L'évènement, organisé conjointement par le ministère des Sciences et des Technologies, le Bureau du coordonnateur résident des Nations Unies (UNRCO) et le Bureau des Nations Unies pour les technologies numériques et émergentes (ODET), a réuni des responsables, des représentants d’organisations internationales et des experts afin de renforcer la coopération internationale, de réduire les écarts de capacités et de promouvoir une gouvernance de l’IA sûre et inclusive.
Elle s’inscrit dans le contexte de l’adoption du Pacte numérique mondial lors du Sommet de l’avenir des Nations Unies, en septembre 2024, qui a établi le Réseau de renforcement des capacités en IA (AICDN).
Depuis juillet 2026, le Vietnam figure parmi les 26 premiers pays et organisations à avoir rejoint ce réseau.
Les conclusions des discussions seront compilées et transmises aux Nations Unies afin de contribuer officiellement à la deuxième session du Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, prévue à New York en mai 2027.
Dans son allocution, le vice-ministre des Sciences et des Technologies, Tran Trung Tinh, a souligné que les capacités nationales en IA, notamment en matière de ressources humaines, d’infrastructures, de financement et de formation, étaient essentielles pour concrétiser les principes de gouvernance.
À cet effet, le Vietnam a adopté en décembre 2025 une Loi sur l’intelligence artificielle, entrée en vigueur le 1er mars 2026, fondée sur une gestion par niveaux de risque et une approche centrée sur l’humain.
Le Vietnam a également approuvé sa Stratégie nationale en matière d’IA à l’horizon 2030, avec une vision pour 2045. Il poursuit une approche équilibrée reposant sur trois piliers : le cadre institutionnel et les politiques publiques, les ressources humaines et les talents, ainsi que les infrastructures de données associées à l’écosystème des start-up.
Dans un message vidéo diffusé depuis les Nations Unies, Amandeep Singh Gill, secrétaire général adjoint des Nations Unies et envoyé spécial pour les technologies numériques et émergentes, a salué la démarche consistant à passer des principes mondiaux à leur mise en œuvre concrète.
Il a affirmé qu’aucun pays ne pouvait assurer seul une gouvernance efficace de l’IA sans disposer de capacités nationales solides.
Ces capacités ne constituent pas seulement une exigence de développement, mais aussi une condition essentielle de gouvernance permettant de comprendre, d’évaluer et de choisir les solutions technologiques adaptées.
Au nom des Nations Unies au Vietnam, Jonathan Wallace Baker, chef du bureau de l’UNESCO au Vietnam, a souligné le paradoxe d’un accès aux possibilités offertes par l’IA concentré dans un petit nombre de pays, ce qui risque d’accentuer les écarts de développement.
Il a insisté sur le fait que l’accès aux technologies ne suffisait pas : les pays devaient également développer leurs capacités à les utiliser, à les évaluer et à participer à leur gouvernance afin que l’IA serve l’intérêt général.
Le chef du bureau de l’UNESCO au Vietnam a proposé trois questions directrices aux participants : quelles capacités concrètes faut-il développer, comment renforcer l’efficacité de la coopération interrégionale et comment mettre en place des mécanismes de financement durables ?
Il a également souligné que le développement des capacités en IA devait toujours aller de pair avec la confiance et le contrôle humain.
Le docteur Tran Anh Tu, directeur adjoint du Département des technologies numériques et de l’intelligence artificielle du ministère des Sciences et des Technologies, a présenté en détail le cadre de gouvernance de l’IA du Vietnam.
Il a indiqué que le pays classait les systèmes d’IA en trois catégories de risque : élevé, moyen et faible.
Le Vietnam impose des obligations de transparence, notamment l’étiquetage des contenus audio, visuels et vidéo générés par l’IA, et clarifie les responsabilités des acteurs tout au long de la chaîne de valeur.
Il dispose également du portail ai.vn, d’un cadre éthique de l’IA dans le secteur public et de mécanismes d’expérimentation contrôlée (sandbox).
Le docteur Tran Anh Tu a proposé trois axes de coopération internationale : la formation pratique des fonctionnaires et des entreprises, l’élaboration d’outils communs d’évaluation de la gouvernance et le renforcement de la coopération en matière de recherche et d’expérimentation contrôlée.
Le dialogue interrégional sur le renforcement des capacités en intelligence artificielle a réaffirmé le rôle proactif et responsable du Vietnam dans la coopération numérique mondiale, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de collaboration concrète.
Cette initiative devrait aider les pays en développement à renforcer progressivement leurs capacités nationales, afin de passer d’une position de simples consommateurs de technologies à celle d’acteurs participant activement à leur co-création et contribuant à un avenir numérique sûr et durable.