Former les ressources humaines pour anticiper les tendances des transports modernes

Dans le contexte de la Résolution n°57-NQ/TW du Bureau politique, qui fixe l’objectif de développer des ressources humaines hautement qualifiées, et face aux besoins de dizaines de milliers de travailleurs pour les projets de chemin de fer à grande vitesse dans les années à venir, les établissements de formation se transforment.

Ils réforment leurs programmes, renforcent la pratique et intègrent les technologies afin d’anticiper les besoins stratégiques en ressources humaines du pays.

Une adaptation proactive

Le Vietnam intensifie ses investissements dans des infrastructures de transport de grande envergure, le chemin de fer à grande vitesse étant appelé à devenir l’épine dorsale du système de transport moderne.

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Cours de conception de lignes ferroviaires à grande vitesse des étudiants de l’Université des transports. Photo : Nhân Dân.

Selon la Décision n°2230/QD-TTg approuvant le projet de développement des ressources humaines ferroviaires à l’horizon 2035, avec une vision jusqu’en 2045, la période 2025-2030 nécessitera la formation d’au moins 35 000 personnes, puis au moins 70 000 pour la phase suivante, afin de répondre aux projets de lignes à grande vitesse, de chemins de fer électrifiés et de réseaux urbains.

L’ampleur des travaux, les délais serrés et les exigences élevées en matière de formation posent un défi urgent en ressources humaines, notamment pour les ingénieurs hautement qualifiés. Face à cette situation, les établissements techniques ont rapidement ajusté leurs programmes en les orientant vers la pratique et les technologies émergentes.

L’Université des transports poursuit ainsi sa mutation vers les nouvelles technologies, avec pour objectif de fournir des ressources humaines aux projets de train à grande vitesse.

Selon le professeur, docteur Bui Tien Thanh, de L’Université des transports, les programmes sont conçus en étroite connexion avec la réalité et ne se limitent plus à la théorie. Dès la première année, les étudiants sont mis en contact avec les chantiers et participent à des modules d’initiation fondés sur l’expérience de terrain, contribuant à forger leur identité professionnelle.

Ils sont également intégrés à des réseaux d’anciens élèves du secteur, ce qui leur permet d’acquérir de l’expérience et de clarifier leur parcours, de la conception à la gestion de projet en passant par la construction.

Au cours de la dernière année universitaire, l’établissement a recruté la première promotion en filière de chemin de fer à grande vitesse en formation initiale, tout en lançant un programme de deuxième diplôme destiné à attirer des ingénieurs issus des infrastructures de transport, contribuant ainsi à renforcer rapidement les effectifs.

Ces étudiants en deuxième diplôme participent également à l’enseignement, diffusant leur expérience pratique auprès des étudiants en formation initiale.

Selon le docteur Mai Tien Chinh, la formation des ingénieurs en grande vitesse est conçue de manière intégrée, couvrant la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance, ainsi que des domaines connexes tels que le matériel roulant, l’alimentation électrique et la signalisation, offrant ainsi une vision globale aux étudiants.

Les compétences transversales, notamment en informatique, communication et aptitudes sociales, sont également renforcées afin de répondre aux exigences du marché du travail.

L’université investit dans des laboratoires et développe les enseignements pratiques, permettant aux étudiants de participer directement à des expérimentations sur les structures, telles que les rails et les plateformes ferroviaires.

Pour l’étudiant Nguyen Van Phong, la participation à ces modèles expérimentaux permet de mieux comprendre les principes techniques, de stimuler l’intérêt pour les études et d’ouvrir de nombreuses perspectives professionnelles.

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Des étudiants de la faculté de génie civil de l’Université des transports lors d’une séance de travaux pratiques au sein de l’établissement. Photo : Nhân Dân.

Une demande de ressources humaines sans précédent

Au-delà de la formation des ingénieurs en infrastructures, les établissements d’enseignement supérieur s’orientent vers la construction d’un écosystème complet de ressources humaines ferroviaires.

Le professeur associé, docteur Nguyen Hoang Long souligne que le train à grande vitesse est un projet complexe, exigeant des compétences élevées et des normes de sécurité strictes.

L’établissement vise à développer un corps enseignant aux standards internationaux, avec l’objectif qu’environ 60 % des enseignants soient titulaires d’un doctorat d’ici 2030.

À partir de 2026, le projet de formation des ressources humaines ferroviaires sera déployé, avec 40 % des enseignants formés, en stage ou en recherche dans des pays disposant de systèmes ferroviaires avancés comme la Chine, la République de Corée, le Japon, l’Allemagne et la France. Parallèlement, cinq groupes de recherche de haut niveau, répondant aux standards internationaux, devraient être constitués avant 2030.

L’idée directrice reste un investissement stratégique dans le corps enseignant : seule une élite académique peut former des ingénieurs d’excellence.

Anticipant cette tendance, l’Université de construction de Hanoï, l’Université d’architecture de Hanoï et l’Université des transports de Ho Chi Minh-Ville ouvriront également, dès la rentrée 2026, des spécialisations liées au train à grande vitesse et aux réseaux ferroviaires urbains.

Cette évolution témoigne d’une transformation nette du système d’enseignement supérieur, qui cherche à accompagner en amont le développement des infrastructures de transport modernes. Selon les experts, d’ici 2050, le secteur du train à grande vitesse générera une demande d’emplois massive, pouvant être qualifiée de sans précédent pour les étudiants des filières transport et construction.

Toutefois, ces opportunités s’accompagnent d’exigences élevées. Ce domaine requiert précision, discipline et des normes de sécurité strictes, sans place pour l’improvisation.

Dans ce contexte, les efforts des universités pour moderniser leurs formations, renforcer la pratique et élargir la coopération internationale apparaissent non seulement opportuns, mais aussi porteurs d’une vision stratégique à long terme.

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