Les propositions ont notamment souligné la nécessité de mettre rapidement en place une base de données numérique des intellectuels et entrepreneurs vietnamiens à l’étranger ; de renouveler les modes de communication en fonction des besoins et des attentes des communautés ; mais aussi d’activer les réseaux de jeunes intellectuels et de valoriser le rôle des religions traditionnelles comme des canaux importants pour établir des liens, rassembler les communautés et renforcer la grande union de la nation vietnamienne à l’étranger.
Mettre rapidement en place une base de données numérique des experts, intellectuels et entrepreneurs vietnamiens à l’étranger
L’ambassadeur du Vietnam au Japon, Pham Quang Hieu, estime que la Résolution n° 23-NQ/TW du Bureau politique constitue une évolution majeure de la réflexion et une revalorisation de la politique à l’égard des Vietnamiens à l’étranger, avec une exigence accrue : mobiliser et valoriser pleinement les ressources de la communauté vietnamienne à l’étranger afin de contribuer au développement du pays dans la nouvelle période.
L’expérience du Japon montre, selon lui, qu’il s’agit à la fois d’une orientation et d’une nécessité urgente. Aujourd’hui, plus de 700 000 Vietnamiens vivent sur l’ensemble du territoire japonais, faisant de cette communauté la deuxième plus importante communauté étrangère au Japon.
Environ 30 % sont des intellectuels, des experts et des étudiants, tandis que plus de 50 % sont des travailleurs, des ingénieurs et des stagiaires.
La communauté vietnamienne au Japon compte notamment quelque 1 000 intellectuels et scientifiques hautement qualifiés qui jouent un rôle important dans de nombreux domaines.
Parmi eux figurent près de 300 professeurs et professeurs associés appartenant aux générations nées dans les années 1970 et 1980, qui travaillent dans des universités, des instituts de recherche et des entreprises technologiques de premier plan au Japon, dont beaucoup dans des secteurs technologiques stratégiques.
En particulier, une génération d’entrepreneurs vietnamiens se développe activement au Japon.
De nombreuses entreprises sont passées du commerce traditionnel aux secteurs des hautes technologies, de la transformation numérique, de l’intelligence artificielle, de la logistique et des technologies auxiliaires.
Dans le seul secteur des technologies de l’information, quelque 100 entreprises vietnamiennes sont actuellement implantées au Japon, pour un chiffre d’affaires annuel d’environ un milliard de dollars.
Elles constituent une force importante pour relier les investissements, les technologies et les marchés des deux pays.
Sur cette base, l’ambassadeur Pham Quang Hieu a formulé trois recommandations :
Premièrement, les organes de représentation vietnamiens à l'étranger doivent identifier et rassembler de manière proactive les experts et les entrepreneurs afin de constituer des réseaux par secteur.
Elles doivent les mettre en relation avec les collectivités locales et les entreprises nationales, tout en assurant un suivi et un accompagnement permettant de transformer ces initiatives en programmes de coopération à long terme.
Deuxièmement, il convient de mettre en place à l’échelle mondiale un réseau d’experts et d’intellectuels vietnamiens à l’étranger, en lien avec les besoins de développement du pays et ses secteurs de haute technologie.
Les groupes d’experts déjà constitués, notamment dans le domaine des semi-conducteurs, doivent être mis à profit comme noyaux de connexion et permettre d’élargir la coopération avec les associations professionnelles dans le monde.
Troisièmement, il est nécessaire de mettre rapidement en place une base de données numérique regroupant les experts, scientifiques, entrepreneurs et réseaux de Vietnamiens à l’étranger, afin de permettre aux représentations diplomatiques, aux ministères et aux administrations de prendre l’initiative pour établir des contacts, mobiliser et utiliser efficacement ces ressources.
Une stratégie globale fondée sur une vision à long terme
Impressionné par les nouvelles orientations et approches concernant le travail auprès des Vietnamiens à l’étranger définies par la Résolution n° 23-NQ/TW, l’ambassadeur du Vietnam en République tchèque, Duong Hoai Nam, souligne que la Résolution élève d’abord la réflexion :
il ne s’agit plus simplement de rassembler, de mobiliser et de prendre soin de la communauté, mais de l’accompagner et de créer des mécanismes permettant de mobiliser davantage les ressources des Vietnamiens à l’étranger dans le processus d’intégration internationale, ainsi que dans la construction et le développement du pays.
« La Résolution n° 23-NQ/TW accorde une priorité particulière à la mobilisation des intellectuels et des experts vietnamiens à l’étranger pour participer au processus de construction et de développement du pays, en prévoyant notamment des conditions de rémunération appropriées et un environnement de travail transparent », souligne l’ambassadeur Duong Hoai Nam.
Il se dit en accord avec l’approche de la Résolution n° 23-NQ/TW et affirme que les Vietnamiens à l’étranger constituent une partie inséparable de la communauté des peuples du Vietnam, une ressource stratégique majeure, un pont entre le Vietnam et le monde, et un acteur accompagnant le pays dans son œuvre de construction, de développement et de défense nationale.
Selon lui, pour concrétiser cette vision, il est nécessaire d’élaborer rapidement une stratégie globale fondée sur une vision à long terme, en mobilisant la participation de l’ensemble du système politique et des ressources appropriées.
Cette mission ne peut relever de la seule responsabilité d’une représentation diplomatique, d’une association ou du ministère des Affaires étrangères : elle nécessite une mobilisation coordonnée de l’ensemble du système.
