À 6 h 25 chaque matin, le parc Le Thi Rieng porte encore les traces de la terre fraîchement retournée. Alors que les habitants commencent à venir faire leur exercice quotidien, les cadres et soldats de l’équipe K74 (Commandement militaire de Hô Chi Minh-Ville) se préparent discrètement pour une nouvelle journée consacrée à la recherche et au rapatriement des restes des martyrs.
Avant de rejoindre la zone de recherche et de récupération des restes des martyrs, les cadres et soldats de l’équipe K74 se recueillent et rendent hommage aux martyrs. Ce rituel est observé quotidiennement depuis le début de la mission de l’équipe sur ce site.
Le lieutenant-colonel Le Ngoc Ha, chef de l’équipe K74, indique que l’unité accomplit sa mission avec « la plus grande urgence, la plus grande détermination, la plus grande prudence et la plus grande minutie », sans faire relâche, y compris les week-ends. Les cadres et soldats mettent à profit chaque jour et chaque heure pour élargir la zone de recherche, avec le souhait de ramener les martyrs auprès de leurs camarades et dans leur terre natale, contribuant ainsi à la mise en œuvre efficace de la politique de reconnaissance et de gratitude envers ceux qui ont contribué à la Patrie.
Selon le lieutenant-colonel Le Ngoc Ha, pour ceux qui accomplissent directement cette mission, il ne s’agit pas seulement d’un travail, mais aussi d’un « ordre venu du cœur ».
Dans la zone B, après que la pelleteuse à chenilles a retourné la couche superficielle du sol, les soldats de l’équipe K74 commencent à traiter minutieusement chaque couche de terre en dessous.
Le sol de la zone de recherche du parc Le Thi Rieng est fortement compacté. Avec patience, les soldats creusent et retirent la terre à la main, enlèvent couche après couche, avec la plus grande précaution, à la recherche de traces des restes des martyrs.
De nombreux restes sont superposés et imbriqués entre plusieurs individus. Les opérations d’exhumation sont donc menées selon une méthode « par bandes successives ». Chaque couche de terre est soigneusement dégagée et triée afin de limiter les risques de confusion.
Le soldat Vu Duc Tam, de l’équipe K74, se souvient encore de la première fois où il a fait remonter les restes d’un martyr à la surface au parc Le Thi Rieng.
« La première fois que j’ai vu la bâche, j’ai compris qu’il y avait un martyr. Nous sommes tous restés silencieux pendant quelques secondes. Une fois l’emplacement confirmé, chacun s’est davantage concentré, en faisant tout son possible pour effectuer les recherches le plus rapidement possible », raconte Vu Duc Tam.
Les restes exhumés des tranchées funéraires du parc Le Thi Rieng sont ensuite transportés vers la zone destinée au prélèvement et à la conservation des échantillons.
Des bouteilles d’eau sont disposées juste à côté de la zone de travail. Les soldats profitent de quelques instants pour boire, essuyer leur sueur, puis reprennent minutieusement leurs recherches, à la recherche de chaque fragment des restes des martyrs.
Avant d’être affecté à l’équipe K74, le soldat Huynh Viet Toan, né en 2003 à Hô Chi Minh-Ville, servait au Régiment Gia Dinh. Au début de sa mission de recherche, de rapatriement et d’identification des restes des martyrs, Toan reconnaît avoir été « assez peu familiarisé avec ce travail ».
Plus il comprend la signification de la « Campagne des 500 jours et nuits », plus il se sent honoré de pouvoir contribuer à ramener les martyrs auprès de leurs familles.
Après plus de 60 jours passés sur le terrain, Toan s’est progressivement habitué à son travail et a acquis de l’expérience auprès des autres équipes K. Pour lui, ce qui le préoccupe le plus n’est ni la chaleur ni les pluies imprévisibles, mais le temps qui lui reste avant la fin de son service militaire, qui s’écoule rapidement.
À environ quatre mois de sa démobilisation, Toan souhaite mettre chaque journée à profit pour poursuivre les recherches avec ses camarades, retrouver davantage de martyrs et ramener « ces oncles et ces anciens » auprès de leurs familles.
L’heure à laquelle l’équipe K74 termine sa journée de travail n’est pas fixe et dépend généralement de la situation concrète sur le terrain.
Certains jours, les soldats ne découvrent les restes d’un martyr qu’à l’approche de la fin de la pause de midi, voire en fin d’après-midi ou dans la soirée. Malgré cela, ils restent déterminés à achever l’exhumation le jour même.
Lorsque la pluie tombe, les forces déploient des bâches et installent des parasols pour protéger le site ainsi que les restes qui viennent d’être découverts.
« Au cours des opérations de recherche, de rapatriement et d’identification des restes des martyrs au parc Le Thi Rieng, les cadres et soldats de l’équipe K74 s’efforcent toujours d’accomplir au mieux leur mission. Ils maintiennent leur sens des responsabilités et leur détermination pour la période à venir », affirme le lieutenant-colonel Le Ngoc Ha.
Toutes les étapes, de l’excavation et du sondage à la découverte, à l’exhumation et au transfert des restes vers le mémorial, sont assurées par les forces de l’équipe K74, dans le respect des exigences de rigueur scientifique, de prudence, de minutie et de sécurité.
Le lieutenant-colonel Le Ngoc Ha reste constamment aux côtés des cadres et soldats, suivant de près chaque étape du travail et dirigeant directement les opérations de recherche et de rapatriement des restes des martyrs.
Pour le lieutenant-colonel Le Ngoc Ha, chaque reste retrouvé n’est pas seulement le résultat d’un travail de recherche, mais aussi un rappel du sacrifice consenti par les générations précédentes.
Il souhaite que les soldats de l’équipe K74 et les jeunes générations gardent toujours à l’esprit que la vie paisible dont nous bénéficions aujourd’hui a été acquise au prix du sang et des ossements de leurs aînés. Il les appelle ainsi à chérir la paix, à s’efforcer d’étudier et de se former, et à vivre avec davantage de responsabilité envers le pays.
Le lieutenant-colonel Le Ngoc Ha souhaite également que les personnes qui connaissent ou détiennent encore des informations sur les lieux où des martyrs sont tombés et ont été initialement inhumés, mais dont les restes n’ont pas encore été rapatriés, les communiquent aux autorités compétentes.
« Une information fournie au bon moment peut ouvrir une nouvelle piste de recherche, aider les forces concernées à localiser plus rapidement le site et permettre à ceux qui y sont restés pendant de nombreuses années de retrouver leurs camarades et leurs familles », souligne-t-il.