Je suis devenue citoyenne vietnamienne

Le 23 juin 2026 restera une date particulière dans la vie de Hastie Gonzalez Brizaida, originaire de Cuba. Ce jour-là, elle a reçu la décision lui accordant la nationalité vietnamienne. Désormais prénommée Tran Ngoc Linh, elle jouit pleinement des droits et assume les obligations attachées à la citoyenneté vietnamienne.

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Hastie Gonzalez Brizaida, originaire de Cuba, reçoit la nationalité vietnamienne. (Photo : fournie par l’intéressée)

Vêtue d’un ao dai blanc et le visage rayonnant, Hastie Gonzalez Brizaida a livré avec émotion, dans un vietnamien parfaitement maîtrisé, son témoignage. Elle n’a pu retenir ses larmes en évoquant les plus de treize années qu’elle a passées à vivre, travailler et fonder une famille dans un pays auquel elle est depuis longtemps profondément attachée. À ses côtés, sa famille, ses proches ainsi que des représentants de l’ambassade de Cuba au Vietnam étaient présents pour partager ce moment de bonheur. Elle a confié ses souvenirs à un journaliste du magazine Thoi Dai.

« C’est l’un des moments les plus émouvants de ma vie. J’ai versé des larmes car, après plus de treize années à vivre, travailler et contribuer au Vietnam, je suis enfin officiellement devenue citoyenne du pays que j’ai toujours aimé.

Pour beaucoup, il ne s’agit peut-être que d’une décision juridique. Pour moi, c’est aussi la reconnaissance de tout un parcours d’attachement. Cuba est le pays où je suis née, tandis que le Vietnam est ma seconde patrie, celle où j’ai poursuivi ma vie, fondé ma famille et réalisé mes rêves.

Cette histoire a commencé lorsque j’étudiais encore la médecine à Cuba. C’est là que j’ai rencontré mon mari, un étudiant vietnamien venu lui aussi y suivre des études de médecine. Notre amour nous a conduits au mariage, puis nous avons fondé notre famille à Cuba.

En 2013, mes enfants et moi avons suivi mon mari lorsqu’il est rentré au Vietnam. D’abord pays encore nouveau pour moi, le Vietnam est peu à peu devenu une terre où ma vie a pris racine. Nous y travaillons tous les deux dans le domaine médical, élevons nos quatre enfants et avons construit notre foyer à Hanoi.

Plus de treize années se sont écoulées et ma vie est devenue toujours plus étroitement liée au Vietnam. Pour moi, le Vietnam n’est plus simplement le pays de mon mari ni celui que j’ai choisi pour y vivre : il est désormais une partie de ma vie et de mon avenir.

Le Vietnam ne m’a pas seulement offert un foyer, mais aussi la possibilité de développer ma carrière, d’élever mes enfants et de grandir en tant que personne.

En tant que médecin, avant d’obtenir la nationalité vietnamienne, je me consacrais principalement à soutenir l’activité professionnelle de mon mari et je rencontrais certaines limites lorsque je souhaitais mener mes propres projets. Ainsi, devenir citoyenne vietnamienne ne représente pas seulement une étape juridique : c’est aussi le début d’une nouvelle étape dans ma vie et mon travail.

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Hastie Gonzalez Brizaida entourée de sa famille et de ses proches. (Photo : fournie par l’intéressée)

Après avoir obtenu la nationalité, j’ai pu faire établir ma carte d’identité, ouvrir un compte bancaire et gagner en autonomie dans de nombreuses démarches du quotidien. Ces changements, qui peuvent sembler modestes, m’ont donné un sentiment très concret : celui d’avoir véritablement acquis un nouveau statut sur cette terre à laquelle j’ai choisi de m’attacher durablement.

Je souhaite continuer à développer mon activité dans le domaine de la santé, apporter ma contribution grâce à mes compétences et devenir un petit trait d’union entre mes deux patries, le Vietnam et Cuba.

Je ne pense pas pouvoir accomplir des choses extraordinaires, mais j’ai toujours souhaité être un petit pont entre le Vietnam et Cuba. À travers mon travail dans le domaine de la santé, j’espère pouvoir transmettre de belles valeurs et faire mieux connaître la culture et les peuples des deux pays. Si, chaque jour, je peux accomplir une bonne action et contribuer, à mon échelle, à renforcer l’amitié Vietnam-Cuba, ce sera déjà pour moi un grand bonheur.

Les Vietnamiens sont très chaleureux, sincères et affectueux. Lorsqu’ils apprennent que je suis Cubaine, ils évoquent souvent avec fierté l’amitié entre les deux pays. Cela m’émeut profondément, car je constate que l’affection du Vietnam pour Cuba reste présente dans le cœur de nombreux citoyens ordinaires.

Chaque fois que je vois le Vietnam soutenir Cuba par des dons, des denrées alimentaires, des médicaments ou de sincères paroles d’encouragement, je suis profondément émue. Il ne s’agit pas seulement d’une aide matérielle, mais aussi de l’expression des liens entre deux peuples, tissés au fil des générations. Je serai toujours reconnaissante au Parti, à l’État et au peuple vietnamiens pour cette solidarité.

Ainsi, si je devais écrire une lettre intitulée “Cher Vietnam”, le premier mot que je voudrais prononcer serait : “Merci”. Merci au Vietnam de m’avoir ouvert grand ses bras et accueillie comme l’une de ses filles. Merci de m’avoir offert un second foyer, un lieu où aimer, contribuer et réaliser mes rêves.

Je porte toujours dans mon cœur mes deux patries : Cuba, le pays où je suis née, et le Vietnam, celui qui m’a offert un second foyer. Je continuerai à vivre, travailler et contribuer de mon mieux pour être digne de l’affection que les deux peuples m’ont témoignée. »

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