«Maintenant, il est beaucoup trop tôt pour en tirer la moindre conclusion sur ce qui s'est passé», a-t-il ajouté, tout en soulignant qu'il s'agirait d'un travail de longue haleine.
Rémi Jouty n'a pas voulu dire si l'on entendait les conversations entre les pilotes jusqu'au moment du crash, notamment pendant la dizaine de minutes durant lesquelles l'avion a effectué une descente inexpliquée jusqu'à heurter la montagne près de Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence).
Il s'agit d'une descente compatible avec un pilotage automatique et pas d'une chute libre, a-t-il dit, rappelant que l'équipage n'avait pas essayé de joindre les contrôleurs aériens pendant la descente ni répondu à leurs sollicitations.
Sans écarter aucune hypothèse, le directeur du BEA a toutefois estimé que la concentration des débris n'était pas compatible avec une explosion en vol, qui entraîne la dispersion des restes de l'avion sur une grande superficie, et que le scénario d'une dépressurisation n'était pas privilégié.
La seconde boîte noire, qui enregistre les paramètres de vol, n'a en revanche pas encore été localisée, a-t-il ajouté, démentant l'information donnée par François Hollande selon lequel "l'enveloppe" de cette boîte aurait été retrouvée.
La nationalité des victimes se précise
Soixante-douze Allemands, 51 Espagnols et trois Britanniques notamment figurent au nombre des victimes. Les autorités françaises ont également évoqué des ressortissants d'une dizaine d'autres pays, dont les États-Unis.
Un dispositif spécial constitué d'une vingtaine de personnes pour l'essentiel des interprètes et des psychologues, a été mis en place pour accueillir leurs familles des victimes qui disposeront de 900 places d'hébergement dans la région.
Sur le terrain, la recherche des corps des victimes et des causes de la catastrophe par les gendarmes et les magistrats ainsi que par les enquêteurs du BEA, d'Airbus et de Lufthansa, dont Germanwings est la filiale low-cost, s'est accélérée.
Xavier Roy, pilote de la Sécurité civile et coordinateur des moyens aériens, a décrit la situation au camp de base de Seyne-les-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), dans la vallée en contrebas de l'endroit très difficile d'accès où a eu lieu le désastre.
Il a ajouté que les sauveteurs hélitreuillés, sécurisés avec des pitons et des cordes sur la pente sur laquelle s'est écrasé le vol Barcelone-Düsseldorf, vers 2.000 mètres d'altitude, ne faisaient pas de la descente des corps une priorité.
Le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, a précisé qu'il faudrait "des jours" pour récupérer les corps et "plusieurs semaines" pour procéder à leur identification ADN.
Le Président français, François Hollande, s'est rendu en début d'après-midi (UTC+1) au Comité de Pilotage des opérations avec la Chancelière allemande, Angela Merkel, et le Président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, assurant que «toute la vérité» serait faite sur les causes du désastre.