Hô Chi Minh-Ville propose un modèle de « mobilisation des ressources de la diaspora »

La Résolution n° 23 exhorte Hô Chi Minh-Ville à créer un environnement permettant à chaque membre de la diaspora, selon ses compétences et ses possibilités, de contribuer concrètement au développement du pays tout en participant à la création de nouvelles valeurs pour la ville.

Nguyen Vu Minh Hoang, secrétaire général de l’Association de liaison avec les Vietnamiens résidant à l’étranger de Hô Chi Minh-Ville. Photo : VNA.
Nguyen Vu Minh Hoang, secrétaire général de l’Association de liaison avec les Vietnamiens résidant à l’étranger de Hô Chi Minh-Ville. Photo : VNA.

La Résolution n° 23-NQ/TW du Bureau politique sur le travail en faveur des Vietnamiens résidant à l’étranger ouvre une nouvelle étape dans la conception et la mise en œuvre des politiques destinées à la diaspora.

À Hô Chi Minh-Ville, au Sud du Vietnam, plusieurs responsables engagés dans ce domaine proposent de faire de la métropole un modèle pionnier de « mobilisation des ressources de la diaspora », en transformant la communauté vietnamienne à l’étranger en un véritable partenaire du développement local.

Selon Nguyen Vu Minh Hoang, secrétaire général de l’Association de liaison avec les Vietnamiens résidant à l’étranger de Hô Chi Minh-Ville, la Résolution n° 23 exhorte la ville à créer un environnement permettant à chaque membre de la diaspora, selon ses compétences et ses possibilités, de contribuer concrètement au développement du pays tout en participant à la création de nouvelles valeurs pour la ville.

Pour lui, la métropole du Sud ne doit plus seulement soutenir et mobiliser la diaspora, mais créer un environnement permettant à chaque expatrié de devenir un partenaire de développement, qu'il soit investisseur, expert, scientifique, ambassadeur culturel.

Partageant cette vision, Danny Vo (Dany Vo Thanh Dang), vice-président de l’Association de liaison avec les Vietnamiens résidant à l’étranger de Hô Chi Minh-Ville et vice-président de l’Association des entrepreneurs vietnamiens à l’étranger (BAOOV), estime que la ville doit appliquer le principe « les données d’abord, les politiques ensuite ».

Il propose la création d’une « cartographie des talents de la diaspora », recensant les experts, chercheurs et entrepreneurs liés à la ville dans des secteurs prioritaires tels que l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, la finance internationale, la santé, les villes intelligentes, les industries culturelles et l’économie verte.

Les deux responsables jugent également nécessaire de publier régulièrement une liste des grands défis de développement de la ville afin de solliciter les contributions des experts, entreprises et organisations de la diaspora sous forme de solutions, d’investissements, de transferts de technologies ou de partenariats de mise en œuvre.

Ils plaident également pour la création d’un réseau mondial d’experts, d’intellectuels et d’entrepreneurs vietnamiens liés à Hô Chi Minh-Ville, articulé autour de projets et d’objectifs concrets.

En outre, Hô Chi Minh-Ville pourrait développer des programmes tels que « Langue vietnamienne – Culture vietnamienne – Hô Chi Minh-Ville – Connexion mondiale », mobilisant associations, établissements scolaires, enseignants de vietnamien, artistes, entrepreneurs et jeunes générations de la diaspora pour promouvoir l’image du Vietnam à l’international.

Pour assurer la pérennité de cette ressource humaine, plusieurs initiatives sont proposées à destination des jeunes Vietnamiens de l’étranger : semestres d’études et stages en entreprise à Hô Chi Minh-Ville, fonds d’incubation pour les start-up créées par de jeunes entrepreneurs de la diaspora, programmes de volontariat ou camps d’été favorisant les échanges et les connexions.

Sur le plan institutionnel, Nguyen Vu Minh Hoang préconise la création d’un organisme spécialisé doté d’un rôle central de coordination, d’un système de données partagé et d’objectifs communs.

Cette structure disposerait de compétences de coordination intersectorielle, d’un budget propre et d’indicateurs de performance fondés sur le nombre d’experts mobilisés et de projets réalisés, plutôt que sur le nombre d’événements organisés.

Danny Vo estime pour sa part que l’Association de liaison avec les Vietnamiens de l’étranger, forte de son vaste réseau international et de sa proximité avec les communautés expatriées, pourrait agir comme relais opérationnel de cette structure, notamment dans l’identification des talents, le soutien à l’enseignement du vietnamien, l’accompagnement des jeunes générations et l’organisation de forums à l’étranger.

Enfin, afin de faciliter la mobilisation des ressources de la diaspora, les responsables proposent la création d’un mécanisme de guichet unique reposant sur le principe « un point de contact, un accompagnement complet », un centre de service bilingue et entièrement numérique chargé de principales démarches administratives des Vietnamiens de l’étranger, notamment la reconnaissance de l’origine vietnamienne, les questions de nationalité, les investissements, l’accès à la propriété immobilière, les permis de travail ou encore la reconnaissance des diplômes.

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