Compétences numériques : un levier essentiel du développement humain à l'ère de l'IA

Selon le Rapport sur le développement humain 2025 des Nations Unies, le Vietnam affiche un IDH de 0,766, se classant 93e sur 193 pays et territoires et intégrant le groupe des pays à développement humain élevé.

Des étudiants réalisent des analyses de cellules sanguines au microscope optique pour le diagnostic clinique des animaux. Photo : VNA.
Des étudiants réalisent des analyses de cellules sanguines au microscope optique pour le diagnostic clinique des animaux. Photo : VNA.

Cette réalité impose d’accorder une attention accrue aux compétences numériques dans le développement humain. Associer le développement de l’être humain à celui de la culture, de l’éducation, de la santé, mais aussi de la science, de la technologie et de l’innovation constitue une condition essentielle pour assurer un développement rapide et durable du pays.

La vision du Parti en matière de développement humain repose de manière constante sur le principe selon lequel les citoyens sont au cœur des politiques publiques. Toutes les politiques doivent partir des droits, des intérêts légitimes et du bien-être de la population, tandis que le niveau de satisfaction et de confiance des citoyens constitue un indicateur clé du développement.

Les documents du 14e Congrès national du Parti soulignent la nécessité de « valoriser au maximum le facteur humain ; l’être humain est à la fois le centre, l’acteur, la principale ressource et l’objectif du développement ».

Selon le Rapport sur le développement humain 2025 des Nations unies, intitulé « Une affaire de choix : individus et possibilités à l'ère de l'intelligence artificielle », l’indice de développement humain (IDH) du Vietnam a atteint 0,766, plaçant le pays dans la catégorie des nations ayant un niveau élevé (93e rang sur 193 pays et territoires). Ce résultat reflète les efforts remarquables du Vietnam dans la transformation numérique et l’application de l’IA, ainsi que l’engagement du gouvernement en faveur du développement humain.

À l’ère du numérique, la technologie, les connaissances, les données et l’innovation deviennent les principaux moteurs de la croissance. Outre la science, la technologie et l’innovation, la qualité des institutions et des ressources humaines constitue désormais un avantage compétitif majeur pour les nations.

Cette évolution est étroitement liée aux politiques de développement humain intégral.

Cependant, le développement humain est également confronté à de nombreux défis.

Parmi eux figurent l’aggravation de la fracture numérique, le manque de compétences numériques et de capacités d’adaptation, les questions liées à l’éthique, à la culture et à la personnalité dans l’environnement numérique, les risques concernant les données personnelles, la vie privée et la sécurité numérique, ainsi que la dépendance croissante à la technologie qui peut réduire l’autonomie des individus.

Dans ce contexte, le renforcement des compétences numériques apparaît comme une solution efficace.

Selon le professeur associé et docteur Bui Quang Tuan, ancien directeur de l’Institut de l’économie vietnamienne et mondiale (Institute of Vietnam and World Economy), le développement humain intégral consiste à élargir de manière équilibrée et durable les capacités fondamentales de l’être humain dans les domaines physique, intellectuel, professionnel, spirituel, moral, social, culturel, numérique et civique.

Dans le contexte de la transformation numérique, le développement humain ne peut plus être évalué uniquement à travers la santé, l’éducation ou les revenus. Il doit également prendre en compte la qualité de l’emploi, la santé mentale, les compétences numériques, la résilience face aux crises, la sécurité des données, la protection de la vie privée et la capacité à maîtriser l’IA.

Alors que l’IA s’impose progressivement dans tous les aspects de la vie, avec des conséquences potentiellement importantes sur le développement humain, une approche globale des politiques publiques s’avère nécessaire.

Les politiques de développement humain doivent accorder une priorité particulière à la réforme de l’éducation et au développement des compétences, en mettant davantage l’accent sur les capacités, les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques (STEM), les langues étrangères, les compétences numériques, l’esprit critique, la coopération et l’apprentissage tout au long de la vie.

Les politiques industrielles, d’innovation, de transformation numérique, de transition verte et d’investissement doivent viser à améliorer la qualité des capacités humaines et non seulement leur quantité.

La transformation numérique ne se limite pas à l’application des technologies numériques dans les activités socio-économiques. Elle représente également l’émergence d’un nouveau mode de production moderne, dans lequel l’être humain, en tant que force productive, doit interagir harmonieusement avec l’IA.

Se limiter à l’IDH traditionnel n’est plus suffisant. Il convient de mettre en place un système d’évaluation multidimensionnel intégrant non seulement les revenus, l’éducation et la santé, mais aussi l’environnement, les conditions de vie, l’accès aux services, la participation sociale et la qualité de vie.

L’intégration des compétences numériques dans l’évaluation du développement humain intégral s’impose ainsi comme une nécessité dans le contexte actuel de transformation numérique et d’essor de l’intelligence artificielle.

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