S’étendant sur environ 26.000 hectares à l’extrémité de la chaîne de montagnes de Truong Son, ce parc figure parmi les zones forestières protégées les plus importantes du Vietnam ; il abrite plus de 1.000 espèces végétales ainsi que des centaines d’espèces de mammifères, d’oiseaux et de reptiles, dont beaucoup sont menacées à l’échelle mondiale.
Depuis des années, le Centre de communication, de tourisme, de sauvetage et de conservation de la faune sauvage du parc national de Bu Gia Mâp accueille et réhabilite de nombreux animaux sauvages avant de les relâcher dans leur habitat naturel.
En 2026, le centre a mené 60 opérations de sauvetage, recueillant plus de 70 animaux sauvages et organisant sept phases de remise en liberté pour réintroduire plus de 20 individus dans leur habitat naturel. Rien qu’au premier semestre 2026, le centre a accueilli 88 animaux sauvages nécessitant des soins et un sauvetage d’urgence, a fait savoir son directeur adjoint Trân Van Truong.
Parmi les espèces secourues figurent plusieurs primates et mammifères menacés, notamment des gibbons à joues jaunes, des doucs à pattes noires, des loris lents pygmées, des loutres et des binturongs.
Derrière ces réalisations se trouve le dévouement du personnel de sauvetage et vétérinaire du centre. Ce travail exige des connaissances zoologiques approfondies ainsi qu’une observation rigoureuse et constante, allant de l’élaboration de régimes nutritionnels adaptés et du traitement des maladies jusqu’à la rééducation à l’effort et à l’évaluation de l’adaptabilité avant la remise en liberté.
Au sein des enclos semi-sauvages du centre, diverses espèces sauvages bénéficient d’un suivi vétérinaire régulier, d’une réhabilitation nutritionnelle et d’un conditionnement comportemental visant à restaurer leurs aptitudes naturelles de survie. Certains animaix portent des blessures causées par des pièges, d’autres ont été saisis par les autorités dans des élevages illicites, et beaucoup ont perdu leur instinct de survie après des années de captivité.
Selon les spécialistes du sauvetage, le traitement des blessures physiques n’est que la première étape. Pour s’assurer qu’un animal est apte à être relâché dans la nature, les soigneurs doivent rétablir son endurance physique, réapprendre à l’animal à chercher sa nourriture et évaluer sa capacité à s’adapter aux conditions naturelles.
Hoàng Anh Tuân, directeur adjoint du parc national de Bu Gia Mâp, a souligné que le sauvetage de la faune sauvage — en particulier des espèces rares et menacées — joue un rôle essentiel dans la mission de conservation du parc national.
Chaque animal sauvage secouru avec succès représente non seulement le sauvetage d’une vie, mais aussi une contribution à la pérennisation des populations sauvages, à la préservation de précieuses ressources génétiques et au rétablissement de l’équilibre écologique, a-t-il partagé.
Une fois totalement rétablis, les animaux éligibles sont évalués par le centre, en coordination avec les autorités compétentes, afin de sélectionner des sites sauvages appropriés et sûrs pour leur remise en liberté en forêt.
Parallèlement aux opérations de sauvetage actives, la sensibilisation du public à la protection de la faune sauvage s’est considérablement améliorée. Dans de nombreux cas, des habitants ayant croisé des animaux sauvages errants ou blessés dans des zones résidentielles ont pris l’initiative d’alerter les autorités locales et les unités spécialisées afin d’assurer une prise en charge en toute sécurité, des soins vétérinaires et une remise en liberté appropriée.
Trân Van Truong a fait savoir que la sensibilisation croissante du public à la préservation de la faune sauvage a incité davantage de personnes à remettre volontairement des animaux sauvages aux autorités ou à des centres de sauvetage, plutôt que de les détenir ou de les commercialiser illégalement.
Il a ajouté que les animaux secourus suivaient un processus de réhabilitation pour retrouver leurs capacités naturelles de survie avant d’être relâchés en forêt, où ils faisaient l »objet d'un suivi attentif. Ceux qui ne parvenaient pas à s’adapter étaient ramenés au centre pour y recevoir des soins supplémentaires jusqu’à ce qu’ils soient capables de survivre de manière autonome.
Trân Van Truong a relevé des tendances encourageantes en matière d’engagement de la communauté. Le public prend de plus en plus conscience de l’importance de la conservation et remet volontairement des animaux sauvages aux autorités, plutôt que de les garder comme animaux domestiques.
Le soutien de la communauté s’est également accru, avec la participation active de bénévoles, de groupes de jeunes, d’étudiants et de familles locales. Selon le responsable, l’engagement du public apporte un soutien opérationnel essentiel tout en sensibilisant les jeunes générations à la conservation.
Nous sommes ravis d’accueillir des bénévoles, des jeunes, des étudiants et des familles venus de tout le pays pour soutenir les efforts de sauvetage de la faune sauvage. Non seulement vous apportez une aide concrète, mais vous inspirez également les générations actuelles et futures à accorder de l’importance à la protection de la faune, a-t-il déclaré.
Depuis sa création, le centre a secouru et soigné des milliers d’animaux sauvages avant de les relâcher dans la nature. Chaque remise en liberté réussie offre à l’animal une nouvelle chance de survivre, de se reproduire et de contribuer à la biodiversité forestière.
Toutefois, les animaux ne peuvent pas être tous réintroduits rapidement. Ceux qui souffrent de traumatismes sévères, d’un épuisement physique profond ou qui ont connu une captivité prolongée en milieu domestique nécessitent une période de réhabilitation prolongée. Certains individus, ayant définitivement perdu les compétences nécessaires pour se nourrir ou échapper aux prédateurs, restent pris en charge de manière permanente dans des refuges.
Face à ces défis, les équipes de sauvetage restent dévouées à leur mission. Pour elles, la réhabilitation de chaque animal sauvage préserve un maillon essentiel de l’écosystème et sauvegarde le patrimoine naturel pour les générations futures.
Depuis les enclos de semi-liberté nichés au cœur de la nature sauvage de Bu Gia Mâp, le chemin du retour vers les forêts peut prendre des mois, voire des années. Pourtant, lorsqu’un animal en bonne santé retrouve sa forêt d’origine, tous les efforts sont récompensés, ramenant peu à peu vie et équilibre à la canopée verdoyante.