C’est ce qu’a déclaré Mme Ngo Thi Thanh Mai, vice-présidente du Comité d’État chargé des Vietnamiens de l’étranger auprès du ministère vietnamien des Affaires étrangères, lors du colloque consacré aux solutions visant à développer l’enseignement de la langue vietnamienne et de la culture vietnamienne au sein de la communauté vietnamienne en République de Corée, tenu le 12 avril à Gwangju.
Le programme, organisé conjointement par le Réseau mondial pour l’enseignement du vietnamien et la préservation de la culture vietnamienne et l’Association des Vietnamiens à Jeonnam - Gwangju, constitue l’une des initiatives majeures visant à promouvoir la préservation de la langue vietnamienne au sein des communautés vietnamiennes à l’étranger.
Dans le contexte du développement dynamique des relations entre le Vietnam et la République de Corée, la langue vietnamienne bénéficie de nouvelles perspectives de rayonnement, tout en étant confrontée à des défis non négligeables.
En effet, les jeunes générations nées et élevées dans un environnement multilingue tendent à perdre progressivement leur maîtrise de la langue maternelle.
« Face à cette réalité, il est nécessaire d’adopter des approches novatrices, notamment en promouvant l'utilisation des technologies, en développant des modèles d'apprentissage flexibles combinant formation en ligne et en présentiel, et en intensifiant la numérisation des ressources pédagogiques afin de soutenir la communauté de manière concrète et efficace », a souligné Mme Mai.
Dans le même esprit, Dang Thanh Phuong, vice-chef du Département des relations extérieures du Comité central du Front de la Patrie du Vietnam, a estimé que le vietnamien ne constitue pas seulement un moyen de communication, mais aussi un pont culturel et un facteur déterminant du maintien des liens entre les Vietnamiens de l’étranger et leur pays d’origine.
Selon lui, la préservation de la langue vietnamienne doit s’imposer comme une mission commune de l’ensemble de la société, impliquant une coordination concertée entre les associations, les familles et les instances représentatives.
Lors du colloque, les experts ont souligné la nécessité de réorienter l’approche pédagogique pour les enfants vivant à l’étranger, en passant d’un enseignement purement linguistique à une approche fondée sur l’expérience.
Ainsi, l’enseignement du vietnamien devrait être intégré à des activités telles que le récit, les jeux et les pratiques culturelles, permettant aux enfants de l’aborder de manière plus naturelle et plus attrayante.
Parallèlement, l’application des technologies, le développement de ressources numériques et la mise en réseau des classes sont également considérés comme des solutions clés pour améliorer l’efficacité de l’enseignement.
Lors du colloque, le professeur Nguyen Minh Thuyet, conseiller du Réseau mondial pour l’enseignement du vietnamien et de la culture vietnamienne, et auteur principal de la collection « Vui hoc tieng Viet » (Apprendre le vietnamien en s’amusant), a présenté la structure des ressources pédagogiques ainsi que les orientations méthodologiques adaptées aux enfants vietnamiens vivant à l’étranger.
Selon lui, au lieu de privilégier l’apprentissage de l’écriture et de la grammaire, il convient de créer un environnement favorisant l’écoute, l’expression orale et l’interaction de manière naturelle, à travers des activités telles que les contes, les jeux et les événements communautaires, afin de cultiver durablement l’attachement des enfants à la langue vietnamienne.