Les flux attendus cette année devraient privilégier des capitaux de haute qualité, à forte intensité technologique, à haute valeur ajoutée et à fort effet d’entraînement. Au-delà de leur contribution à un objectif de croissance à deux chiffres, ces investissements constituent un levier essentiel pour renforcer la compétitivité, stimuler l’innovation et soutenir un développement durable à long terme.
Selon les données du Département des statistiques du ministère des Finances, en janvier 2026, le total des IDE enregistrés au Vietnam a atteint 2,58 milliards de dollars, en baisse de 40,6 % sur un an. Toutefois, les décaissements affichent une dynamique positive : les capitaux effectivement réalisés se sont élevés à 1,68 milliard de dollars, en hausse de 11,3 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Au cours du mois, 349 nouveaux projets ont été autorisés, représentant 1,49 milliard de dollars de capitaux enregistrés, soit une augmentation de 23,8 % en nombre de projets et de 15,7 % en valeur.
L’industrie manufacturière et de transformation arrive en tête des nouveaux investissements, avec plus d’un milliard de dollars de capitaux enregistrés, soit 70,8 % du total des nouveaux engagements.
Le vice-ministre des Finances, Tran Quoc Phuong, souligne que pour atteindre une croissance à deux chiffres sur la période 2026-2030, la mobilisation de toutes les ressources d’investissement est essentielle, les IDE constituant un levier majeur. Le ministère élabore actuellement un projet de développement du secteur économique à capitaux étrangers ainsi qu’un programme d’attraction d’IDE de nouvelle génération, axé sur un cadre institutionnel et des politiques plus transparentes, attractives et compétitives.
Selon lui, les investisseurs constatent des avancées concrètes dans la préparation des conditions d’accueil des projets, notamment en matière de foncier, d’énergie et de ressources humaines. Le Vietnam s’est fixé pour objectif de former 50 000 ingénieurs et travailleurs hautement qualifiés dans les secteurs des hautes technologies et des semi-conducteurs.
La structure des flux d’IDE évolue par ailleurs vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée, notamment les hautes technologies, l’industrie verte, les énergies renouvelables et l’économie numérique. Le secteur énergétique se distingue particulièrement, avec plusieurs projets d’envergure proposés ou accélérés par des investisseurs étrangers, parmi lesquels un centre électrique au gaz naturel liquéfié (GNL) de 10 milliards de dollars à Ca Na, porté par un consortium d’investisseurs américains, sud-coréens et singapouriens, ou encore un projet de centrale GNL de 1 500 MW dans la province de Nghe An, envisagé par le groupe sud-coréen SK.
Dans un contexte de concurrence accrue pour attirer les IDE, le Vietnam opère une transition d’un modèle d’incitations généralisées vers des politiques plus ciblées et conditionnelles, destinées à capter des flux stratégiques tout en préservant les intérêts économiques de long terme. Le modèle d’IDE de nouvelle génération vise ainsi à renforcer les capacités technologiques nationales, à encourager l’innovation et à soutenir la transition durable.
Chaturon Thipphiansak, directeur général adjoint de SCG Vietnam, estime que les entreprises doivent adopter des stratégies de localisation et renforcer leur capacité d’adaptation face aux fluctuations économiques mondiales, à la hausse des coûts énergétiques et aux exigences accrues en matière de normes ESG. Selon lui, cette transformation représente une opportunité pour promouvoir des produits durables, une gouvernance responsable et des partenariats solides au service de la croissance verte du Vietnam.
De son côté, la ville de Da Nang poursuit l’amélioration de son environnement d’investissement, accélère la réforme administrative et la transformation numérique de la gestion publique. Dans un contexte de réorientation des flux mondiaux d’IDE vers des modèles plus durables et innovants, la ville ambitionne de capter une nouvelle vague d’investissements, notamment dans les hautes technologies, les centres de recherche et développement (R&D) et les services à forte valeur ajoutée.
Pham Duc An, président du Comité populaire de Da Nang, affirme que la ville entend consolider son rôle de pôle de développement du Centre du pays, avec un accent sur les hautes technologies, l’entrepreneuriat innovant, la création d’un centre financier international et d’une zone de libre-échange, tout en continuant à développer le tourisme et les services. L’attraction des investissements, en particulier étrangers, figure parmi les priorités stratégiques.
Selon plusieurs experts économiques, pour renforcer l’attractivité des IDE de qualité en 2026, le Vietnam devra poursuivre la simplification des procédures administratives et garantir un cadre politique plus transparent, cohérent et favorable aux investisseurs.
En 2026, le pays entre ainsi dans une « nouvelle ère des IDE », où l’objectif ne se limite plus à l’afflux de capitaux, mais s’étend à l’acquisition de technologies, de compétences managériales, de standards ESG et à l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales. Au-delà d’un moteur de croissance, ces investissements constituent un socle stratégique pour améliorer la compétitivité nationale et soutenir une trajectoire de développement durable.