Vers 4 heures du matin, la plage de Tam Tien s’anime peu à peu. Les coracles venus des bateaux au large approchent du rivage. Poissons, crevettes et calmars sont débarqués, triés puis vendus directement sur le sable. Porteurs, négociants et autres travailleurs s’activent pour profiter des quelques heures qui précèdent le lever du soleil. C’est le rythme effréné d’un marché qui court avec l’aube.
Pour les habitants de cette portion du littoral, observer les vagues et guetter les bateaux, c’est attendre le retour d’une campagne de pêche. Ce n’est qu’à l’arrivée des coracles chargés de transborder les produits de la mer que les transactions s’intensifient véritablement.
À Tam Tien, dans la commune de Tam Xuan, le marché matinal est étroitement lié à la pêche pratiquée par les communautés du littoral. Les uns débarquent les prises, les autres les trient, les achètent ou les transportent. Chaque étape s’enchaîne en un temps très court.
À peine débarqués, les paniers de poissons passent rapidement entre les mains des acheteurs. Le tri, la sélection des prises et les négociations se déroulent au milieu des palanches, des bassines et des paniers encore mouillés par l’eau de mer.
Entre les bateaux et la plage, la distance est courte, mais la traversée peut devenir difficile lorsque les vagues sont fortes. La course contre la montre ne se limite pas aux pas précipités sur le marché : l’arrivée plus ou moins rapide de chaque coracle influe sur le débarquement des prises, les ventes et le transport.
Au milieu du bruit des vagues et des appels, des scènes de la vie quotidienne se dessinent. Sur la même plage, le travail alterne avec ces instants de retrouvailles et de conversations familiales après une nuit en mer.
La plage n’est pas toujours animée. Il arrive que les acheteurs et les porteurs doivent patienter avant que les coracles n’accostent. Pour ceux qui vivent au rythme des prises, le travail et les revenus dépendent aussi des conditions météorologiques et des saisons de pêche.
Lorsque le soleil monte, le marché commence à se vider. Les femmes en profitent pour calculer le prix des marchandises et les frais de main-d’œuvre, avant d’acheminer les poissons vers les marchés locaux.
Mais la fin du marché ne marque pas la fin du travail des pêcheurs. Les filets sont démêlés, inspectés et réparés en vue de la prochaine sortie en mer.
À côté des coracles échoués sur le sable, les pêcheurs s’affairent minutieusement à leurs lignes, à leurs rames et à leurs engins de pêche. Derrière l’agitation des ventes matinales se déroule ainsi tout un travail de préparation, discret mais indispensable, pour la prochaine sortie.
Après avoir quitté la plage, une partie des produits de la mer poursuit son parcours dans les ateliers de transformation. Les petites crevettes et les anchois sont triés et préparés, puis séchés ou transformés en sauce fermentée, selon les matières premières, la météo et les méthodes propres à chaque foyer. Ce travail exige un véritable savoir-faire pour préserver la qualité des produits.
Sur le littoral de Binh Minh, aujourd’hui rattaché à la commune de Thang An, la cuisson à la vapeur et le séchage du poisson prolongent les activités des pêcheurs après chaque sortie en mer. Les poissons sont nettoyés, disposés sur des claies, cuits à la vapeur puis mis à sécher à l’air libre ; certaines prises sont également préparées pour être séchées directement. Des fours aux aires de séchage, chaque étape dépend des saisons de pêche, du soleil, du vent et de l’expérience des artisans.
De Tam Tien à Binh Minh, chaque plage et chaque activité de transformation racontent une facette du quotidien des communautés de pêcheurs de la région de Quang.
Le plan n° 499/KH-UBND, daté du 28 septembre 2026 et adopté par le Comité populaire de la ville de Da Nang, relatif au développement des pôles touristiques du sud pour la période 2026-2030, prévoit la mise en place de programmes axés sur la nature, les communautés et la vie locale. Le marché aux poissons de Tam Tien, dans la commune de Tam Xuan, figure parmi les destinations concernées par cette orientation.
L’attrait des villages de pêcheurs réside avant tout dans l’authenticité de leur vie quotidienne. Préserver ce rythme de vie, c’est aussi préserver l’identité locale et les spécificités qui feront la richesse des expériences touristiques de demain.