La culture devient un vecteur de rencontre, de dialogue et de partage avec les publics locaux, favorisant de nouveaux liens.
La musique comme espace de rencontre
Au Théâtre de l’Athénée de Bucarest, le Concert d’amitié Vietnam-Roumanie, organisé à l’occasion du 81e anniversaire de la Fête nationale du Vietnam, a fait de la musique un langage commun. Des artistes vietnamiens se sont produits aux côtés de l’Orchestre symphonique de Bucarest et du quatuor Placello. Les mélodies « Vers Hanoï », « Hanoï, douze mois fleuris », « Aspiration au pays natal » et « Retour à Sorrente » se sont succédé, tandis que le dan bau (instrument traditionnel vietnamien à une corde) et les sonorités musicales vietnamiennes ont résonné sur une scène internationale.
L’ambassadeur du Vietnam en Roumanie, Le Vinh Thang, a estimé que les échanges culturels pouvaient également ouvrir la voie au commerce, à l’investissement et au tourisme, contribuant à renforcer le rayonnement et l’image du pays. Le concert est le fruit d’une coopération entre l’ambassade du Vietnam, le ministère roumain de la Culture et la société vietnamienne Cello Fundamento.
Le chercheur Pavel Suian, auteur de « Le Vietnam merveilleux », a considéré que le programme constituait une étape contribuant à approfondir les relations bilatérales et susceptible de donner un nouvel élan à la coopération économique.
À Udon Thani, l’ao dai est devenu un vecteur d’échanges à travers le premier concours « Miss Ao Dai Vietnam-Thaïlande », réunissant plus de 31 candidates des deux pays. La présence de candidates âgées de 72 et 76 ans montre que l’ao dai (robe traditionnelle vietnamienne) peut être un point de rencontre entre plusieurs générations.
Le consul général du Vietnam à Khon Kaen, Dinh Hoang Linh, a souligné qu’au cours des 50 années de relations diplomatiques Vietnam-Thaïlande, la culture avait joué un rôle particulier pour favoriser la compréhension mutuelle. Le concours ne se réduit pas à un défilé, il constitue un espace d’échanges communautaires, où la culture se prolonge à travers la gastronomie, la musique et les arts populaires et contemporains.
L’ambassadeur du Vietnam en République tchèque, Duong Hoai Nam, a souligné que l’ao dai, la gastronomie traditionnelle et les arts permettent aux amis internationaux de mieux percevoir la profondeur de la culture, de l’histoire et de l’âme vietnamiennes, favorisant compréhension, sympathie et liens avec les pays d’accueil.
Du patrimoine exposé au dialogue
À Dar es-Salaam, l’ambassade du Vietnam en Tanzanie a organisé une table ronde intitulée « Hô Chi Minh, un parcours patrimonial : la pensée de Hô Chi Minh et la coopération pour le développement entre le Vietnam et l’Afrique de l’Est ». Le programme a présenté la vie et l’œuvre du Président Hô Chi Minh et placé ces valeurs au cœur d’échanges entre diplomates, universitaires, enseignants, entreprises et jeunes générations.
Partant de l’histoire des luttes pour l’indépendance, les participants ont échangé sur l’éducation, la recherche, la transformation numérique, l’agriculture, la formation professionnelle et les liens entre les jeunes. L’ambassadrice du Vietnam en Tanzanie, Vu Thanh Huyen, a souligné que les valeurs d’indépendance nationale, de solidarité internationale et de progrès humain présentes dans la pensée de Hô Chi Minh pouvaient encore constituer un point de rencontre avec les pays africains. Les échanges d’étudiants et d’enseignants, les recherches conjointes et les réseaux de jeunes peuvent contribuer à créer des liens durables entre le Vietnam et l’Afrique de l’Est.
À Prague, l’exposition « Le Président Hô Chi Minh, un parcours de connexion et de diffusion de l’esprit de solidarité internationale » présente quelque 150 photographies et documents, dont des documents sur sa visite en Tchécoslovaquie en 1957. Les images du Président Hô Chi Minh rencontrant les habitants de Prague, visitant des ouvriers et plusieurs sites tchécoslovaques racontent une étape de l’histoire du Vietnam tout en ravivant une mémoire commune aux deux peuples, créant un lien entre passé et présent.
Diversifier les récits sur le Vietnam
Au Pakistan, le « Carnet de prison » du Président Hô Chi Minh a été traduit pour la première fois en ourdou et publié avec sa version anglaise. La présentation à l’Académie des lettres du Pakistan a réuni des chercheurs, écrivains, poètes, traducteurs, lecteurs pakistanais ainsi que des représentants diplomatiques de plusieurs pays.
La présidente de l’Académie des lettres du Pakistan, Najeeba Arif, a considéré la traduction et la publication du recueil en ourdou comme une étape importante de la coopération culturelle et littéraire et des échanges entre les peuples. L’ambassadeur du Vietnam au Pakistan, Pham Anh Tuan, a exprimé l’espoir que cette version en ourdou permette aux lecteurs, notamment aux jeunes générations, de mieux comprendre le Président Hô Chi Minh et le Vietnam.
L’écrivain pakistanais Imdad Akash, qui s’est rendu deux fois au Vietnam, a évoqué Hô Chi Minh comme un symbole de courage, de détermination, d’autonomie, de résilience et d’aspiration à l’indépendance et à la liberté. Il a cité et commenté plusieurs poèmes du « Carnet de prison », dont il a également récité des extraits en ourdou. À travers la langue pakistanaise, l’œuvre vietnamienne entre ainsi dans la vie culturelle locale par un processus de traduction, de réception et de réinterprétation.
En août, le programme « J’aime ma Patrie », organisé par le consulat général du Vietnam à Luang Prabang en coordination avec le Comité central de l’Union de la jeunesse du Vietnam, a associé éducation aux traditions et échanges entre jeunes. Près de 500 enfants, dont des orphelins, ont bénéficié d’examens et de conseils médicaux, de médicaments et de cadeaux. Les jeunes des deux pays ont échangé sur la construction de leur avenir, leur insertion professionnelle, l’entrepreneuriat et la sécurité communautaire.
Le consul général Vu Ngoc Ly a estimé que le programme contribuait à concrétiser l’amitié Vietnam-Laos, à renforcer les échanges entre les peuples et les liens entre les jeunes des deux pays. Les autorités et les habitants de Luang Prabang ont salué cette initiative et exprimé leur émotion face à la participation de jeunes médecins vietnamiens.
Ces initiatives montrent que les espaces culturels de la diplomatie s’élargissent tant par leurs formes que par leurs modes d’approche. Cette orientation s’inscrit dans l’esprit de la Résolution no 80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne dans la nouvelle période, qui souligne le rôle des représentations diplomatiques et de la communauté vietnamienne à l’étranger dans la promotion de la culture nationale.
La Stratégie de diplomatie culturelle à l’horizon 2030, avec une vision jusqu’en 2045, vise à renforcer le soft power culturel, à favoriser une intégration internationale active et à mobiliser les ressources du réseau des représentations vietnamiennes à l’étranger. Celles-ci doivent aller au-delà de leur rôle d’« adresses diplomatiques » pour devenir des espaces culturels vivants, où le Vietnam peut être découvert, ressenti et raconté à travers des voix multiples.