Dans un atelier du village de potiers de Bat Trang. Photo : VNP.
Dans un atelier du village de potiers de Bat Trang. Photo : VNP.

Hanoï verdit et modernise ses villages de métiers

À Hanoï, « verdir » les villages de métiers n’est plus seulement une urgence : c’est désormais une évolution incontournable sur la voie du développement durable.

À l’heure actuelle, la prise de conscience croissante des ménages exerçant des activités de production et de commerce, conjuguée à l’appui des technologies modernes, donne un nouvel élan à la transition écologique dans les villages de métiers et contribue à l’ancrer davantage dans les pratiques.

La capitale vietnamienne accélère la transformation de ses villages de métiers traditionnels en écosystèmes verts et durables, conciliant préservation du patrimoine artisanal, développement touristique et transition écologique.

Accélérer la transition écologique des villages de métiers

Parallèlement à la mise en place de réseaux de collecte et d’évacuation des eaux usées domestiques, plusieurs villages de métiers et ateliers industriels artisanaux implantés le long de la rivière Nhue pourraient être contraints de cesser leurs activités s’ils ne se conforment pas aux exigences de protection de l’environnement dans le cadre de leurs processus de production.

À l’avenir, outre les établissements de tissage et de teinture déjà identifiés comme sources de pollution, les entreprises ainsi que les unités de production et de commerce implantées dans ces villages de métiers et établissements industriels devront elles aussi mettre un terme aux rejets polluants portant atteinte à l’environnement.

Il s’agit d’un impératif dans le processus de transition écologique des villages de métiers de la capitale.

Avec 1 350 villages exerçant des activités artisanales ou traditionnelles, dont 337 officiellement reconnus, Hanoï se positionne comme la première localité du pays en matière de villages de métiers.

Ces activités génèrent chaque année plus de 25 000 milliards de VND (948,58 millions de dollars) de chiffre d’affaires et créent des emplois pour environ 800 000 travailleurs ruraux.

Toutefois, la dispersion des unités de production, le recours à des technologies obsolètes et les problèmes de pollution environnementale imposent à nombre de ces villages de repenser leurs modes de production.

Le village de potiers de Bat Trang en est une illustration emblématique. Derrière la renommée de ses produits se profile un enjeu environnemental de taille.

À certaines périodes, le village consommait quelque 800 tonnes de charbon par jour, générant notamment des émissions de CO, de SO₂ et de H₂S, ainsi que des poussières de silice et des déchets solides.

Ces dernières années, le remplacement progressif des fours à charbon par des fours fonctionnant au gaz et à l’électricité a toutefois permis un changement significatif, faisant évoluer les modes de production vers des procédés plus propres et plus respectueux de l’environnement.

Autre exemple : le village de laque de Boi Khe, dans la commune de Chuyen My, où plus de 170 foyers perpétuent ce métier traditionnel.

Conscients que la transition écologique est désormais incontournable, les habitants ont intensifié leurs efforts pour réduire la pollution de l’environnement, embellir le paysage, restaurer le patrimoine architectural traditionnel et développer un tourisme expérientiel associé à une production plus propre.

Vers une production plus propre

L’évolution des technologies permet de réduire la consommation de combustibles et le taux de produits défectueux, tout en améliorant la maîtrise de la qualité des produits, avec des effets positifs sur l’efficacité de la production et des activités commerciales.

soie-van-phuc-hnm.jpg
La capitale vietnamienne accélère la transformation de ses villages de métiers traditionnels en écosystèmes verts et durables, conciliant préservation du patrimoine artisanal, développement touristique et transition écologique. Photo : hanoimoi.

Selon les statistiques du Service municipal de l’Agriculture et de l’Environnement, le village de poterie de Bat Trang réalise chaque année un chiffre d’affaires de quelque 2 000 à 3 000 milliards de VND.

Ce chiffre atteint près de 700 milliards de VND pour le village artisanal de sculpture sur bois de Son Dong, entre 500 et 700 milliards de VND pour celui de poterie de Kim Lan, et près de 400 milliards de VND pour celui de menuiserie et d’ébénisterie de Van Diem.

En 2025, le chiffre d’affaires cumulé des villages de métiers de la ville a dépassé 25 000 milliards de dôngs.

Cette forte croissance économique engendre également un besoin urgent de transition écologique pour assurer un développement durable de ces villages.

Le vice-président de l’Association des villages de métiers du Vietnam, Nguyen Nhu Chinh, indique qu’à l’heure actuelle, la majorité des villages de métiers reposent encore sur des modes de production à petite échelle, essentiellement organisés autour de ménages et fortement dispersés, auxquels s’ajoutent des contraintes persistantes en matière de capitaux, de foncier et de technologies.

Parallèlement à cela, les normes environnementales internationales se durcissent.

Dès lors, la transition écologique ne saurait relever des seuls efforts isolés de chaque village de métiers. Elle requiert également un accompagnement coordonné de l’État, notamment en matière de politiques publiques, de financement, de développement de filières durables d’approvisionnement en matières premières et de promotion commerciale.

Selon les experts, la transition écologique des villages de métiers doit être envisagée de manière plus globale, et ne saurait se limiter aux seuls investissements dans les systèmes de traitement des eaux usées et des émissions atmosphériques.

Elle suppose une transformation qui commence dès le choix des matières premières et se poursuit à travers l’utilisation de l’énergie, la conception et l’organisation de la production, la valorisation des sous-produits et des déchets, jusqu’au conditionnement, à la distribution et à la commercialisation des produits.

Elle implique également de créer des espaces de production propres, sûrs et accueillants pour les visiteurs.

Ainsi, l’environnement n’est plus une question périphérique dans la construction de l’identité et de la marque des villages de métiers.

Il devient progressivement une composante à part entière de leur valeur de marque, contribuant à accroître la valeur ajoutée et à renforcer l’attractivité des produits auprès des consommateurs comme des visiteurs.

Back to top