En République tchèque, la communauté vietnamienne est considérée par les dirigeants du pays d’accueil comme un modèle d’intégration réussie.
Depuis le 3 juillet 2013, elle est officiellement reconnue comme l’une des minorités nationales de la République tchèque.
De nombreuses entreprises vietnamiennes y exercent leurs activités avec efficacité et jouissent d’une bonne réputation au sein de la communauté et de la société locales, ainsi qu’en Europe.
La communauté vietnamienne accorde une attention particulière à la préservation de la langue maternelle auprès des jeunes générations.
L’ambassade du Vietnam, en coordination avec les associations concernées, organise de nombreuses activités, parmi lesquelles le Concours 2026 de valorisation de la langue vietnamienne, prévu le 12 septembre et qui compte déjà quelque 700 participants inscrits.
L’ambassade coopère également à la mise à disposition de manuels scolaires et de bandes dessinées en vietnamien dans les bibliothèques et les fonds de livres destinés à la communauté.
Trois universités tchèques enseignent actuellement le vietnamien, tandis que deux établissements d’enseignement secondaire de deux régions expérimentent cette matière, a indiqué l’ambassadeur Duong Hoai Nam.
Ces initiatives contribuent à préserver la langue vietnamienne et l’identité culturelle chez les jeunes Vietnamiens de République tchèque. Elles constituent précisément la base permettant à la communauté vietnamienne de République tchèque, avec les communautés vietnamiennes à travers le monde, de contribuer à la mise en œuvre de la mission politique définie par la Résolution n° 23-NQ/TW.
La tradition, un atout pour rassembler la communauté
Le consul général du Vietnam à Houston, Hoang Thuy Duong, indique que la communauté vietnamienne aux États-Unis compte actuellement entre 2,2 et 2,4 millions de personnes, soit environ un tiers de l’ensemble des Vietnamiens vivant à l’étranger.
Les Vietnamiens sont présents dans tout le pays, avec de fortes concentrations en Californie (près de 40 %), au Texas (12 %), en Floride (4 %) et en Virginie (3 %), ainsi que dans des centres politiques, économiques, culturels et technologiques tels que Washington D.C. et New York.
Quelque 30 000 étudiants vietnamiens poursuivent actuellement leurs études aux États-Unis, soit 2,2 % de l’ensemble des étudiants internationaux.
Les Américains d’origine vietnamienne figurent parmi les groupes d’immigrés les mieux intégrés, environ 78 % d’entre eux ayant obtenu la nationalité américaine.
Dans l’ensemble, la communauté préserve bien son identité culturelle, le vietnamien restant largement utilisé, notamment dans les zones où la population vietnamienne est fortement concentrée.
Selon Hoang Thuy Duong, ces dernières années, les représentations vietnamiennes aux États-Unis ont mené de manière coordonnée leurs actions en faveur des Vietnamiens à l’étranger : information sur la situation et les politiques du pays, organisation d’activités culturelles et de rassemblement communautaire, soutien aux Vietnamiens souhaitant retourner au pays, y investir ou y faire des affaires, ainsi qu’aide face aux difficultés provoquées par les catastrophes naturelles et les épidémies.
La mobilisation des ressources de la diaspora a également été renforcée à travers la mise en relation dans les domaines de l’intelligence, des sciences, de l’investissement, de l’éducation et de la philanthropie, ainsi que par le développement des relations Vietnam – États-Unis.
Dans un contexte où les États-Unis renforcent le contrôle de l’immigration, les représentations vietnamiennes continuent de coopérer avec les autorités locales et d’intervenir auprès d’elles afin de créer des conditions favorables pour la communauté.
Hoang Thuy Duong estime également que les lieux de culte traditionnels peuvent constituer des points de connexion efficaces, car ils offrent des espaces permettant de rassembler une communauté diverse et que la parole des responsables religieux y exerce une certaine influence.
Il a proposé trois groupes de solutions :
Premièrement, il faut poursuivre le perfectionnement des politiques et des mécanismes destinés à encourager les Vietnamiens à l’étranger à investir, à contribuer et à valoriser leurs ressources intellectuelles.
Deuxièmement, il importe de renforcer les échanges en ligne et la collecte des avis de la diaspora, notamment des jeunes générations, tout en développant des programmes d’enseignement du vietnamien en ligne adaptés.
Troisièmement, il est essentiel de mettre en place des politiques novatrices afin de renforcer la solidarité et de faire de la communauté vietnamienne aux États-Unis une ressource au service du développement du pays.
À la lumière de ces propositions, faire entrer la Résolution n° 23-NQ/TW dans la vie quotidienne doit se traduire par des mécanismes, des politiques et des actions concrètes, afin que chaque Vietnamien vivant à l’étranger ne soit pas seulement un pont avec la Patrie, mais devienne véritablement une ressource stratégique, accompagnant le pays dans la nouvelle ère.
La Résolution N°23-NQ/TW, adoptée le 2 août 2026 par le Bureau politique, relative aux affaires concernant les Vietnamiens résidant à l'étranger, marque une nouvelle étape dans la réflexion et les politiques relatives à la diaspora.
Elle réaffirme que la diaspora vietnamienne constitue une partie intégrante et indissociable de la communauté des ethnies du Vietnam et représente l’une des ressources stratégiques importantes contribuant à renforcer la puissance globale du pays.