Réunissant ingénieurs, experts en IA, entreprises technologiques et membres de la communauté vietnamienne de la baie de San Francisco, la rencontre a porté sur l’essor de l’IA agentique, ses effets sur la productivité et l’emploi, les exigences de sécurité liées à son autonomie croissante, ainsi que les possibilités de connecter les ressources technologiques aux besoins de développement du Vietnam.
Le consul général, Hoang Anh Tuan, a indiqué que cette rencontre s’inscrivait dans les activités de diplomatie technologique du Consulat général, visant notamment à mettre en relation experts, ingénieurs, entrepreneurs et intellectuels vietnamiens de la Silicon Valley, à favoriser le partage des connaissances et à rechercher des possibilités de coopération avec le Vietnam.
Pham Huong Son, consule chargée des sciences et technologies, a présenté les politiques de financement du ministère des Sciences et des Technologies en faveur de la recherche, de l’application et du développement de l’IA.
Les échanges ont porté sur le passage de l’IA générative à l’IA agentique. Selon Nam Vo, ingénieur senior en apprentissage automatique chez Pinterest, l’IA générative produit principalement des textes, des images ou du code à la demande, tandis que l’IA agentique peut recevoir un objectif, décomposer une tâche, utiliser les outils autorisés, exécuter plusieurs étapes et vérifier les résultats.
Avec une exécution plus rapide et moins coûteuse, la capacité humaine à fixer des objectifs, à juger et à évaluer les résultats gagne en importance. Pour Thien An Mai, ingénieur logiciel senior chez Meta Platforms, une IA agentique doit non seulement traiter l’information, mais aussi comprendre le contexte, utiliser les outils appropriés et pouvoir planifier, agir, vérifier et ajuster ses actions.
L’IA peut notamment aider à synthétiser des réunions, préparer des rapports, rechercher des informations, analyser des données, programmer ou suivre des tâches. Son adoption ne garantit toutefois pas automatiquement une hausse de la productivité. Les organisations doivent définir les tâches, préparer les données, délimiter les actions autorisées et vérifier les résultats.
Thai Hoang, ingénieur senior en apprentissage automatique chez Roblox, a souligné que la baisse du coût et du temps de développement rend les nouvelles fonctionnalités plus faciles à reproduire. L’expérience, les relations avec les clients, les données issues des retours d’expérience, la connaissance des cas particuliers et la confiance deviennent ainsi des atouts difficiles à copier. La concurrence se déplace dès lors de « qui peut construire ? » vers « qui peut apprendre plus vite ? ».
L’autonomie croissante de l’IA renforce parallèlement les exigences de sécurité. Trung Phan, ingénieur logiciel chez Google, a analysé les risques liés à l’accès de l’IA aux données, aux comptes, aux outils et aux environnements en ligne. Une erreur commise par un système capable d’agir peut avoir des conséquences bien plus importantes qu’une simple réponse erronée.
Il est donc nécessaire de définir clairement les actions autorisées, leurs limites et les situations nécessitant une intervention humaine. Les tâches à faible risque, vérifiables et réversibles peuvent être davantage automatisées, tandis que les décisions concernant les données sensibles, les finances, les clients ou les systèmes critiques doivent rester soumises à des mécanismes d’approbation et de supervision humaines.
Ces exigences concernent également la diplomatie technologique. Avec la généralisation de l’IA dans les entreprises, les administrations et les systèmes essentiels, la coopération internationale porte désormais aussi sur la confiance, les normes, la sécurité des données et la gouvernance technologique.
Lu Thanh Long, président de MISA, et Nguyen Van Phuong, PDG de Viettel USA, ont partagé l’expérience de leurs entreprises dans l’application de l’IA et leurs activités sur le marché américain, soulignant l’importance de l’innovation, des partenariats et de la valorisation de l’expérience internationale au service du Vietnam.
Selon le consul général Hoang Anh Tuan, la diplomatie technologique doit créer des connexions concrètes entre les ressources technologiques internationales et les besoins de développement du Vietnam. L’IA peut aider le pays à « avancer plus vite, voire à franchir certaines étapes dans certains domaines », mais cela suppose de développer conjointement les ressources humaines, les données, les infrastructures de calcul, les entreprises technologiques et les applications adaptées.
L’une des missions de la diplomatie technologique est ainsi de « construire des passerelles » entre ingénieurs, experts, entreprises et investisseurs vietnamiens de la Silicon Valley et leurs partenaires au Vietnam. L’objectif est de transformer ces réseaux en coopérations concrètes dans les domaines des connaissances, des ressources humaines et des technologies, afin de rapprocher durablement les ressources de la Silicon Valley des besoins de développement du Vietnam.