieu Nha, étudiante en troisième année de vietnamien, l'apprentissage du Nôm offre la possibilité de lire les œuvres classiques dans leur version originale, notamment le Truyen Kieu, étudié ce semestre dans le cadre du cours de littérature vietnamienne médiévale. Son camarade Lu Hien Lam considère également les études Hán-Nôm comme une voie importante pour préserver et approfondir la connaissance du patrimoine culturel vietnamien. Il souhaite notamment poursuivre l'apprentissage des méthodes de lecture, de transcription, de traduction et de vérification des textes anciens afin de contribuer à la préservation de ce patrimoine et aux échanges culturels entre les deux pays.
Cao Tieu Nha (gauche) et Lu Hien Lam, étudiants en troisième année de vietnamien à l’Université des langues étrangères de Pékin. (Photo : VI SA)
À travers ce type d'enseignement, l'étude du Nôm ouvre une voie d'accès privilégiée à la culture traditionnelle vietnamienne. Le développement de ces formations est appelé à susciter de nouvelles vocations parmi les jeunes, à former des spécialistes des textes anciens et à valoriser les précieux documents qui témoignent de l'histoire des échanges culturels entre le Vietnam et la Chine.