Elles étaient celles d’un public venu rendre hommage à une génération de héros qui, avec une détermination inébranlable, a combattu jusqu’au sacrifice pour la réunification du pays.
Ces martyrs héroïques sont partis alors qu’ils étaient encore jeunes, emportant avec eux une foi inébranlable en la victoire et laissant à leurs familles la promesse d’un jour où la paix reviendrait.
Mais lorsque le pays se couvrit de drapeaux et de fleurs pour célébrer la victoire, ces soldats demeurèrent à jamais en première ligne, dans le fracas des combats et sous une pluie de bombes.
Au fil des décennies, l’image des mères vieillissantes, les cheveux désormais entièrement blancs, qui continuent d’attendre inlassablement des nouvelles de leurs fils et de parcourir les anciens champs de bataille à leur recherche, est devenue une douleur qui hante encore la mémoire de la nation.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, la campagne des « 500 jours et nuits » consacrée à la recherche et au rapatriement des restes des martyrs a été lancée comme un élan venu du cœur, prolongeant une œuvre de reconnaissance profondément sacrée et faisant couler les larmes de millions de jeunes Vietnamiens.
Dans l’histoire de la défense de la Patrie, il n’est pas de perte plus immense ni de sacrifice plus lourd de sens que celui des soldats tombés pour l’indépendance et la liberté.
Ils ont consacré sans réserve les plus belles années de leur jeunesse et reposent désormais au cœur des montagnes et des forêts les plus reculées, dans l’immensité de la terre mère, afin que chaque parcelle de leur terre natale puisse demeurer en paix.
Derrière chaque blessure laissée par la guerre se dessine la silhouette de ces mères vietnamiennes, le cœur lourd de chagrin.
Elles ont attendu leurs fils tandis que les bombes pleuvaient sur leur terre natale ; elles ont continué à espérer leur retour lorsque la réunification du pays fut enfin célébrée dans une joie immense.
Et lorsque leurs jambes ne furent plus assez fortes et que leurs yeux eurent perdu leur acuité, elles continuèrent malgré tout, avec une persévérance inlassable, à parcourir les routes qu’avaient autrefois empruntées leurs fils lorsqu’ils étaient partis au combat, à leur recherche.
L’attente interminable, durant un demi-siècle, des mères, des sœurs, des frères et des proches des martyrs constitue sans doute l’une des plus poignantes épopées d’amour maternel, de liens du sang et de sacrifice.
L’histoire des soldats qui ne sont jamais revenus, les larmes des Mères vietnamiennes héroïques et la campagne des « 500 jours et nuits » ont touché au plus profond de l’âme la jeune génération.
Les jeunes spectateurs du programme « Tổ quốc trong tim » ont pleuré par gratitude envers les héros tombés alors qu’ils étaient encore dans la fleur de l’âge ; ils ont pleuré de douleur pour les mères qui, après avoir consacré toute leur vie à attendre, n’ont jamais pu serrer leurs fils dans leurs bras ; et ils ont pleuré de fierté devant la résilience et l’invincibilité d’une nation.
Ces larmes sont précisément le pont qui relie le passé héroïque au présent.
Elles sont aussi l’expression silencieuse de la jeunesse d’aujourd’hui, qui fait le serment de vivre, d’étudier et de travailler avec détermination afin de se montrer digne de chaque parcelle de la terre natale, imprégnée du sang et pétrie des sacrifices des martyrs.