Le Vietnam attire 100 millions de dollars de capitaux verts dans un marché mondial en plein essor

Dans un contexte de crédit vert mondial record en 2025, le Vietnam s’affirme comme une destination attractive pour les investissements durables, attirant 100 millions de dollars de grandes institutions financières internationales afin de financer la transition énergétique et les projets climatiques.

M. Srini Nagarajan, directeur exécutif pour la région Asie de BII (Photo: BII)
M. Srini Nagarajan, directeur exécutif pour la région Asie de BII (Photo: BII)

Le crédit vert s’affirme de plus en plus comme une tendance majeure de la finance mondiale, atteignant un record de 947 milliards de dollars en 2025, selon Bloomberg Intelligence. Dans ce contexte, le Vietnam émerge comme un marché attractif pour les investissements durables, porté par une croissance économique élevée, une inflation maîtrisée et un cadre politique de plus en plus favorable au développement vert.

Selon M. Srini Nagarajan, directeur général pour l’Asie de British International Investment (BII), le Vietnam figure aujourd’hui parmi les marchés prioritaires de cette institution d’investissement du Gouvernement du Royaume-Uni. Il souligne que peu de pays combinent une forte croissance du PIB, une stabilité macroéconomique et une volonté politique claire de soutenir la transition énergétique, créant ainsi un environnement propice à l’essor des énergies renouvelables et des flux de capitaux verts.

À ce jour, BII a déjà investi près de 100 millions de dollars au Vietnam. La plus récente opération porte sur un investissement de 20 millions de dollars dans des obligations vertes émises par HDBank, destiné à financer des projets d’énergies renouvelables, de véhicules électriques et d’agriculture durable. Cette contribution s’inscrit dans un programme global d’obligations vertes de 100 millions de dollars, auquel participent également la Société financière internationale (IFC) à hauteur de 50 millions de dollars et FMO, la banque de développement des Pays-Bas, pour 30 millions de dollars.

Les fonds mobilisés serviront à financer divers projets climatiques au Vietnam, notamment l’énergie solaire, les bâtiments écologiques, les véhicules électriques et les solutions d’efficacité énergétique. Ces investissements devraient permettre de réduire environ 102 000 tonnes d’émissions de CO₂ sur une période de dix ans, contribuant ainsi de manière concrète aux engagements climatiques du pays.

Sur le plan régional, l’Asie-Pacifique a levé 261 milliards de dollars de dette verte en 2025, soit une hausse de près de 20 % par rapport à l’année précédente, avec la République populaire de Chine et l’Inde comme principaux moteurs du développement des énergies renouvelables.

Au Vietnam, le cadre juridique du crédit vert est progressivement renforcé depuis 2015. Le nombre d’institutions financières engagées dans ce domaine est passé de 15 en 2017 à environ 60 aujourd’hui, tandis que de grandes banques comme Agribank, BIDV et HDBank intègrent désormais des critères environnementaux dans la gestion des risques et l’octroi de crédits.

Cependant, malgré une croissance annuelle moyenne de 21 % depuis 2017, le volume du crédit vert reste modeste, avec environ 750 000 milliards de dongs, soit une faible part du total des crédits de l’économie.

Les experts soulignent que près de 60 % des entreprises vietnamiennes rencontrent encore des difficultés pour accéder à ces financements, en raison de la petite taille des projets, des exigences de rentabilité, du niveau des taux d’intérêt et d’un cadre réglementaire encore incomplet.

Malgré ces obstacles, l’intérêt croissant des grandes institutions financières internationales ouvre des perspectives prometteuses pour l’avenir du financement vert au Vietnam.

NDEL
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