Le week-end dernier, la cour du supermarché Thanh Binh Jeune à Ivry-sur-Seine, en banlieue parisienne, s’est animée aux sons joyeux des musiques printanières. Dans cette atmosphère festive, les Vietnamiens de France se sont pressés au marché du Têt Binh Ngo (Nouvel An lunaire du Cheval) 2026 pour acheter les produits essentiels de la fête : riz, friandises, graines de pastèque, et autres spécialités traditionnelles.
Pendant les 31 janvier et 1er février, le marché du Têt de Thanh Binh Jeune est redevenu un rendez-vous incontournable pour la diaspora vietnamienne en France. Artistes, musiciens, restaurateurs et commerçants vietnamiens ont activement participé à l’événement, qui allie achats festifs, spectacles culturels et gastronomie.
Mme Cam Tu, originaire de Tra Vinh et installée dans l’Essonne, confie que pour elle, le Têt est l’occasion la plus importante de l’année. Cette année, elle prévoit de préparer un grand repas de fête en cuisinant elle-même des mets typiques du delta du Mékong comme le porc au caramel aux œufs et les courges farcies, et d’inviter ses amis à partager la célébration.
Elle a pris deux jours de congé pour profiter pleinement du Nouvel An lunaire. Plusieurs entreprises françaises facilitent également l’organisation du Têt pour leurs employés vietnamiens.
Pour M. Ton That Quoc Huy, pharmacien installé à Paris depuis près de 40 ans, il est essentiel que son fils puisse découvrir la culture vietnamienne. Le marché du Têt est pour lui une opportunité de transmettre ces valeurs aux plus jeunes, même s’ils maîtrisent encore mal la langue vietnamienne.
De nombreux membres de la communauté partagent cet attachement : se retrouver autour de mets typiques et d’activités culturelles permet de raviver le lien avec les racines vietnamiennes.
Mme Quynh Hoa, propriétaire du restaurant Pho Co, a participé pour la deuxième fois au marché avec un stand de nourriture. Son équipe a longuement préparé bouillons et ingrédients pour offrir aux visiteurs des bols de phở empreints de nostalgie. Elle témoigne d’un accueil enthousiaste du public dès le premier jour.
Le marché proposait également de nombreux plats vietnamiens : rouleaux de printemps, brochettes de porc fermenté, jus de canne à sucre, bun ca (vermicelles de riz au poisson), banh cuon (galette de riz à la vapeur), desserts au lait de coco, etc.
Le restaurant Khai Tri, basé dans le 13e arrondissement de Paris, participait pour la première fois avec un stand de gâteaux traditionnels (banh bo, banh gio, banh it, gâteau au manioc…). Sa représentante, Mme Nguyen Vu Hai Ly, souligne la forte demande des anciens pour ces douceurs typiques.
Parmi les visiteurs, M. Nguyen Capelle Joël, 56 ans, est monté de Lyon pour participer à l’événement. Installé en France depuis 45 ans, il confie que le marché du Têt est pour lui une façon de renouer avec sa culture d’origine, qu’il a parfois eu l’impression de laisser de côté.
Comme lui, beaucoup de Vietnamiens sont venus de régions éloignées de France pour revoir famille et amis et partager ce moment unique.
Malgré une légère hausse des prix liée aux inondations au Vietnam et à la conjoncture économique mondiale, le supermarché Thanh Binh Jeune s’efforce de maintenir des tarifs accessibles. Cette année, plusieurs nouveautés attirent l’attention : pamplemousses à peau verte, noix de coco fraîches de Ben Tre, et confiseries séchées avec un emballage modernisé.
Seules les branches de pêcher et d’abricotier traditionnelles manquent encore à l’appel, mais l’établissement prévoit leur importation prochaine pour que la fête soit complète.