Le Vietnam figure parmi les 10 marchés immobiliers ayant le plus progressé en matière de transparence pour la période 2024-2026, selon l’Indice mondial de transparence de l'immobilier (GRETI) 2026 publié par le cabinet international de services immobiliers Jones Lang LaSalle (JLL).
Le GRETI 2026 évalue 88 pays et territoires à partir de 260 critères portant sur la qualité des données de marché, le cadre juridique, les processus de transaction, la gouvernance des acteurs cotés ou encore les indicateurs environnementaux.
Le Vietnam se classe 50e sur 88 avec une note de 3,15 sur une échelle de 1 à 5, où 1 correspond aux marchés les plus transparents et 5 aux plus opaques, conservant sa position dans la catégorie « semi-transparent ».
Le pays compte parmi les 10 marchés ayant enregistré les plus fortes améliorations à l’échelle mondiale, aux côtés de la Pologne, de la Thaïlande, de l’Australie, du Qatar, de la République de Corée, de l’Inde, de l’Arabie saoudite, de Dubaï et d’Abou Dabi.
La région Asie-Pacifique a enregistré les plus fortes progressions en matière de transparence, comptant cinq des dix marchés ayant le plus progressé : l’Inde, le Vietnam, la République de Corée, l’Australie et la Thaïlande.
Selon JLL, ces améliorations ont contribué à stimuler la reprise des investissements transfrontaliers dans la région au cours des douze derniers mois, les volumes de transactions d’investissement direct atteignant des niveaux records sur certains marchés, notamment au Vietnam.
Selon les données de JLL, le Vietnam était classé avant 2020 comme un marché à « faible transparence », caractérisé par une disponibilité limitée des données et des cadres juridiques complexes qui représentaient des défis pour les investisseurs immobiliers étrangers.
Un tournant s’est opéré en 2016 lorsque le Vietnam a rejoint le Partenariat transpacifique et a proposé la création d’une base de données immobilière nationale, témoignant d’une volonté d’aligner le marché sur les normes internationales.
Le pays a accédé à la catégorie « semi-transparent » en 2020.
En 2024, le Vietnam a franchi une étape majeure dans le renforcement de son cadre juridique avec l’entrée en vigueur de la Loi foncière (amendée), la Loi sur le commerce immobilier et la Loi sur le logement.
La Loi amendée sur les prix a également instauré des exigences concernant les professionnels de l’évaluation certifiés et la mise en place de pistes d’audit vérifiables pour les évaluations, tandis que la réglementation a imposé que les transactions immobilières soient réalisées via le système bancaire.
Cette année, le décret n° 357 relatif à la construction, à la gestion et à l’exploitation des systèmes d’information sur le logement et le marché immobilier est entré en vigueur, avec pour objectif de finaliser une base de données foncières nationale d’ici la fin de 2026.
Le pays a par ailleurs connu une adoption accrue de pratiques de développement durable dans le secteur immobilier.
« Le fait que le Vietnam figure parmi les dix marchés mondiaux ayant enregistré les plus fortes améliorations en matière de transparence est le fruit d’un processus long et soutenu », a déclaré Lê Thi Huyên Trang, directrice générale de JLL Vietnam.
La responsable a indiqué que les réformes du cadre juridique, des procédures administratives et de la politique économique commençaient à porter leurs fruits, comme en témoigne la hausse des investissements étrangers enregistrés.
Elle a souligné que le Vietnam avait enregistré 38,1 milliards de dollars d’investissements étrangers au cours des sept premiers mois de 2026, un montant presque équivalent au total des investissements directs étrangers (IDE) enregistrés l’année précédente et représentant le niveau le plus élevé depuis dix ans.
Le rapport de JLL a également mis en évidence un lien entre la transparence du marché et la précision ainsi que l’efficacité des évaluations immobilières.
Sur les marchés semi-transparents comme celui du Vietnam, la fragmentation et la rareté des données limitent la précision des évaluations à environ 70%, tandis que le processus peut prendre jusqu’à 20 jours.
En revanche, sur les marchés « hautement transparents », où les données de transaction sont publiques et exhaustives, la précision des évaluations avoisine les 90% et le processus prend généralement entre 5 et 10 jours.
Vo Van Huu Phuoc, directeur senior du pôle conseil en évaluation et gestion des risques chez JLL Vietnam, a souligné que la numérisation des registres fonciers, la mise en place d’un système national unifié d’enregistrement des biens immobiliers et l’adoption de normes internationales d’évaluation seraient déterminantes pour réduire cet écart.
Selon JLL, les progrès vers une transparence accrue au Vietnam dépendront de l’achèvement de la numérisation des registres fonciers, de la création d’un système national unifié d’enregistrement immobilier, de l’application de normes internationales d’évaluation et de la publication de données sur les marchés du crédit immobilier commercial.
Cela nécessite également le développement des certifications de bâtiments écologiques, une planification plus globale, des bases de données fiables ainsi que des exigences de transparence renforcées pour les sociétés cotées en bourse.
JLL a indiqué qu’une transparence accrue deviendrait de plus en plus importante pour les investisseurs, alors que l’incertitude économique et géopolitique, l’intelligence artificielle, l’évolution des flux de capitaux, la sécurité énergétique et les mutations des marchés du crédit immobilier redéfinissent les décisions d’investissement à l’échelle mondiale.