L'atmosphère de la fête du Tet traditionnel 2026 approche à grands pas dans les deux plus grandes « capitales » florales de l'Ouest : Cho Lach dans la province de Vinh Long et Sa Dec dans la province de Dong Thap, au Sud du Vietnam. Sur d'immenses étendues de champs, des centaines d'ouvriers s'affairent jour et nuit aux étapes de soin, de mise en forme et de taille des bourgeons, afin de sublimer les fleurs avant leur mise sur le marché.
Des mains agiles et expertes pincent les tiges, sélectionnent les boutons et ajustent la silhouette de chaque pot de fleurs. Ce travail, en apparence simple, exige minutie, précision et une grande expérience ; un geste trop brusque pourrait briser une branche ou endommager la plante, compromettant ainsi toute la récolte.
En plus de contribuer à embellir le marché floral du Tet, le métier de soigneur horticole crée des emplois stables et génère des revenus réguliers pour de nombreux travailleurs ruraux.
Dans les jardins, de l'aube au crépuscule
Dans la commune de Cho Lach, Tran Van Chau, âgé de 50 ans, ouvrier agricole, confie qu'il exerce ce métier depuis près de dix ans. Selon lui, bien que cette activité soit souvent perçue comme saisonnière, le travail dans les pépinières se déroule en réalité tout au long de l'année.
« En temps normal, on taille, on fertilise et on soigne les plantes. À l'approche du Tet, on se concentre sur le façonnage et la préservation des bourgeons pour s'assurer que la floraison tombe au bon moment », explique-t-il.
Grâce à l'expansion des cultures de bougainvilliers, d'ochnas et d'autres plantes ornementales par les propriétaires de jardins, les ouvriers comme lui ne manquent presque jamais de travail. Le revenu mensuel moyen oscille entre 5 et 9 millions de dôngs, ce qui suffit à couvrir les besoins de sa famille.
Pendant le pic de la saison du Tet, la journée de travail commence vers 7 heures du matin pour s'achever après 15 heures. Selon la charge de travail, des heures supplémentaires sont parfois nécessaires. Si le propriétaire offre le repas, le revenu journalier d'une femme est de 250 000 dôngs au minimum, contre 350 000 dôngs pour un homme ; si les ouvriers subviennent à leurs propres besoins alimentaires, le gain est plus élevé.
« Le travail n'est pas trop pénible, on s'habitue et on finit par s'y sentir à l'aise. Avoir des rentrées d'argent régulières permet de moins s'inquiéter pour le Tét », ajoute Tran Van Chau.
Des revenus stables issus de tâches silencieuses
Cette même effervescence règne dans les jardins de Sa Dec, un lieu qui conjugue production horticole et accueil touristique. En plus de l'entretien des fleurs, les travailleurs s'occupent du tri, du déplacement des pots et du transport pour les commerçants.
Dans les champs, les ouvriers surveillent attentivement chaque stade de croissance pour garantir une floraison ponctuelle.
Nguyen Thi Ngoc, âgée de 50 ans, résidant dans le quartier de Tân An, Sa Dec, explique que ses tâches quotidiennes consistent principalement à arroser, désherber et fertiliser les chrysanthèmes pomponnettes et les gerberas, des produits phares du Tét. En cas de besoin, elle aide également à transporter les pots pour les propriétaires.
« Le revenu journalier est d'environ 300 000 dôngs. Ce n'est pas lourd, il suffit d'être assidu pour avoir du travail en continu », confie-t-elle, estimant que travailler dans les jardins est moins éprouvant que d'autres métiers et offre une certaine sécurité face au chômage.
La sueur des ouvriers derrière chaque pot de fleurs du Tet.
Lié à ce métier depuis plus de 10 ans, Huynh Thanh Hoang, âgé de 41 ans, Sa Dec, souligne que cette profession exige délicatesse et douceur. Les jours précédant le Tet sont les plus intenses : alors que les fleurs s'épanouissent, les horticulteurs doivent simultanément soigner, récolter et charger les marchandises dans les camions des grossistes.
« Les ruraux qui profitent de cette période pour faire des extras peuvent gagner entre 300 000 et 500 000 dôngs par jour. Après chaque saison de Tet, les revenus peuvent atteindre une dizaine de millions de dôngs, ce qui réjouit tout le monde », partage Huynh Thanh Hoang.
Selon les prévisions, les deux centres floraux de Cho Lach et Sa Dec fourniront au marché plus de 6 millions de paniers de fleurs et de produits divers pour le Tet 2026. Ces chiffres ne font pas que confirmer le prestige des fleurs de l'Ouest ; ils portent également l'espoir d'un printemps chaleureux et prospère pour des milliers de foyers horticoles.