Le marché du fer d’An Lac, capitale des pièces de rechange mécaniques à Can Tho

Si le marché flottant de Cai Rang incarne l’image poétique du delta du Mékong, le marché du fer d’An Lac, situé dans le district de Ninh Kieu à Can Tho, révèle une autre facette de la ville. Ici, pas de folklore touristique, mais un centre névralgique de pièces mécaniques, reflet d’un monde du travail discret et essentiel.

s1.jpg

Le marché d’An Lạc n’a rien d’un lieu de promenade. Il est fréquenté quotidiennement par des ouvriers, des agriculteurs et des pêcheurs venus s’approvisionner en outils et pièces indispensables à leur activité.

s2.jpg

Dès l’entrée, l’atmosphère est saisissante : odeur d’huile mécanique, tintement métallique des pièces qui s’entrechoquent.

s3.jpg

À Can Tho, on surnomme parfois An Lac le « marché à ciel ouvert des mécaniciens ».

s4.jpg

Des vis minuscules aux lourdes poulies, les pièces s’alignent dans un apparent désordre, fruit d’une organisation parfaitement maîtrisée par les vendeurs.

Des enseignes modestes, aux lettres vieillies, annoncent l’essentiel : ressorts, fer, pièces diverses. Une signalétique fonctionnelle, sans artifice.

s5.jpg

Des ressorts d’acier de toutes tailles sont suspendus en grappes, évoquant des fruits métalliques. Une mise en scène qui témoigne de la diversité et de la spécialisation des marchandises.

s6.jpg

Hélices en inox ou en laiton, poulies massives et pièces usées s’empilent dans les échoppes étroites. Chaque objet porte les traces d’un usage antérieur.

s7.jpg

Le marché ne s’étend pas sur de vastes allées. Il se faufile dans les ruelles et déborde sur la chaussée, les étals occupant chaque centimètre disponible.

s8.jpg

Au milieu du métal et de la graisse, la vie quotidienne suit son cours.

Les clients arrivent en moto, s’arrêtent quelques minutes, négocient, repartent. Les gestes sont rapides, familiers, presque routiniers.

s9.jpg

Tho, propriétaire d’un petit stand de pièces détachées, explique : « Aujourd’hui, il y a des supermarchés et des magasins modernes partout. Mais ici, nous connaissons chaque panne, chaque machine. »

Il ajoute : « Certaines pièces anciennes sont introuvables ailleurs. Ici, il suffit de demander. Ce marché tient grâce à la confiance et à la solidarité entre artisans, depuis des décennies. »

s10.jpg

Pour Thu, comme pour beaucoup de commerçants, vendre une pièce n’est pas qu’un acte commercial. C’est aussi conseiller, calculer, aider le client à prolonger la durée de vie de son outil de travail.

« Tout le monde n’a pas les moyens d’acheter du neuf », confie-t-elle. « On cherche des pièces d’occasion encore fiables, à un prix juste, pour que les motos, les bateaux continuent de rouler. »

s11.jpg

Sans être bruyant ni spectaculaire, le marché d’An Lac poursuit son activité à l’écart des projecteurs, au cœur d’une ville en pleine modernisation.

s12.jpg

Il demeure un repère familier pour les travailleurs, préservant une culture de marché traditionnelle fondée sur l’entraide et l’expérience.

s14.jpg

En quittant An Lac, le cliquetis du métal résonne encore. Dans cette rue discrète, les pièces de fer semblent chargées de mémoire, racontant la persistance d’un monde ouvrier et la ténacité de ceux qui, jour après jour, redonnent vie aux machines.

Dans la même rubrique

Back to top