Cette danse est propre à l'ethnie Nung Din qui est intimement liée à la conception Nung Din de la mort, perçue non comme un point final, mais comme le commencement d’un nouveau voyage dans l’au-delà.
Lors des funérailles, le cheval en papier est considéré comme un moyen sacré permettant de transporter les offrandes et les biens du défunt vers le monde des esprits. La danse du cheval en papier devient ainsi un rituel d’adieu indispensable, exprimant la piété filiale et le respect des descendants. Les interprètes de la danse sont généralement les enfants, les petits-enfants ou les membres alliés de la lignée familiale.
Au fil du temps, la danse du cheval en papier a dépassé le cadre des rites funéraires pour être également présentée lors des fêtes traditionnelles, des journées de la grande union nationale ou à l’occasion du Têt. Elle est ainsi devenue une activité culturelle fédératrice au sein de la communauté. Malgré la simplicité des accessoires, chaque détail de la danse revêt une forte valeur symbolique. La tête du cheval est façonnée avec soin et décorée de papier coloré selon des codes établis : le cheval femelle est de couleur rose, le cheval mâle de couleur bleue.
La chorégraphie comprend sept mouvements fondamentaux, associant harmonieusement les pas, les gestes et les expressions du visage, tantôt lents et profonds, tantôt puissants et entraînants. Le tintement des clochettes en bronze, rythmant chaque mouvement, crée une sonorité joyeuse évoquant le galop des chevaux à travers les montagnes et les forêts.
Face au risque de disparition des valeurs traditionnelles, les Nung Din ont créé, dès 2011, une troupe de danse du cheval en papier et introduit cette pratique dans les écoles, attirant la participation des hommes, des femmes et des jeunes. Au milieu des mutations de la vie moderne, la danse du cheval en papier continue de perdurer avec vigueur, devenant une source de fierté et un témoignage éloquent de la vitalité durable de l’identité culturelle des Nung Din.