Vietnam-France : la technologie au cœur de nouvelles coopérations

La visite officielle en France du secrétaire général du PCV et président de la République, To Lam, devrait donner un nouvel élan aux relations bilatérales, en favorisant le passage d’une coopération centrée sur le commerce de marchandises à une coopération davantage axée sur les technologies de pointe.

Mme Tran Ha My (première à droite) participe à la Conférence de dialogue politique de haut niveau sur les nouveaux modèles de croissance, l’innovation et les villes mondiales, en juillet 2026 à Da Nang, au Centre du Vietnam. Photo : VNA.
Mme Tran Ha My (première à droite) participe à la Conférence de dialogue politique de haut niveau sur les nouveaux modèles de croissance, l’innovation et les villes mondiales, en juillet 2026 à Da Nang, au Centre du Vietnam. Photo : VNA.

La visite officielle en France du secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) et président de la République, To Lam, devrait donner un nouvel élan aux relations franco-vietnamiennes, en favorisant le passage d’une coopération centrée sur le commerce de marchandises à une coopération davantage axée sur les technologies de pointe.

Selon Mme Tran Ha My, présidente de l’Association des jeunes entrepreneurs vietnamiens en Europe (VYBE), le Vietnam se trouve à un tournant de son modèle de croissance. Pour atteindre une croissance à deux chiffres sur la période 2026-2030, la productivité du travail devra progresser de 8,5 % par an et la contribution de la productivité totale des facteurs (PTF) passer d’environ 47 % actuellement à plus de 55 %. Dans ce contexte, la visite en France revêt, selon l’experte, une portée particulière. La France dispose de compétences technologiques susceptibles d’aider le Vietnam à améliorer sa PTF.

La visite officielle, qui coïncide avec la participation au Sommet international sur l’espace et s’inscrit dans le cadre du Partenariat stratégique global établi en 2024, témoigne d’une évolution des priorités, avec une place accrue accordée aux technologies de pointe.

Sur le plan des investissements, Mme Tran Ha My met en avant cinq grands domaines susceptibles d’ouvrir de nouvelles perspectives aux capitaux et technologies français.

Le premier concerne les infrastructures ferroviaires à grande vitesse. L’expertise française, notamment autour du TGV et d’Alstom, pourrait contribuer au projet de ligne ferroviaire à grande vitesse Nord-Sud, à travers des financements mais aussi des transferts de technologies dans les matériaux, la signalisation et l’électrification.

Le deuxième domaine concerne l’énergie nucléaire. En 2024, l’Assemblée nationale vietnamienne a décidé de relancer le projet de centrales nucléaires de Ninh Thuan, suspendu depuis huit ans. La France dispose d’une expertise de premier plan dans ce secteur, notamment à travers EDF et Framatome. Selon Mme Tran Ha My, les exigences en matière de sûreté nucléaire et de normes techniques nécessitent une coopération entre gouvernements, au-delà des seuls contrats commerciaux.

Dans les semi-conducteurs et l’industrie numérique, le Vietnam s’est doté d’un nouveau cadre juridique destiné notamment à favoriser les investissements de long terme dans la recherche et le développement.

Le quatrième domaine concerne les technologies spatiales ainsi que les industries de la défense et de l’aéronautique, qui correspondent directement aux compétences d’Airbus, de Thales et des instituts français de recherche spatiale.

Le cinquième domaine concerne les centres financiers internationaux et les mécanismes d’expérimentation encadrée dans le domaine de la fintech. La présence croissante de Proparco, filiale de l’Agence française de développement (AFD), illustre notamment le développement des financements verts au Vietnam.

Ces cinq domaines figurent tous dans le Plan d’action 2026-2028 du Partenariat stratégique global Vietnam-France, qui doit permettre aux deux pays de passer du cadre de coopération à la mise en œuvre de projets concrets.

Au-delà des capitaux et des technologies, Mme Tran Ha My souligne la nécessité de mieux mobiliser les compétences de la communauté vietnamienne en France, qui compte plus de 400 000 personnes, dont plus de 60 000 intellectuels. Elle préconise de structurer davantage les programmes de formation et de transfert de technologies autour d’objectifs précis, et de les accompagner de mécanismes de financement permettant de transformer les connaissances en applications concrètes.

VNA/NDEL
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